UKRAINE - HISTOIRE

L'invasion des Mongols.
Varègues.

2. HISTOIRE DE L'UKRAINE

DE L'ANTIQUITÉ JUSQU'A LA DISLOCATION DE L'URSS (FIN DE 1991)

 

«Le discours politique est destiné à donner aux mensonges l’accent de la vérité et à rendre le meurtre respectable». – George Orwell

 

Avant-propos : Les leçons de l’histoire

      L’Ukraine, république peuplée de 48 millions d’habitants, se trouve à l’est du continent européen au bord de la mer Noire. Bloquée entre le massif des Carpates et la steppe du sud de l’Eurasie, ce pays, naturellement irrigué, est une des terres les plus fertiles d’Europe. Le drapeau ukrainien, par ailleurs composé du jaune des blés et du bleu du ciel, ainsi que le nom de ce pays signifiant «frontière, confins», révèlent beaucoup sur cette ancienne République socialiste de l'Union Soviétique. Le coup d'État de février 2014 en Ukraine soutenu par les États-Unis et l'Union européeene en a déclenché la crise internationale la plus dangereuse depuis la crise des missiles à Cuba en octobre 1962.

     Un retour succinct sur l’histoire de l'Ukraine permet de mieux appréhender l’enjeu que constitue ce pays, désormais à la frontière est de l’Union Européenne et objet d'une âpre confrontation entre les Etats-Unis et la Fédération de la Russie.

     Le premier constat historique est que l’Ukraine n’a jamais été un Etat indépendant depuis l’installation des peuples slaves en Europe centrale au 7ème siècle de notre ère et ce, jusqu’à l’effondrement de l’Union Soviétique fin décembre 1991. En fait l'Ukraine émerge comme Etat indépendant, en tant que successeur de l'ex-République socialiste soviétique d'Ukraine dans les frontières issues du découpage du territoire soviétique réalisé par Staline et Khrouchtchev  après la fin de la seconde guerre mondiale.

     Le deuxième constat historique est que l'Ukraine indépendante n'est pas un Etat-nation comme la Pologne. Composée de cent trente groupes ethniques dont vingt-cinq d’importance, elle compte avec une présence de Russes très importante dans l’Est. La situation linguistique est un autre indicateur puissant de la division du pays. Le recensement de 2001 montrait qu’environ un tiers des Ukrainiens ont eu le russe comme langue maternelle. La langue russe (en tant que langue parlée au quotidien) est très étendue à l’Est. Dans la capitale, le bilinguisme russo-ukrainien demeure une nécessité car le nombre des russophones est supérieur au nombre des ukrainophones. Il convient aussi de signaler l’existence du «surjiyk», un dialecte «intermédiaire» entre le russe et l'ukrainien, massivement parlé dans les campagnes du pays (jusqu’à 21,7% dans la Région Est-Centre). L’appartenance religieuse, peu évoquée dans la crise actuelle, est aussi conséquence de l'histoire et responsable de la confusion voire la confrontation actuelle entre les catholiques, les uniates et les orthodoxes; elle  démontre l’ambigüité du processus de la renaissance religieuse dans les sociétés post-athées.
 
     En conclusion, l'Ukraine  devenue soudainement indépendante fin 1991, est en quête d'une identité d'Etat-nation qu'elle n'a pas eu par le passé et qu'elle n'a pas pu l'obtenir depuis son indépendence à ce jour. Le coup d'Etat de février 2014, mené notammment par des forces réactionnaires de l'ouest du pays, aurait entre autres pour but de forcer le pas vers la constitution d'un Etat-nation ukrainien résolument anti-russe, pratiquant exclusivement l'ukrainien et appartenant aux églises autocéphales ukrainiennes  (schismatiques).

   

L’antiquité

     L’Ukraine est sans doute le seul pays du monde dont le nom même traduit une ambiguïté, qui érige sa marginalité en identité. Elle semble avoir intériorisé les interventions de ses pays voisins à un point tel qu’elle se dit  «U-kraïna», c’est à dire le pays des confins.

     Le nom moderne Ukraintsi (Ukrainiens) est dérivé d’Ukraina (Ukraine), apparu pour la première fois en 1187. Il existe plusieurs théories sur l'étymologie du terme qui, à l’origine, n’était pas un terme ethnique. Selon des chercheurs russes, il est dérivé de la racine proto-slave «kraj», qui signifie «bord, frontière», et avait à l'origine le sens de «périphérie», «frontière» ou «région frontalière» [1]. L'usage de l'appellation «Ukrainiens» s'est d'abord répandu dans le centre de l'Ukraine. Il apparaît seulement à la fin du 19e en Galicie et en Bukovine, dans les années 1930 en Ruthénie [2] et dans les années 1940 dans la région de Preshov. Par opposition aux Ukrainiens de l’Est, les Ukrainiens de l'Ouest ont utilisé le nom de Rusyny (Ruthènes) jusqu'au XIXe siècle.

     Historiquement, l’Ukraine a toujours vacillé entre l’orient et l’occident, tout en étant au cœur des voies commerciales de la mer Noire à la mer Baltique. A l’exception d’une courte période (1917-1920), durant laquelle ont vu le jour des tentatives nationalistes pour établir des gouvernements indépendants ukrainiens en profitant de l’instabilité politique qui a suivi la fin de la Première Guerre mondiale jusqu’à la victoire des Bolcheviques sur les russes blancs, l’Ukraine n’existe comme état avec des frontières bien définies que depuis 1991.

     Dans l’Antiquité, la steppe de l’Ukraine n’est qu’une terre de passage de peuplades venues de l’Oural et de la Caspienne. Les Kourganes atteignent les rives de la Mer Noire vers le cinquième millénaire et disparaissent vers l’an 2000 avant Jésus-Christ. Ils sont suivis par les Cimmériens, qui se sont installés vraisemblablement dès 1200 av. J.-C. dans la steppe pontique au nord de la mer Noire et sur le pourtour de la mer d'Azov, dans le territoire qu'Hérodote appelle le "Bosphore cimmérien". Vers 700 av. J.-C., les Cimmériens sont soumis à la pression des Scythes [3] et des Sarmates. Si les Sarmates se sont concentrés au nord de la mer Noire, là où est située l'Ukraine aujourd'hui, les Scythes se sont installés jusqu'à l'est de la mer Caspienne dans les steppes eurasiennes. Au IIIe siècle, les Sarmates repoussèrent les Scythes en Crimée. Sédentarisés, ils constituèrent une ethnie distincte jusqu'au IIIe siècle de l'ère chrétienne. Les Scythes et les Sarmates finirent par être absorbés par des peuples germaniques, notamment les Alains et les Goths

     Suite à un vaste mouvement colonisateur grec qui commença au VII siècle av. J-C, les côtes de rive nord-ouest de la mer Noire se garnissent de cités grecques parmi lesquelles Olbia [4] et Tyras [5]. Par Olbia, les relations commerciales des grecs avec les indigènes s'étendirent jusqu'à la Vistule. Un royaume Scythe hellénisé, la Bosphoranie (Royaume du Bosphore), se forma au IIIe siècle av. J.-C., autour du «lac Méotide» (actuellement mer d’Azof); sa brillante capitale était Panticapée [6] (actuellement Kertch) sur la rive droite du détroit de Kertch et Phanagoreia [7] sur la rive gauche du même détroit. Les Romains établiront ensuite leur domination sur ces rivages, en  47 av. J.-C. Puis ce sera le tour des Huns, les Alains, les Goths, les Gètes, de prendre possession de ces territoires. Enfin, les Khazars créèrent un vaste Etat qui englobait l'Ukraine actuelle et s'étendait jusqu'à la Mer Caspienne. Ce sont eux qui fondèrent Kiev, vers l’an 450 de notre ère. La partie méridionale de leur Etat leur fut enlevé par les Byzantins en 640.

 

La Rus' de Kiev

     Au VIIe siècle les Slaves ont fait leur entrée dans l'Histoire. Le groupe oriental - ancêtres des Biélorussiens, des Ukrainiens et des Russes actuels - était représenté, au IXe siècle, par une série de tribus déjà groupées autour de centres urbains, dont l'un fut à l'origine de la ville de Kiev. Fondé en 862, l’état slave «la Rus’ de Kiev», christianisé par Byzance, connut une expansion ayant atteint son apogée au XIe siècle, lorsqu’il devient le plus grand État d’Europe en superficie, avant de se désagréger en une multitude de principautés et de disparaître finalement suite à l'invasion mongole de 1240. Cette mosaïque, encore unie par la langue écrite, la culture et la religion chrétienne orthodoxe subit le choc des invasions mongoles de 1237-1240, qui marquent la fin de la période «kiévienne» et le début de l'histoire différenciée des peuples slaves orientaux. Russes, Biélorusses et Ukrainiens partagent donc des origines communes.

     C’est dans les contrées du nord ukrainien, que s’installèrent en Ukraine les premières tribus slaves au cours du VIIe et VIIIe siècle de notre ère. À cette époque, les différents groupes de tribus slaves parlaient une langue pratiquement commune (le proto-slave ou slave commun). Etant situées au carrefour de la Scandinavie et de l’Empire byzantin, mais aussi de la mer Caspienne et de l’Europe centrale, ces tribus subirent plusieurs vagues d’immigrations germaniques et leur unité se fragmenta. Trois grands groupes distincts de langues slaves ont commencé alors à se former: le slave méridional, le slave occidental et le slave oriental (russe, biélorusse, ukrainien).

     En 862, les Varèques, un peuple scandinave associé aux Vikings, s’installa pour fonder la Rus' de Kiev, appelée aussi principauté de Kiev, qui en 864 devint la capitale du premier État organisé dans cette région qui comprend aujourd'hui l'Ukraine, la Biélorussie et une partie de la Russie. La Rus' de Kiev, qui fut officiellement fondée par Oleg le Sage aux alentours de l’an 880, tire son nom du Varègue «rodslagen» («le pays du gouvernail»). La Rus' fut dirigée par une dynastie d'origine scandinave: les Riourikides, rapidement slavisés et dont les patronymes russifiés, «Oleg», «Vladimir» sonnent proches du scandinave «Olav», «Waldemar». Au cours de ses 35 années de règne, Oleg soumit différentes tribus slaves et finnoises. En 907, il dirigea une attaque contre Constantinople avec 80.000 guerriers transportés par 2.000 navires. Oleg ne put prendre Constantinople, mais pilla les environs et reçut des Grecs de l'or pour se retirer. Après la mort d'Oleg survenue cette même année, son gendre et successeur Igor de Kiev conclut une alliance avec les Petchenègues [8], afin d'attaquer à nouveau l'Empire byzantin. Cette attaque ayant également échoué, il signa un traité de commerce avec l'Empire byzantin en 912.

     Le grand-duc de Kiev, Sviatoslav Ier (945-972), instaura un État puissant au nord des steppes de la mer Noire. Durant son règne, les dirigeants scandinaves de la Rus' adoptèrent aussi des noms slaves, alors que leur garde personnelle la «Droujina» se composait encore essentiellement de Scandinaves. Les conquêtes militaires de Sviatoslav Ier étaient nombreuses et son aire d'influence s'étendit vers le sud et vers l'est, jusqu'à la mer Caspienne. La principauté de Kiev devint ainsi le premier État slave à s'imposer dans la région.

     La formation d'un État puissant et fort au nord des steppes de la mer Noire intéresse alors le pouvoir byzantin qui confie aux princes russes la lourde charge de garder ouverte aux Grecs la «route des Varègues» - c.à.d. la route commerciale du Dniepr  allant de la mer Baltique à l'Empire byzantin, en passant par la mer Noire - menacée par les Petchenègues et les Bulgares. En 968, à la demande de l'empereur Nicéphore Phocas, Sviatoslav est chargé de détruire le jeune État bulgare et sa capitale Preslav. Garants du maintien de la paix dans les steppes situées au nord du Pont-Euxin, les Russes, alliés principaux des Byzantins, voient leur statut confirmé par la réception solennelle que l'empereur Constantin VII Porphyrogénète offre en 957, dans le Grand Palais de Constantinople, à la veuve du prince Igor, la princesse-régente Olga. Une fresque de la Cathédrale Sainte-Sophie de Kiev (achevée en 1037) nous rappelle encore cette réception. C'est à l'occasion de ce séjour que la princesse russe fut touchée par la foi chrétienne orthodoxe à laquelle elle se convertira plus tard, à Kiev.

      La ville de Kiev demeura le centre de l'État slave kiévien durant deux siècles. L'apogée du pouvoir de cet État se situe pendant le règne de Vladimir Ier dit le Beau Soleil ou le Grand (980-1015) et d’Iaroslav dit le Sage (1019-1054). Vladimir accéda au pouvoir après la mort de son père Sviatoslav I en 972. Le règne du nouveau prince fait entrer la Rus' dans une phase de rassemblement autour du principe dynastique. En 981, il porte la guerre sur la frontière occidentale, reprenant des villes aux Polonais, aux Prussiens et à la tribu lituanienne des Iatvingiens. A partir de 988, Vladimir fait l'entrée de la Rus' dans la communauté des États chrétiens, «l'oikouménè» byzantine [9], notamment par l'intermédiaire du missionnaire grec Cyrille, qui adapta l'écriture grecque à la langue slave, d'où l'alphabet cyrillique. Vladimir reçoit alors le baptême suivi de son mariage avec la princesse Anne, sœur des empereurs byzantins Basile II et Constantin VIII, en la Cathédrale Saint-Vladimir de Chersonèse, aujourd'hui reconstruite sur le site ancien, convertissant la principauté de Kiev au christianisme orthodoxe d'après le rite byzantin [10]. Ceci contribua à unifier la principauté autour de la nouvelle identité que lui donnait le christianisme byzantin. L’influence de l’Empire byzantin fut profonde, faisant de cette région le berceau de la religion orthodoxe. Lors du schisme de 1054, qui consacrait la séparation de l'Église catholique d'Occident et de l'Église orthodoxe d’Orient, l'État kiévien russe demeura fidèle au rite byzantin et à l'Église d'Orient [11]. Rester dans le giron de l'Église d'Orient eut pour la Rus' des conséquences politiques, culturelles et religieuses considérables.

     Après la mort de Vladimir Ier survenue en 1015, une violente guerre de succession éclata entre ses 4 fils et ce sont deux de ses fils, Iaroslav et Mstislav qui sortent vainqueurs. Bien qu'il ait d'abord établi sa domination sur Kiev en 1019, Iaroslav n'avait un contrôle incontesté de l'ensemble de la Rus' que depuis 1036, à la mort de son frère Mstislav. Comme Vladimir Ier, Iaroslav était désireux d'améliorer les relations avec le reste de l'Europe. Il entreprit alors une active politique matrimoniale qui unit la dynastie des Rurikides aux grandes familles royales d'Occident. La cour de Kiev est alors apparentée aux plus grandes familles princières du temps, signe visible de l'importance partout reconnue de la puissance de la jeune dynastie russe. Iaroslav promulgua le premier code juridique slave, la «Rousskaïa Pravda», et construisit la cathédrale Sainte-Sophie à Kiev et celles des deux monastères de Saint-Georges et de Sainte-Hélène qui sont au cœur de ce que l'on appelle la «Ville de Iaroslav». Il encouragea le clergé local et les moines à enseigner lecture et écriture. Ainsi le droit, l'éducation, l'architecture, l'art, etc., connaîtront un renouveau impressionnant sous son règne; l'époque innove enfin sur le plan musical [12]. Le prestige de l'État kiévien atteignit ainsi son apogée: il s'étendait du lac Ladoga près de la Baltique à la mer Noire et du confluent de l'Oka avec la Volga jusqu'aux Carpates et au Dniestr. A la veille de sa mort survenue en 1054, Iaroslav le Sage tenta de réguler le système successoral, en établissant chacun de ses cinq fils dans une des villes principales de la principauté. Cette transformation de la Rus' en principautés dynastiques sera officialisée en 1097 au Congrès de Lioubetch. Mais, la guerre civile reprend entre les princes immédiatement après le congrès.

     Au XIIe siècle, les conflits entre les différentes principautés issues de la Rus' menèrent au déclin. La Rus' de Kiev se divisa à cause du système de succession: de plus en plus de membres de la famille royale se taillèrent des principautés séparées et bientôt antagonistes, passant parfois alliance avec des états extérieurs tels que le Coumans, les Polonais ou les Hongrois. Durant la période de 1054 à 1224, pas moins de 64 principautés plus ou moins éphémères évoluèrent et se succédèrent, notamment la Volhynie, la Galicie, Vladimir-Souzdal, Tourov-Pinsk, Polotsk, Tchernihiv, Tchernigov, Pereïaslavl, Smolensk, Riazan, Mourom, Novgorod, Moscou... Le pouvoir politique commença à dériver loin de Kiev

     En 1204, les forces de la quatrième croisade détournée par les Vénitiens sur Constantinople prennent la ville et installent l’empire latin de Constantinople [13]. Les Croisades, en coupant les routes commerciales vers Byzance, accélérèrent le déclin de Kiev, qui fut par la suite saccagée par les Tchernigoviens, les Volhyniens, les Coumans et les Mongols aux XIIe et XIIIe siècles. L’Etat de Kiev affaibli ne pouvait plus assurer sa défense face aux invasions mongoles de 1237-1240 et fut finalement pris par les Tatars Mongols en 1240.  L’invasion mongole fractura l’unité russe autour de la Principauté de Kiev et marque le début de l'histoire différenciée des peuples slaves orientaux. L’Etat de Kiev fera désormais partie de l'Empire du Kiptchak (La Horde d'Or) [14] et la ville de Kiev sera administrée par un gouverneur mongol qui n’autorisera le séjour du métropolite que jusqu'en 1299. Après cette année, le métropolite dut déplacer son siège de Kiev à la ville de Vladimir, qui remplaça ainsi Kiev comme le centre religieux majeur de la région [15]. Toutefois, les principautés ruthènes ont pu garder une certaine autonomie après avoir reconnu la souveraineté des Tatars.

     Au début du XIIIe siècle, le prince Roman Mstislavich unit les deux principautés de Galicie et de Volhynie, auparavant distinctes, conquit Kiev, et prit le titre de Grand-Duc de la Rus'. Son fils, Daniel de Galicie fut le premier souverain de la Rus' à accepter une couronne de la papauté romaine. Cependant, une longue et infructueuse lutte contre les Mongols, combinée avec l'opposition interne au prince et à des interventions étrangères affaiblirent Galicie-Volhynie. Avec la fin de la dynastie de Mstislavich dans le milieu du XIVe siècle, la principauté de Galicie-Volhynie cessa d'exister. La Galicie fut conquise par le Royaume de Pologne, le Grand-duché de Lituanie, lui, prit la Volhynie, y compris Kiev, conquise par Gediminas en 1321. Les nouveaux souverains, catholiques bon teint, supportent mal leurs sujets orthodoxes de rite byzantin. Les seigneurs polonais s'attribuent d'immenses domaines dans le pays et réduisent peu à peu leurs paysans au servage, alors même que ce statut, qui fixe les paysans et leur descendance au domaine, est en voie de disparition dans toute la chrétienté occidentale.

     Il est important de noter ici que, suite à l'invasion des Tatars Mongols et la cruauté de leur occupation, une partie des Slaves de la Rus' kiévienne émigrèrent vers le nord. La ville de Rostov Veliki était dans un premier temps le principal centre de la région, avant d'être supplantée par Souzdal, puis par la ville de Vladimir, qui devient la capitale de la principauté de Vladimir-Souzdal, laquelle fut l'une des principales rivales de Kiev au XIIe siècle. La principauté de Moscou naquit en 1276 de la partition de la principauté de Vladimir-Souzdal, suite à la succession d’Alexandre Nevski [16], ce qui constitue l'origine de la Moscovie et de l'actuelle Biélorussie. Détruite de nouveau par les Tatars de Crimée en 1482, Kiev demeurera cependant dans la mémoire et l'âme populaire des Russes comme la mère des villes de la Rus'.

     Durant le XIVe siècle, les Polonais et les Lituaniens combattirent les Mongols et finalement toute l’Ukraine septentrionale passa sous l’autorité de la Pologne et de la Lituanie, qui annexe Kiev en 1362. Les Tatars reculent, mais ils se maintiennent sur le littoral de la mer Noire et en Crimée. À la suite de l’union entre la Pologne et la Lituanie conclue en 1385, une intense politique de repeuplement de l’Ukraine occidentale est mise en œuvre. La législation polonaise est introduite en Ukraine occidentale en 1434

     L’influence polonaise pénètre plus lentement dans les territoires conquis relevant du contrôle du grand-duché de Lituanie. Pourtant, les rapports de force au sein de l’État polono-lituanien tournent à l’avantage des Polonais. L’Union de Lublin (janvier 1569) En 1569, l’Union de Lublin consacre l’union du royaume de Pologne et du Grand-duché de Lituanie (dite «République des Deux Nations»). C’est le triomphe de la Pologne. La Lituanie perd la plus grande partie de ses possessions ukrainiennes (Podlachie, Volhynie, Podolie, région de Braslav et de Kiev). La noblesse de ces régions se polonise et se convertit au catholicisme, tandis que les paysans demeurent fidèles à l’orthodoxie. Le haut-clergé orthodoxe local est tenté par un rapprochement avec Rome. En effet, le métropolite de Kiev et une partie du haut-clergé ukrainien se rallient à Rome lors du concile de Brešč (Brest-Litovsk) en 1596, ce qui donna naissance à l'Église catholique ukrainienne de rite byzantin faisant partie des uniates [17].

     C’est durant cette domination lithuano-polonaise, à partir du milieu XVe siècle que de nouveaux acteurs font leur apparition, à savoir les Cosaques [18], peuple guerrier formé du mélange des Russes et des Turco-Mongols, qui refusaient la servitude et l’assimilation aux Polonais catholiques. Les Cosaques de la Petite-Russie, se composent de trois groupes: les Cosaques de Tchougouïef,  les Cosaques du Boug et les Cosaques de l'Ukraine. Ces derniers sont subdivisés en Cosaques Zaporogues [ainsi nommés de ce qu'ils habitaient d'abord près (za) des cataractes (porogie) du Dniepr], Cosaques de la mer Noire et Slobodes. Le royaume de Pologne les tolère et les utilise contre les Tatars, puis, à partir du XVIe siècle, contre les Turcs ottomans, devenus suzerains des Tatars de Crimée.

     A partir de 1516, les Cosaques de l'Ukraine, réunis en corps divers, formèrent pour l'Europe un cordon militaire contre les Mongols et les Turcs: ils se mirent d'abord au service des Polonais. Le nom d'Ukraine, qui signifie en polonais pays de la frontière, date de cette époque et montre quel était alors la perception que l'on avait de ce territoire. Cependant, mécontents de la domination polonaise, qui avait cédé de nombreuses terres à l’Église Catholique lesquelles étaient administrées par des Juifs Khazars, les Cosaques se révoltèrent en 1638 sous l'ataman (hetman) Powluck, et, en 1647, sous Khmelnytsky. Vaincus, ils furent traités durement par les Polonais, mais la résistance cosaque ne fut pas définitivement matée. Khmelnytsky se tourna alors vers le tsar Alexis Ier de Moscovie et convainquit les cosaques de se mettre sous sa protection. Le traité de Pereïaslav de 1654 entérina cette proposition qui donnait au tsar la rive orientale du Dniepr que les Cosaques contrôlaient encore (Hetmanat cosaque). La conséquence fut la perte du contrôle polonais sur la partie est de l'Ukraine au profit de la Russie, les terres cosaques passant sous protectorat russe.

     Le 16 septembre 1658 la Convention de Hadziacz est signée entre les Cosaques qui suivent le successeur de Khmelnytsky, l'hetman Vychovsky (nommé en février 1658) et la Pologne pour leur incorporation à l’union tripartite Pologne-Lituanie-Ruthénie. Les Cosaques obtiennent le même statut que la Lituanie, avec une liberté pour le culte orthodoxe et la suppression de l'union Brest-Litvosk. Ce fut donc aussi la fin du contrôle de la szlachta (l'aristocratie polonaise), des prêtres catholiques polonais (de rite latin) et des intermédiaires juifs (karaïtes ou arendators) entre noblesse polonaise et paysans ukrainiens. La révolte cosaque se transforma alors en guerre russo-polonaise. Le Traité de Pereïaslav est conclu en 1654 dans la ville ukrainienne de Pereïaslav, entre l'Hetmanat cosaque de Bogdan Khmelnitski et la Moscovie du tsar Alexis Ier. Le traité entérinait l'établissement de l'Hetmanat cosaque sur l'Ukraine de la rive gauche sous domination russe. À l'origine destiné à assurer aux cosaques ukrainiens l'appui militaire tactique de la puissance russe contre les prétentions polonaises, il signa dans les faits la séparation de l'Ukraine de la Pologne et son rattachement à la puissance russe et au renforcement de l'orthodoxie dans cette région. La guerre entre la Pologne et la Russie termine en 1667 par la trêve d'Androussovo (signée le 30 janvier 1667) dans le village d'Androussovo, près de Smolenskqui. La Pologne accepte de céder les voïvodies de Smolensk, de Czernihów et reconnaît le contrôle de la Russie sur l'Ukraine de la rive gauche du Dniepr. L'Ouest de l'Ukraine, ou Ukraine de la rive droite, et la Biélorussie reviennent à la Pologne. La trêve est renouvelée en 1678 et aboutit au traité de paix éternelle de 1686. Kiev n'appartint à la Russie que jusqu'en 1669, mais la Russie en reprit possession avec le traité de paix éternelle en 1686 [19]. Ainsi la «capitale» de l’Ukraine (alors bourgade ne dépassant pas 10.000 habitants) devint-elle russe fin XVIIe siècle, tout en restant enclavée dans la rive droite du Dniepr qui restera rattachée à la Pologne jusqu’au second partage de la Pologne, en 1793. La région de la Sitch zaporogue était déclarée condominium, sous contrôle conjoint de la Pologne et de la Russie. Le traité obligea aussi les deux parties à souscrire un pacte de défense mutuelle contre les attaques de l'Empire ottoman. En Russie, la trêve d'Androussovo est généralement considérée comme un grand pas vers l'union des trois nations slaves de l'Est - russe, biélorusse et ukrainienne - dans un même État, l'Empire russe.

     Bien que les Cosaques réussirent à maintenir en Ukraine un statut d’autonomie sous l'empire de la Russie, ils se soulevèrent plus d'une fois, notamment sous Pierre le Grand, époque à laquelle le célèbre Ivan Mazeppa qui était l'ataman des Cosaques Zaporogues - mis d'ailleurs en place par le tsar - s'allia avec le roi Charles XII de Suède. Mais dès 1709, le tsar Pierre Ier bat Mazeppa et les Suédois à Poltava [20]. Les Cosaques deviennent vassaux de la Russie, qui les utilise dans son expansion contre l’Empire Ottoman et la Pologne. La pénétration russe de l’Ukraine rive gauche (à l’est du Dniepr) devint dès lors une réalité, fin XVIIe-début XVIIIe siècle. Quant au sud de l’Ukraine, il reste pour quelque temps encore sous le contrôle de l’Empire ottoman. En 1772, lors du 1er partage de la Pologne, la Galicie (Ukraine de l’ouest) devint autrichienne, elle sera trois ans plus tard reprise par Catherine II la Grande, impératrice de Russie. En 1775, Catherine II ôta l’ataman des Cosaques et le transplanta sur les bords du Kouban [21]. En 1793, lors du 2e partage de la Pologne, Catherine II, supprime l’autonomie des Cosaques. L’Empire russe s’étend désormais jusqu’à la mer Noire et les trois quarts de l’actuelle Ukraine sont dès lors russes. Bucovine et Bessarabie sont encore moldaves, tandis que le comté de Marmatie, l’actuelle Ruthénie transcarpatique, est encore hongroise. Les Cosaques furent une fois de plus vaincus par les Russes, qui ne purent pas pour autant étouffer complétement leur turbulence. En 1828 et en 1829, les Cosaques de la mer Noire voulurent se déclarer indépendants, mais l'empereur Nicolas les dompta, et l'Ukraine se vit dès lors complètement absorbée dans l'Empire russe. L’Ukraine resta partagée entre les Empires autrichien et russe jusqu’à la Révolution soviétique de février 1917.

 

La guerre Polono-ukrainienne (1918-1919)

     La Guerre polono-ukrainienne est un conflit qui se déroula de novembre 1918 à juillet 1919, entre la Pologne et la République populaire d'Ukraine occidentale pour le contrôle de la Galicie, après la défaite des Empires centraux et la dissolution de l'Autriche-Hongrie à l’issue de la Première guerre mondiale. Pour rappel, à l'occasion de la première partition de la Pologne en 1772, la Galicie devient une province autrichienne. La partie occidentale de la Galicie qui comprend Cracovie est peuplée majoritairement de polonais. Mais la partie orientale de la Galicie, qui comprend Lvov (considérée comme l'une des capitales culturelles de la Pologne), compte une majorité de Ruthènes (Ukrainiens). Le 18 octobre 1918 un Conseil national ukrainien (Rada) est formé, composé de membres ukrainien du Parlement autrichien et des diètes régionales de Galicie et de Bucovine, ainsi que des dirigeants politiques. Ce Conseil annonce l'intention d'unir les terres de l'Ouest ukrainien dans un seul état indépendant. L’archiduc Guillaume d'Autriche autorise le déplacement de deux régiments ukrainiens pour le renforcement de la garnison de Lvov. Au cours de la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1918, avant que les Polonais ne prennent leurs propres dispositions, le capitaine ukrainien Dmytro Vitovsky conduit ses troupes dans une action décisive et prend le contrôle de la ville. La République populaire d'Ukraine occidentale est proclamée le 1er novembre 1918, avec Lviv (Lvov) pour capitale.

     La proclamation de la nouvelle République, qui revendique sa souveraineté sur la Galicie orientale et les Carpates, jusqu'à la ville de Nowy Sącz, à l'ouest, ainsi que la Bucovine, est une surprise pour les Polonais qui préparent leur riposte. Le 21 novembre 1918, après deux semaines de combats incessants, une unité de l'armée polonaise, commandée par le lieutenant-colonel Michał Karaszewicz-Tokarzewski brise le siège et repousse les Ukrainiens. Toutefois, ceux-ci continuent à contrôler la plus grande partie de la Galicie orientale et menacent Lvov jusqu'en mai 1919.

     En mars 1919, des troupes polonaises fraîches et bien équipées arrivent, commandées par le général Edward Rydz-Śmigły. L'offensive polonaise en Volhynie et Galicie orientale commence le 14 mai 1919, aidée par l'Armée bleue du général Józef Haller récemment arrivée. Cette armée bien équipée par les alliés occidentaux et bénéficiant de conseillers militaires français a été formée afin de lutter contre les Bolcheviks en Russie. La décision de l'utiliser en Galicie suscite bien quelques protestations de la part de l'Entente, mais qui demeurent ignorées. Les lignes ukrainiennes sont rapidement brisées. Le 27 mai 1919, les forces polonaises atteignent la ligne Zlota Lipa – Berejany – Jezierna – Radziwiłłów. À la demande de l'Entente, l'offensive polonaise est arrêtée et les fopces du général Haller adoptent des positions défensives.

     Le 8 juin 1919, les forces ukrainiennes commandées par Oleksander Hrekov, commencent une contre-offensive et au bout de trois semaines avancent jusqu'à la rivière Gniła Lipa et au cours supérieure de la Styr, mais le manque d'armes et de munitions les oblige à stopper leur avance. Le gouvernement ukrainien contrôle les champs pétroliers de Drohobytch, avec lesquels il prévoit d'acheter des armes à la Tchécoslovaquie. Mais bien que les forces ukrainiennes réussissent à repousser les Polonais d'environ 120 km, elles ne parviennent pas à se frayer un chemin vers la Tchécoslovaquie. Sans armes ni munitions, Hrekov met fin à sa campagne.

     Commandées par Jozef Pilsudski, les forces polonaises commencent une nouvelle offensive, le 27 juin 1919. À court de munitions et en infériorité numérique, les Ukrainiens sont repoussés jusqu'à la rivière Zbroutch, la frontière historique de la Galicie. Un cessez-le-feu est signé le 17 juillet 1919. Le 21 novembre 1919, le Haut Conseil de la Conférence de la paix de Paris accorde la Galicie orientale à la Pologne pour une période de 25 ans, après quoi un plébiscite décidera de la question.

     Le gouvernement de la République populaire d'Ukraine occidentale s'exile à Vienne, où il bénéficie de l'appui de divers émigrés politiques galiciens, ainsi que des soldats de l'armée de Galicie internés en Bohême. Il continue à défendre la création de la République de Galicie. Des relations diplomatiques avec les gouvernements français et britannique s'engagent dans l'espoir d'obtenir un règlement équitable à Versailles. Le 23 février 1921, le Conseil de la Société des Nations déclare que la Pologne n'a pas le mandat de mettre en place un contrôle administratif en Galicie et que la Pologne est simplement la puissance militaire occupante de la Galicie orientale, dont le sort sera déterminé par le Conseil des ambassadeurs auprès de la Société des Nations

     Après une longue série de négociations, le 14 mars 1923, il est décidé que la Galicie orientale serait incorporée à la Pologne «en prenant en considération que la Pologne a reconnu qu'étant donné les conditions démographiques, la partie orientale de la Galicie mérite pleinement son statut d'autonomie». Cette autonomie ne sera jamais accordée à la Galicie. En effet, les puissances victorieuses de la Première Guerre mondiale souhaitent une Pologne forte, afin de créer un contrepoids à l'Allemagne.

 

La guerre Ukraino-Soviétique (1917-1923)

     Après l'abdication du tsar et le début du processus de destruction de l'Empire russe, plusieurs Ukrainiens nationalistes pensèrent que le moment était propice pour tenter d’établir une République d'Ukraine indépendante. Pendant une période de guerre civile de 1917-23 qui a suivi, nombreuses factions se réclamant elles-mêmes être le gouvernement de la République nouvellement créée ont été formées, chacune avec des partisans et des opposants. Les deux les plus importantes parmi elles ont été le gouvernement à Kiev et le gouvernement à Kharkov. Le premier représentait la République populaire d'Ukraine soutenue par les Empires centraux après le traité de Brest-Litovsk, alors que le second  la République soviétique d'Ukraine  était uniquement soutenu par l'Armée rouge. Ce conflit connu comme la guerre ukrainienne – soviétique faisait partie de la guerre civile russe et fut une lutte pour l'indépendance nationale, qui a pris fin avec l’annexion de la République populaire d'Ukraine par la République socialiste soviétique d’Ukraine qui est devenue membre fondateur de l’URSS.

     Le 10 juin 1917, la Rada (assemblée constituée à Kiev à la faveur de la Révolution russe), proclame l’autonomie de l’Ukraine et, le 7 novembre 1917, au lendemain de la révolution d'Octobre, elle proclame une République démocratique ukrainienne [22]. Les Bolcheviks réagissent et déclarent hors la loi les représentants de la Rada. Ils installent en même temps à Kharkov un gouvernement de la République socialiste soviétique ukrainienne. En 1918, les troupes rouges marchent sur Kiev qui subit douze jours de bombardement avant de tomber, le 9 février 1918, aux mains des communistes.

     L’armistice de Brest-Litovsk conclue le 3 mars entre Lénine et les Empires Centraux contraint les Bolcheviks à la retraite. Rentrée à Kiev, la Rada ratifie le traité, mais le coup d'état du 29 avril 1918 sous la direction de l’hetman Pavlo Skoropadsky [23] - avec le soutien des Allemands qui occupent Kiev et d'autres parties de l'Ukraine au printemps 1918 - met un terme à la République populaire ukrainienne au profit d'un «État Ukrainien» (Ukrayinska Derzhava). Son gouvernement, et sa période au pouvoir, sont également connus comme «l'Hetmanat». Désespéré par la probable défaite des Empires centraux dans la Première Guerre mondiale, Skoropadsky forme un nouveau cabinet composé de monarchistes russes et s'engage à une fédération avec une possible future Russie non-bolchévique. De leur côté, les socialistes ukrainiens annoncent le 14 novembre 1918 la constitution d’un nouveau gouvernement révolutionnaire, le «Directoire», dans le but de le renverser.

     Tandis que la plupart des troupes de Skoropadsky rejoignent les forces du Directoire, celui-ci obtient l'aide de nombreux officiers des armées blanches venus en Ukraine pour s’incorporer à l'Armée des volontaires du général Denikine [24]. Ils sont regroupés dans un «corps spécial», mais ne peuvent faire face aux troupes du Directoire. En décembre 1918, ces dernières commandées par Simon Petlioura prennent Kiev, renversent Pavlo Skoropadsky et le Directoire rétablit la République nationale ukrainienne (RNU).

     En même temps et à la suite de la chute de l’Empire austro-hongrois, un gouvernement ukrainien prit le pouvoir en Galicie le 1er novembre 1918 et proclama une République populaire d'Ukraine occidentale (ZUNR)  le 9 novembre à Lviv (Lvov). Il en alla de même le 6 novembre 1918 dans le nord-ouest de la Bukovine et le 19 novembre 1918 en Transcarpatie, ainsi qu’autour de Lemko en Galicie occidentale. Excepté la ZUNR, les gouvernements ukrainiens de Lemko, de Bukovine et Trancarpatie eurent des existences très brèves.

     Le 1er décembre 1918, le secrétariat d’État de la ZUNR conclut un accord préliminaire avec le Directoire de la RNU, portant sur l'union des deux états ukrainiens. Le 22 janvier 1919, RNU et ZUNR s’unissent, mais en même temps, les Allemands se retirent, et dans le vide ainsi créé se déclenche une confuse guerre de harcèlement de type "chacun contre tous les autres" entre troupes russes blanches (dirigées par le général Denikine et soutenues par les armées Alliées franco-britanniques), l’Armée polonaise de Pilsudski [25], l’Armée rouge des Bolcheviks, l’armée nationaliste ukrainienne de Simon Petlioura [26] et l’armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne (de tendance anarchiste) de Nestor Makhno [27]. Toutes ces troupes vivaient sur le pays et affamèrent les villageois ukrainiens à coups de réquisitions répétées. Au cours de cet affrontement généralisé, les Français et les Britanniques occupent Odessa, Sébastopol et d’autres ports, mais l’intervention des occidentaux tourne court à cause du manque de moyens engagés, des mutineries de la mer Noire et de l’hostilité de la population exaspérée par les réquisitions (mars-avril 1919)

     Vers la fin de 1919 et la première moitié de 1920, les Bolcheviks finissent par l’emporter sur les autres belligérants. La République socialiste soviétique d’Ukraine est proclamée le 10 mars 1919 comme gouvernement autonome. Suite à l’armistice conclu entre ceux-ci et les polonais le 12 octobre 1920, les troupes ukrainiennes furent contraintes de quitter le pays le 21 novembre 1920 et furent internées dans des camps en Pologne. Les dirigeants de la République populaire ukrainienne partirent en exil. L'Ukraine fut partagée entre la Pologne et la Russie communiste. La partie ex-russe de l’Ukraine, avec Kiev pour capitale, est intégrée à l’URSS créée en 1922, tandis que la partie ex-autrichienne, avec Lviv (Lvov) pour ville principale, est intégrée à la Pologne en 1921. La petite Ukraine transcarpatique, jadis hongroise et brièvement indépendante en novembre 1918, vota son rattachement à la Tchécoslovaquie et quant à la Bucovine, sa minorité ukrainienne se résigna à son rattachement à la Roumanie: ces deux régions évitèrent ainsi la «soviétisation». Toutefois, la ZUNR continua d’exister en exil (à Berlin) jusqu’en 1923. Par le traité de Riga (11.08.1920), la Pologne reconnaît la République socialiste soviétique d'Ukraine et les frontières occidentales entre l’URSS et la Pologne sont fixées.

 

La période soviétique (1920-1940)

     Sous le nouveau régime soviétique, l’Ukraine fait l’objet de grands travaux d’infrastructure et d’industrialisation, ainsi que d’une importante mise en valeur du grand bassin minier et métallurgique, le Donbass. Mais Staline ne ménagera pas pour autant ses efforts pour réprimer le moindre signe d’un réveil national ukrainien, interprété comme un rejet du pouvoir stalinien et une menace à l’intégrité territoriale de l’Union soviétique. Sur le plan agricole, la politique du nouveau régime est par contre un échec, le pays – en dépit de son potentiel agroalimentaire – ayant connu deux grandes famines de 1921-1922 et de 1932-1933 (Holodomor ou meutre par famine), causées par la collectivisation forcée des terres, au cours desquelles 8 millions de personnes auraient péri

     Après l’invasion de la Pologne en septembre 1939 par les troupes allemandes puis soviétiques, l'Union soviétique annexa les régions polonaises à forte minorité ukrainienne. Les régions à minorité ukrainienne de Roumanie suivirent en juin 1940. Tous ces gains territoriaux furent ensuite incorporés à la République socialiste soviétique d'Ukraine en août 1940 et reconfirmés par Staline suite à la victoire russe sur l’Allemagne nazi en mai 1945.

 

  • La période de la Seconde Guerre mondiale (1940-1945)

     Lorsque l’Allemagne nazie envahit l’URSS en 1941, plusieurs Ukrainiens (essentiellement dans l'ouest du pays) sous l’emprise des mouvements nationalistes nostalgiques de la période du soutien allemand aux tentatives indépendantistes de 1917-1920 accueillirent la Wehrmacht en libératrice. Un certain nombre d’Ukrainiens s’engagèrent notamment dans les forces de police, l’Armée de libération de l'Ukraine, les Hiwis  [28], et la 14e division Waffen SS «Galicie» [29]. En profitant du retrait généralisé des forces soviétiques au début de l’opération «Barbarossa», plusieurs milliers d’Ukrainiens rejoignirent, eux, l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) [30], branche militaire de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN) [31]. La collaboration des nationalistes ukrainiens avec les forces spéciales nazies commence pratiquement au début de l'année 1930 lorsque des contacts sont établis entre l'UVO (division germanique, commandée par Richard Yari), et le chef des troupes d'assaut Ernst Röhm [32]. En mars 1940, avec l'aide de l'Abwehr, l'OUN lance des groupes de sabotage en vue de réaliser des actions de désobéissance civile à Lvov et en Volhynie. Ce sont des hommes de l’OUN-B de Stepan Bandera [33] qui pénétrèrent en Galicie orientale en juin 1941 avec la Wehrmacht. Dès le 30 juin 1941, à peine 8 jours après l'invasion allemande de l'Union Soviétique, l'OUN-B tente de proclamer un état indépendant en Ukraine. Deux collaborateurs proches de Bandera, Yaroslav Stetsko et Roman Choukhevytch, sont nommés premier ministre et ministre de la défense respectivement. Ce nouvel État n'est pas reconnu par Hitler qui entame la répression contre l'organisation, tuant ou arrêtant ses dirigeants. Le 5 juillet 1941 Bandera est arrêté est envoyé au camp de concentration à Oranienburg-Sachsenhausen. Il sera libéré en 1944, lorsque les nazis, face à l'avancée de l'Armée rouge, changent de politique vis-à-vis de Bandera. Toutefois, celui-ci n'adhère pas au Comité national ukrainien [34] : il pense que l'Allemagne perdra la guerre et que toute collaboration avec elle est désormais inutile.

     Début 1942, l'OUN-M, qui collaborait toujours avec les nazis, est à son tour réprimée par ceux-ci, son activité nationaliste étant vue comme préjudiciable aux projets nazis de transformer les territoires de l'est en simples colonies allemande

     Face aux horreurs de l'occupation allemande de l’Ukraine, illustrées par les massacres de Babi Yar (Kiev) [35], certains nationalistes locaux entament la lutte armée contre les nazis. En 1943, l'OUN-B lutte à la fois contre les Allemands, contre l’Armée rouge, contre les partisans ukrainiens pro-soviétiques, et à l'occasion contre ses rivaux nationalistes de l'OUN-M, qui sont de facto obligés de se rallier ou de cesser leurs activités En mars 1944, les insurgés de l'UPA embusquèrent et blessèrent mortellement, derrière les lignes de front, le Général Nikolaï Vatoutine [36] commandant du 1er Front ukrainien et héro des batailles de Stalingrad et de Koursk, qui avait libéré Kiev le 6 novembre 1943. En 1944, l’Armée rouge libère l’Ukraine. Les Ukrainiens qui avaient servi les Allemands, et également les membres de l’UPA, furent en 1945 pour la plupart internés au Goulag comme collaborateurs et traîtres (la majorité d'entre eux seront cependant amnistiés et libérés par Khroutchev après la mort de Staline). L’armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) continuera son combat contre l’armée rouge, jusqu’à son anéantissement en 1954. Après sa disparition sur le terrain (la dernière arrestation enregistrée daterait de 1958), l'OUN-B devient une organisation surtout active dans la diaspora ukrainienne [37].

     À la fin de la guerre, les pertes ukrainiennes s’élèvent à 8 millions de personnes dont 1,377 million de militaires soviétiques de nationalité ukrainienne (16 % des pertes totales de l’Armée rouge). En 1945, pour souligner son rôle dans la défaite des nazis, l’ONU fait de l’Ukraine, en même temps que de l’URSS et de la Biélorussie, l’un des membres fondateurs de cette organisation. L’URSS y disposera ainsi de 3 voix au lieu d’une. En outre, 4 villes ukrainiennes: Odessa, Kertch, Sébastopol et Kiev portent le titre honorifique de ville héros (accordé aux villes d'Union soviétique dont les habitants ont héroïquement combattu la Wehrmacht au cours de la Seconde Guerre mondiale).

 


Notes de bas de page

[1] La même signification a le nom Krajina (ex-République fédérale de la Yougoslavie) – ce qui est une variante de la même racine slave.  La Krajina (ex-Yougoslavie) et l'Ukraine (ex-URSS) sont des régions frontalières entre chrétiens catholiques dans l'Ouest et les chrétiens orthodoxes de l'Est.

[2] Le terme «Ruthénie» est la traduction en français d'un mot de latin médiéval, Rutenia, puis Ruthenia, une forme latinisée de Russénie, qui désigne les régions de l'Europe situées à l'est de la Pologne, qui sont ou ont été habitées par des populations slaves orientales et les différents États qui y ont existé au cours des siècles. Il s’agit des territoires de l’état slave «la Rus’ de Kiev» situés sur la rive droite du Dniepr que les sources occidentales traduisirent par «Ruthenia» ou les «Roussiens» (Rusyny) et ce, pour faire la distinction par rapport au terme de  «Rossiïa» utilisé pour désigner les populations slaves et territoires de la rive gauche du Dniepr. L'adjectif correspondant est «ruthène».

[3] Les Scythes (en grec Σκύθαι, Skúthai) sont un ensemble de peuples nomades, d'origine indo-européenne, ayant vécu entre le VIIe et le IIIe siècle av. J.-C. dans les steppes eurasiennes, une vaste zone allant de l'Ukraine à l'Altaï, en passant par le Kazakhstan. Les sources assyriennes mentionnent les Saces dès 640 avant l'ère chrétienne. La culture scythe est principalement connue grâce aux récits d'Hérodote. Selon la mythologie grecque, lorsque le héros Héraclès se fut accouplé avec le monstre Échidna, cette dernière mit au monde trois garçons. Puis vint le moment pour Héraclès de continuer sa route. Mais le jour du départ, Échidna demanda à son amant ce qu’elle devrait faire de leurs enfants, une fois parvenu à l’âge d’homme. Héraclès prit l’un de ses deux arcs et son baudrier qu’il donna à Échidna. Il ajouta que celui des trois qui parviendrait à positionner le baudrier et à bander l’arc comme lui-même le faisait, deviendrait le roi du pays. Les deux autres frères devraient alors s’exiler. Arrivé à l'âge d'homme, Échidna rassembla ses trois enfants, Agathyrsos, Gélonos et Scythès. Le test pouvait alors commencer. Seul Scythès parvint à réussir les deux épreuves. Comme l’avait exigé Héraclès, Échidna donna le pouvoir suprême au vainqueur, tandis que ses deux autres enfants s’exilèrent. À ce moment, Scythès donna son nom à cette région et à son peuple.

[4] Olbia  (en grec : Oλβία Ποντική  Olbia Pontique; en ukrainien: Ольвiя; en russe: Ольвия) fut une ville sur les berges de l'estuaire du Bug méridional (ou Hypanis 'Yπανις), à l'opposé de l'Île de Berezan. Son port était l'un des plus important débouché sur la mer Noire pour l'exportation des céréales et de poissons vers la Grèce et pour l'importation des biens de l'Attique en Scythie. Borysthènes serait une ancienne cité à part entière qui se réfère généralement à la rivière Dniepr, mais de temps en temps aussi à Olbia. Cette dernière fut fondée par les colons Milésiens au VIe siècle av.J.C et l'important commerce maritime de la cité dura pendant un millénaire.

[5] Tyras (en grec: Τύρας), aujourd'hui Bilhorod-Dnistrowskyj (en ukrainien: Дністровський Білгород; en russe: Белгород Днестровский) était une ville grecque dans le sud-ouest de l'Ukraine. Elle était située à une quinzaine de kilomètres de l'embouchure du Tyras (le Dniestr). Elle fut fondée par les colons Milésiens vers 600 av.J.C.

[6] Panticapée (en grec: Παντικάπαιον Pantikápaion) est identifiée aujourd'hui à la ville de Kertch. Elle fut une importante cité et port Grec en Chersonèse Taurique, sur la péninsule de Crimée. Elle était située sur une colline, le mont Mithridate, sur le côté Ouest du Bosphore Cimmérien. Elle fut fondée par les colons Milésiens à la fin du VIIe siècle av.J.C. Au cours des Ve et IVe siècles av.J.C., la ville devint la résidence du premier Roi du Bosphore Cimmérien, de la dynastie des Archéanactides (en grec : Αρχαιανακτίδαι), puis ce fut le règne de celle des Spartacides (en grec : Σπαρτακίδαι, fondée par Spartakos I, 438-433). De ce fait la cité elle-même fut parfois appelée Bosphore Grec. Son déclin économique entre les IVe et IIIe siècles av.J.C. fut dû à la conquête Sarmate de la steppe et la concurrence croissante dans le commerce des céréales, en particulier celle dÉgypte. Le dernier Roi des Spartacides, Pairisadès V (v.140-107), dut subir les attaques des Scythes. Etant inférieur militairement, il demanda de l’aide au Roi du Pont, Mithridate VI (120-63), qui réussit à mettre un terme au conflit. Mithridate VI récupéra le trône du Bosphore après la mort de Pairisadès V tué par des Scythes, qu'il donna en 70 à son fils aîné, Macharès. Panticapée passa alors sous la domination du royaume du Pont. La ville ne restera pas longtemps sous la tutelle Pontique. En 63, après sa défaite dans une guerre contre Rome, Mithridate VI fut à son tour tué dans la cité par un guerrier Celte. Son fils Pharnacès II (63-47) lui succéda, mais les citoyens de Panticapée se révoltèrent contre lui. La même année, Panticapée fut partiellement détruite par un tremblement de terre. Les Raids des Goths et des Huns favorisèrent son déclin. Elle fut plus tard intégrée à l'État Byzantin de l'Empereur Justin I (518-527) au début de son règne. Au VIIe Siècle, la ville tomba sous le contrôle des Khazars.

[7] Phanagoria (en grec: Φαναγορεία Phanagóreia) fut fondée par des colons Milésiens en l’an 543 av.J.C. Elle fut la plus importante colonie grecque sur la péninsule de Taman. Phanagoria se trouvait sur la côte orientale du détroit de Kertch, lien naturel entre la mer Noire et la mer d'Azov. La ville se situait précisément sur le côté Nord de la tête de la péninsule de Taman, à 25 kilomètres au Nord-est d'Hermonassa. Aujourd'hui, environ un tiers de la zone de l'ancienne ville est sous l'eau. Du fait de sa position géographique stratégique, la cité contrôlait les deux plateaux le long de la rive asiatique du Bosphore Cimmérien. De ce fait Phanagoria devint le centre de tout le trafic commercial entre les côtes de la mer d'Azov (ou Palus Méotide) et les pays de la rive Sud du Caucase. Elle fut choisie par les Rois du Bosphore comme leur capitale en Asie, Panticapée (ou Kertch) étant leur capitale en Europe. On sait encore que Phanagoria prospéra grâce à son industrie importante de pêches en mer d'Azov. (cf. Annexe 3: Les colonies grecques de la rive nord de la mer Noire).

[8] Les Petchenègues sont un peuple nomade d'origine turque qui apparaît à la frontière sud-est de l'empire khazar au VIIIe siècle. Ils s'installent au Xe siècle au nord de la mer Caspienne. Ils se convertissent à l'islam vers 980. Entre 1036 et 1053, vaincus et harcelés par les Russes, ils franchissent le Danube et progressent à l'intérieur de l'empire. C'est ainsi qu'en 1086 ils s'emparent de la Thrace et battent les troupes byzantines à Silistra en 1090. À l'automne de la même année, les Petchenègues mettent le siège devant Constantinople et tentent une alliance avec les Seldjoukides. Cette alliance aurait pu se révéler mortelle pour l'Empire, mais l’habile empereur Alexios Ier Comnène réagit à temps en s'alliant aux Coumans. Alexios écrase les Petchenègues le 29 avril 1091 à la bataille de la colline de Lebounion. En 1122, les Petchenègues sont définitivement battus par l’empereur Ioannis II Comnène et se dispersent dans les Balkans surtout dans l'actuelle Transylvanie.

[9] Oikouménē, le participe féminin présent du verbe grec οἰκέω, oikéō, «habiter»), abréviation de οἰκουμένη γῆ «monde habité».Les Empereurs Byzantins utiliseraient le terme pour décrire l'administration impériale.

[10] Jusqu’alors les tribus slaves pratiquaient le culte païen de Peroun.

[11] L'Église d'Orient resta toujours très influencée par la philosophie et la littérature grecques, ce qui facilita la conversion massive des peuples slaves au christianisme byzantin orthodoxe. L'église avait déjà une liturgie écrite en cyrillique et un corpus de traductions du grec vers le «slavon russe», une langue écrite commune aux Slaves orthodoxes, créée au IXe siècle pour l'évangélisation des Slaves par les deux moines grecs de la région de Thessalonique, Cyrille et Méthode, dénommés des «apôtres slaves». L'existence de cette littérature facilita la conversion au christianisme des Slaves orientaux et introduisit la philosophie grecque, ainsi que les sciences et l'historiographie grecques, sans la nécessité d'apprendre le grec.

[12] En effet, l'usage de la langue slavonne pour la liturgie ne permet pas d'utiliser le chant byzantin, les mélodies grecques n’étant  pas transposables en slavon car les mots slavons n'ont pas le même nombre de syllabes que les mots grecs. C'est pour pallier cette difficulté que les chantres de la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev inventent le «mélisma», signe de notation musicale qui permet de placer plusieurs syllabes sous une seule notation musicale par contraste au chant byzantin grec où à chaque syllabe correspond une note musicale. Ainsi naquit sur les bords du Dniepr le chant mélismatique.

[13] Certains historiens considèrent que sans le détournement de la quatrième croisade sur Constantinople, les Turcs n'auraient probablement jamais pu débarquer en Europe (cf. Irène Steinherr, «La pénétration turque en Thrace et la valeur des chroniques ottomanes» - Travaux et Mémoires Association des Amis du Centre d'Histoire et Civilisation de Byzance.

[14] La «Horde d’Or» était l’héritière occidentale de l’immense empire mongol créé par Gengis-Khan et ses successeurs, un État pratiquement indépendant de l'Empire mongol qui a conquis la presque totalité de la Russie avec une capitale de type nomade, Sarai sur la Volga. Il y a eu réunification des Hordes Bleue et Blanche pour former la Horde d'Or (1395). De la seconde moitié du XIIIe à la fin du XVe siècle, elle joua un rôle majeur en Europe de l’Est, où la future Russie demeura sous son contrôle jusqu’en 1480. La conversion à l'islam des souverains de la Horde d'or marque le divorce total entre la population conquise, russe et chrétienne, et la minorité régnante — un métissage de Mongols et d'autochtones turcs kiptchak (Comans). C'est par la coopération des Tatars  de Crimée et de la  principauté de Moscou que fut détruite la Horde d'or en 1552.

[15] En 1448, cinq ans avant la prise de Byzance-Constantinople par les Turcs ottomans, l’Église «russe» se proclama autocéphale et Ivan III, qui annexait successivement à la Moscovie tous ses voisins (Iaroslav en 1463, Rostov en 1474, Novgorod en 1478, Pskov en 1521…), couronna cette volonté de puissance en épousant, en 1472, Sophie Paléologue, nièce du dernier empereur byzantin Constantin Paléologue. Ses thuriféraires dirent que Moscou était désormais la «Troisième Rome». Ivan le Terrible s’empara du titre de César (Csar, tsar) et, peu après sa mort, sous la régence de Boris Godounov, en 1589, fut instauré à Moscou un patriarcat de l’orthodoxie qui reprit la prérogative de l’ancien métropolite de Kiev consistant à contrôler «toute la Rous’», ce qui fut vite traduit par «toutes les Russies». Cette substitution de métropole permettait d’affirmer la suprématie de la Moscovie qui devenait ainsi la «Grande Russie». L’habitude fut prise d’appeler aussi «Russies» les autres parties de la Rous’. La Bela Rous’ devint la Russie Blanche et l’actuelle Ukraine fut appelée par Moscou la «Petite Russie». Les parties occidentales de la Rous’ n’adoptèrent pas elles-mêmes le nom de  Rossiïa et gardèrent l’appellation de  Rous’ que les sources occidentales traduisirent, pour faire la distinction, par Ruthenia. Les Roussiens (Rusyny) étant dès lors appelés ruthènes.

[16] Alexandre Nevski (en russe: Александр Ярославич Невский, Alexandre Iaroslavitch Nevski), né le 30 mai 1220 à Pereslavl-Zalesski, et mort le 14 novembre 1263 à Gorodets, est un héros national russe, célèbre pour ses victoires militaires. Fils du prince Iaroslav II de Vladimir, il devient prince de Novgorod (1236-1252) puis grand-prince de Vladimir (1252-1263). C'est le dernier prince russe à recevoir l'investiture du khan Batu de la Horde d'or pour la principauté de Kiev en 1249. Il est surtout célèbre pour deux victoires militaires essentielles dans l'histoire de la Russie, la première contre les Suédois à la bataille de la Neva le 15 juillet 1240 et la seconde à la bataille du lac Peïpous sur les glaces du lac éponyme en avril 1242 contre les chevaliers de l'Ordre Teutonique, installés dans la région depuis 1237, et qui venaient d'intégrer l'ordre des chevaliers Porte-Glaive.

La première de ces victoires lui valut son surnom de Nevski («de la Neva»). Il est aussi un saint de l'Église orthodoxe et plusieurs cathédrales orthodoxes portent son nom. Il fut canonisé le 26 février 1547. Il est fêté le 23 novembre et le 30 août (translation de ses reliques à Saint-Pétersbourg). À une époque où les chevaliers teutoniques menaçaient de conquérir la Russie avec l'intention manifeste de la convertir à l'Église latine, Alexandre Nevski conclut une trêve avec la Horde d'or et porta tous ses efforts sur le front occidental. C'est le courage et la clairvoyance politique, à une époque critique de leur histoire, que le peuple russe et l'Église orthodoxe russe honorent en lui.

[17] Le terme «uniate» a longtemps servi à désigner les Églises catholiques orientales. Au sens strict, il sert à désigner les fractions de ces Églises orientales qui ont rompu avec leur Église «mère» orthodoxe et sont entrées en communion avec l’Église catholique. Cela fait partie de la politique du Vatican d’étendre sa juridiction, donc son pouvoir religieux et politique, sur des populations orthodoxes de l’église d’Orient. Pour rappel, la séparation entre l'Église de Rome et l'Église de Byzance en 1054 (Schisme), fut symbolisée par les spectaculaires excommunications mutuelles du patriarche Michel Ier Cérulaire et du légat du pape Humbert de Moyenmoûtier. Cette séparation deviendra définitive dans les esprits en Orient après les Croisades et le sac de Constantinople par les Latins en 1204. Les tentatives d'union lors du deuxième concile de Lyon en 1274, puis lors du concile de Ferrare-Florence en 1438-1442, n'aboutirent pas. L'Église de Rome développa ensuite une ecclésiologie qui insistait sur l'autorité et la compétence directe du pape sur l’ensemble des Églises.

[18] “Cosaque“ est un terme turco-tatare signifiant “guerrier libre“.

[19] Traité de paix dite de Grzymultowski, (du nom de son négociateur polonais).

[20]  La bataille de Poltava eut lieu le 8 juillet 1709 entre l'armée de Pierre Ier de Russie et les troupes de Charles XII de Suède avec l'appui des cosaques d'Ukraine de l’hetman Ivan Mazepa dans le cadre de la Grande guerre du Nord. La victoire russe décisive a fait perdre à la Suède définitivement son rang de grande puissance militaire.

[21] Le Kouban (en russe: Кубань) est une zone géographique du sud de la Russie encerclant le fleuve du même nom et accolé à la mer Noire, entre la steppe, le delta de la Volga et la Ciscaucasie.

[22] République populaire ukrainienne (en ukrainien: Українська Народня Республіка, Ukrayins'ka Narodnia Respublika); son nom fut adopté le 20 novembre 1917. En dépit de sa dénomination, elle n'était en rien une «République populaire». Afin d'éviter toutes confusions avec les républiques populaires de type soviétique, cette république est quelquefois désignée sous le vocable de République nationale ukrainienne (en abrégé UNR).

[23] Pavlo Skoropadsky,  né en 1873, il est le fils d’un colonel de cavalerie à la retraite. Il entre en 1893 dans une école de cavalerie puis dans un régiment de cavalerie du Tsar où il sert entre 1896 et 1904. En 1910, il commande le régiment de Dragons de Finlande et dès 1911 un des célèbres régiments de la Garde impériale russe. Au début de la guerre 14-18, il est envoyé au front avec son régiment et s’illustre dans la campagne de 1914. Il est bientôt général de brigade, commandant la 1ère brigade de cavalerie de la Garde. En 1916, ses services sont reconnus, il atteint le grade de général de division de cavalerie et commande la 1ère division de cavalerie de la Garde. En 1917, il est fait général de corps d’armée, il commandera le 34ème corps. A 44 ans il semble pouvoir atteindre les plus hauts commandements, mais la Révolution russe de 1917 va bouleverser le cours de son ascension. Sous sa direction est formé un front unique avec le front ukrainien et le front roumain. Il démissionne en décembre 1917, mais participe bientôt à la formation d’une milice et d’une unité de Cosaques. Son penchant nationaliste est alors bien marqué. Il est membre d’une loge maçonnique baptisée «Jeune Ukraine» puis de celle «des Martinistes de Kiev». Après la signature du traité de Brest-Litovsk le 3 mars 1918, Lénine doit abandonner, provisoirement, l’Ukraine et les nationalistes ukrainiens de Petlioura reprennent immédiatement la ville de Kiev. Ils ont le soutien des Allemands mais ces derniers préfèrent un certain Pavlo Skoropadsky… Le 29 avril 1918, il est proclamé Hetman du gouvernement d’un nouvel Etat ukrainien et il concentre les pouvoirs dans ses mains. Il mène une politique orientée vers les propriétaires terriens. Ayant réussi à organiser une administration, son pouvoir se pérennise, mais la colère gronde, les paysans sont énervés par sa politique de confisquer des terres ce qui provoque la montée d’un mouvement paysan que l’anarchiste Nestor Makhno dirigera bientôt. Les nationalistes ukrainiens lui reprochent de leur côté son peu d’ardeur patriotique et ses soutiens allemands. L’écroulement des Empires centraux en novembre 1918 fragilise définitivement son pouvoir. Il forme un nouveau gouvernement de monarchistes prorusses évoquant la possibilité d’un retour sous le giron de la Russie, mais non-bolchevique. Peine perdue, les socialistes ukrainiens déclarent la formation d’un Directoire le 14 novembre et les troupes de Pavlo Skoropadsky passent massivement dans leurs rangs. Jouant définitivement la carte des Russes blancs, il cherche l’aide de l’Armée des volontaires de Denikine, mais les hommes de Petlioura s’emparent de la ville de Kiev en décembre 1918. Pour échapper à ses ennemis, Skoropadsky n’a d’autres choix que de s’enfuir avec quelques fidèles en Allemagne. Il ne joue plus aucun rôle politique par la suite, s’installant en Allemagne définitivement, mais ne renonçant jamais à son titre d’Hetman. Lorsque la Seconde Guerre mondiale le surprend, il réside à Berlin. Il avait été sollicité par les nazis pour prendre position au moment de l’invasion de l’Union soviétique, mais il refusa de s’impliquer. Fuyant l’avance de l’Armée rouge, il fut grièvement blessé par une bombe alliée alors qu’il se trouvait à Plattling en Bavière. Transporté dans le monastère de Metten, il mourut de ses blessures le 26 avril 1945 quelques jours avant la fin de la guerre. Il fut inhumé à Oberstdorf. Son mouvement monarchiste ukrainien alliant l’hérédité de la couronne, suivant le modèle britannique, et l’Hetmanat cosaque perdura jusqu’au début des années 1980, moment où la disparition des personnalités émigrées de l’Ukraine de l’Est entraîna sa propre fin.

[24] Anton Ivanovitch Denikine (en russe: Антон Иванович Деникин), né le 4 décembre/16 décembre 1872 à Włocławek (Pologne) et mort le 8 août 1947 à Ann Arbor (États-Unis). Général russe, chef d'état-major dans les armées de la Russie impériale pendant la Première Guerre mondiale, commandant en chef de l'armée des volontaires pendant la guerre civile russe qui lutte contre les bolcheviks avec l'appui des alliés, Français et Anglais. En octobre 1918, Denikine se proclame chef des «forces armées du sud de la Russie» (150.000 hommes) et remporte d'importants succès, s'emparant de Kharkov, Kiev, Koursk, Voronej, Orel (juin-octobre 1919), et menaçant Moscou. Le front sud des bolchéviques s'écroule. Les bolchéviques étaint proches de la défaite se préparent à passer dans la clandestinité. Un comité clandestin du parti de Moscou fut créé, les institutions préparent leur évacuation vers Vologda. Mais à partir d'octobre 1919, la situation des forces de Denikine se dégrada sensiblement. Les bases arrières en Ukraine étaient pillées par les raids des anarchistes ukrainiens de Nestor Makhno qui avaient forcé les lignes blanches dans la région d'Ouman, il fallut détourner du front des unités pour le combattre, les bolchéviques avaient conclu un armistice avec les Polonais et les forces de Simon Petlioura, libérant des forces pour la lutte contre Denikine. Ayant pu restaurer leur supériorité numérique sur le principal front d'Orel à Koursk (62 mille hommes côté rouge contre 22 mille côté blanc), l'armée rouge passa à la contre-attaque en octobre 1919. Après des combats acharnés, les armées blanches furent forcées à se replier sur toute la longueur du front. Durant l'hiver 1919-1920, les troupes de Denikine durent quitter Kharkov, Kiev, la région du Donbass et Rostov-sur-le-Don. Abandonné par ses troupes cosaques qui refusent de le suivre hors d'Ukraine, il passe le commandement au lieutenant-général baron Piotr Wrangel et se retire en Angleterre, puis en France, où il publie en 1922  l’ouvrage «Décomposition de l'armée et du pouvoir russes en 1917». En 1945, il s'installe aux États-Unis, dans le Michigan, où il meurt en 1947. Il fut réhabilité en 2005; sa dépouille et celle de sa femme sont rapatriées et inhumées en grande pompe dans la capitale russe le 4 octobre 2005.

[25] Józef Klemens Pilsudski (5 décembre 1867 - 12 mai 1935) était un militaire polonais et le principal homme d'État de la deuxième république de Pologne. À partir du milieu de la Première Guerre mondiale, il eut une influence considérable sur la politique polonaise et fut en même temps un personnage important de la scène politique européenne. Il est largement crédité de la création de la deuxième république de Pologne en 1918. Après avoir été condamné à l'exil en Sibérie pour complot contre le régime tsariste, Pilsudski devint le chef du Parti socialiste polonais et mena une lutte armée pour obtenir l'indépendance de la Pologne. En 1914, il anticipa le déclenchement d'une guerre européenne, la défaite de l'Empire russe par les Empires centraux et la défaite de ces derniers par les puissances occidentales. Au début de la Première Guerre mondiale, il fonda les légions polonaises qui combattirent avec les troupes austro-hongroises et allemandes contre la Russie. Avec l'effondrement de l'Empire russe en 1917, Pilsudski mit fin à son soutien aux Empires centraux. De l'indépendance de la Pologne en novembre 1918 à 1922, Pilsudski fut le chef de l'État polonais. Entre 1919 et 1921, il commanda les troupes polonaises lors de la guerre soviéto-polonaise. En ignorant les fortes pressions de l'Entente cordiale pour rejoindre une offensive contre l'Union soviétique, Pilsudski sauva probablement le gouvernement bolchevik à l'été et à l'automne 1919. En 1923, face à l'opposition de plus en plus forte des nationaux-démocrates dans le gouvernement polonais, il se retira de la politique. Trois ans plus tard, un coup d'État lui permit de revenir au pouvoir et il devint de facto le dirigeant de la Pologne. Du début de la Première Guerre mondiale jusqu'à sa mort, Pilsudski mena, avec une intensité variable, deux stratégies complémentaires pour assurer la sécurité de la Pologne: le «prométhéisme» visant à désintégrer l'Empire russe puis l'Union soviétique en plusieurs états et la création de la Fédération «Międzymorze» (Fédération «Entre-Mers»  car elle se serait étendue de la mer Baltique à la mer Noire) rassemblant la Pologne avec les états nouvellement indépendants d'Ukraine, de Biélorussie et des Pays baltes dans une sorte de résurgence de la République des Deux Nations avant ses Partages. Même si un grand nombre de ses initiatives politiques restent controversées, Pilsudski est tenu en haute estime par ses compatriotes.

[26] Simon Petlioura (né à Poltava le 10 mai 1879 et mort à Paris le 25 mai 1926), fut l'une des figures du mouvement socialiste ukrainien au début du XXe siècle et un des fondateurs du Parti ouvrier social-démocrate ukrainien, en 1905. Officier dans l'armée impériale russe pendant la guerre de 1914 à 1917, il prend une part active aux événements révolutionnaires. Autonomiste puis indépendantiste, en février 1917, il est élu membre du Conseil central (Rada) de l'Ukraine indépendante. Il participe alors à la formation d'une armée ukrainienne qui lutte à la fois contre les Bolcheviks et l'Armée blanche durant la révolution russe. Petlioura cherche des alliances tant contre les blancs de Denikine que contre les rouges; il choisit la Pologne et, le 21 avril 1920, conclut une alliance avec Pilsudski. En novembre 1918, Petlioura est l'un des cinq membres du Directoire ukrainien et commandant suprême de l'Armée, puis le troisième président de la République populaire ukrainienne. Antisémite fanatique, il est l'auteur, pendant la période où il se trouve au pouvoir, de nombreux pogromes de Juifs. Vaincu, il se réfugie d'abord à Varsovie, puis à Paris pour diriger le gouvernement ukrainien en exil, où il est assassiné par Shalom Schwarzbard, un Juif ukrainien qui veut venger les pogromes.

[27] Nestor Ivanovitch Makhno (Нестор Іванович Махно), né le 26 octobre 1889 à Goulaï-Polié (près de Zaporojie) et mort à Paris le 25 juillet 1934, est un communiste libertaire fondateur de. En 1919, ses groupes de guérilla se transforment en une véritable armée, l'Armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne («Makhnovchtchina») qui compte jusqu'à 50.000 hommes.  En 1918, après la signature du Traité de Brest-Litovsk, il combat les forces ukrainiennes nationalistes de Petlioura, ainsi que les Armées blanches du général Denikine. Pour ce faire, il s'allie avec l'Armée rouge qui se retourne finalement contre lui en 1920. En août 1921, après des mois de combats acharnés contre les bolchéviques, Makhno quitte l'Ukraine et franchit la frontière roumaine. Expulsé de plusieurs pays européens, il s'installe finalement à Paris, en 1925, où il est contraint, pour survivre, de travailler comme ouvrier chez Renault à Boulogne-Billancourt. Il meurt le 25 juillet 1934 et est incinéré au cimetière du Père-Lachaise.

[28] Le terme Hiwi est l'abréviation du mot allemand Hilfswillige (auxiliaire volontaire). Durant la Seconde guerre mondiale, les Hilfswilliger étaient des volontaires recrutés parmi la population des territoires occupés d'Europe de l'Est qui servirent d'auxiliaires dans la Wehrmacht. Ils portaient souvent leur ancien uniforme avec parfois un brassard sur lequel était écrit Im dienst der Deutschen Wehrmacht

[29] La 14e Waffen-Grenadier-Division der SS «Galizien», abrégé en français par «Division SS Galicie» (en ukrainien: 14-А Гренадерська Дивiзiя СС "Галичина"), est une unité ukrainienne de la Waffen-SS, créée par décision du Gouverneur allemand du District de Galicie, Otto von Wächter, appuyé en cela par le Comité Central Ukrainien siégeant à Kraków (Cracovie), le gouvernement en exil de l’UNR et diverses organisations dont une partie de l’Eglise uniate ukrainienne, qui fut annoncée officiellement le 28 avril 1943. Pour faire passer la pilule, le nom choisi pour la division fut SS Freiwilligen Division ‘Galizien’, reprenant ainsi le vieux nom de la province autrichienne qui permettait d’éviter l’adjectif ‘Ukrainische’. Son Insigne fut le lion de Galicie et plus tard le Trident, lors du transfert à l'UNA (avril 1945). Ses effectifs ont atteint les 26.000 hommes (corps ukrainiens). Les soldats qui étaient sélectionnés devaient mesurer au moins 1,65 m et devaient avoir de 18 à 35 ans. De nombreux volontaires se présentèrent. Comme toujours, on y trouvait de tout: des aventuriers, des gens qui pensaient échapper à leurs conditions de vie, des volontaires qui croyaient intégrer une nouvelle Légion Ukrainienne identique à celle (les Sichovi Striltsi) qui avait combattu contre les Russes dans l’Armée austro-hongroise au cours du premier conflit mondial, des adhérents au gouvernement en exil de l’UNR et des nationalistes orientés par l’OUN, tendance Melnyk laquelle jouissait d’une certaine faveur auprès d’une partie du clergé uniate ukrainien de cette époque. Beaucoup croyaient que c’était le premier pas pour la formation de la future armée de l’Ukraine indépendante. La SS Freiwilligen Division ‘Galizien’ était commandée par des officiers allemands et ukrainiens. Les postes d’officiers supérieurs étant uniquement occupés par les Allemands. On comptait 600 officiers détachés par Berlin dont la moitié était Hollandais et l’autre moitié provenait de Prusse orientale. Il y avait aussi 300 officiers ukrainiens qui avaient servi dans l’armée austro-hongroise au cours de la 1e guerre mondiale, une centaine d’ukrainiens de Galicie ex-officiers de l’armée polonaise et une autre centaine qui avaient commandé dans les rangs de l’UNR du «Dniepr» en 1917-1921. Outre les officiers supérieurs, les corps techniques étaient uniquement composés de troupes allemandes. Le commandant en chef fut, au départ, le SS Oberführer Fritz Freitag, et son chef d’Etat-major le Sturmbannführer (Commandant) Wolf Heike. Tous les commandants de régiments étaient allemands. Les Sturmbannführer Binz et l’Obersturmbannführer (Lieutant-Colonel) Franz Lechthaler commandaient les régiments de police. À l'image de la 13e division SS de montagne «Handschar» (corps bosniaques) et la 21e division SS de montagne «Skanderbeg» (corps albanais), qui disposent d'imams, la division «Galicie» a pu intégrer des chapelains uniates et catholiques ukrainiens dans le rang des dirigeants en son sein. La division se composait de trois régiments d’infanterie, d’un d’artillerie et d’un régiment de réserve à l’entraînement. Les unités adjointes consistaient en trois bataillons de fusillers, des troupes du génie, des services de communication et de DCA ainsi qu’un hôpital de campagne. Elle a combattu contre l’Armée Rouge au Front Russe notamment dans la bataille de Brody (juillet 1944) puis en Autriche (avril 1945), ainsi que contre les partisans en Slovaquie (1944) et en Slovenie (1945).  Le 17.03.1945, des Ukrainiens émigrés mirent en place le Comité National Ukrainien pour représenter les intérêts Ukrainiens devant les autorités du 3ème Reich. Parallèlement, on créa l’Armée Nationale Ukrainienne (UNA) sous les ordres du Général Pavlo Chandruk. La division ‘Galizien’ devint alors la 1ère division ukrainienne UNA et les troupes prêtèrent un nouveau serment, celui de loyauté au peuple ukrainien. A la capitulation allemande, la plupart de ses soldats (environ 10.000) se rendirent aux forces britanniques qui les transférèrent à Rimini. Suite à l'intervention du Vatican, qui estime que les soldats de ces divisions «sont de bons catholiques et de tradition anticommuniste», leur statut est modifié par les Anglais, passant de celui de «prisonniers de guerre» à «personnel ennemi qui s'est rendu». Ainsi, ils ne seront pas livrés aux soviétiques qui les réclamaient, mais libérés.

[30] L’Armée insurrectionnelle ukrainienne ou UPA (en ukrainien: Украïнська Повстанська Армiя, Ukrains'ka povstens'ka Armiya ou УПА) était une armée de guérilla ukrainienne formée en octobre 1942, en Volhynie. Ses dirigeants ont été Dmytro Klyachkivskiy, Roman Choukhevytch (dès janvier 1944) et Stepan Bandera. Il s'agit de la branche militaire de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN). Son principal objectif était l'indépendance totale de l'Ukraine. L’UPA s'est battue contre les trois ennemis qui occupèrent successivement l’Ukraine: la Wehrmacht, l'Armia Krajowa issue de la résistance polonaise et l’Armée rouge. Deux autres UPA ont également existé en Volhynie. La première d'entre elles a été formée au printemps 1942, elle fut d'abord connue sous le nom de Sitch de Polésie et n'avait pas de liens directs avec l'OUN. Cette UPA, dirigée par Taras Borovets, avait des liens avec l'UNR en exil. Elle a par la suite été rebaptisée Armée révolutionnaire du peuple ukrainien en 1943 avant d'être plus tard absorbée par l'UPA de l'OUN. La seconde fut l'UPA d'Andry Melnyk, créée au printemps 1943 ; elle fut comme la précédente absorbée par l'UPA de Stepan Bandera en juillet-août 1943. Au départ, la UPA de l’OUN a collaboré avec les Allemands, mais elle s’est vite tournée contre eux en conséquence de la brutalité des occupants et de leurs exactions au détriment des civils. Une estimation allemande indiqua que l'UPA avait jusqu'à 100.000 hommes (d'autres estimations donnent des chiffres variant de 20.000 à 200.000 hommes). Ses hommes ont mené des raids sur des stations de police et des convois militaires allemands principalement dans l’ouest de l’Ukraine, allors que dans l’est l’UPA s’est contentée d’envoyer occasionnellement des petits groupes de pillards. Vers la fin de 1943 et au début de 1944, l'UPA de l’OUN contrôlait la majeure partie du territoire de Volhynie. En juin 1943, des forces combinées de SS et de police, sous le commandement du général von dem Bach Zalewski, considéré comme un expert dans la lutte contre la guérilla, tentèrent de détruire l'UPA dans la région de Volhynie lors de l'opération «BB» (Bandenbekämpfung). Bach - Zalewski avait sous ses ordres 10 bataillons motorisés de troupes SS, 10.000 hommes des forces des polices polonaise et allemande, 2 régiments de l'armée hongroise, et trois Bataillons de Cosaques levés parmi les prisonniers de guerre soviétiques. Au mois d'août, cette opération s'est révélée être un échec militaire et ce, en dépit des moyens considérables dont elle s’est dotée. Le général Bach-Zalewski a été relevé de son commandement et remplacé par le général Prutzmann. Les Carpates ont vu certains des plus lourds combats entre l'UPA et les forces allemandes à la fin de 1943 et au début de 1944 pour le contrôle de plusieurs cols dans les montagnes. En mai 1944 l'OUN envoya à l’UPA une instruction pour «basculer complètement d'une lutte, menée contre les Allemands, vers une lutte totale contre l'Union des républiques socialistes soviétiques». La lutte entre l'UPA et les forces militaires soviétiques commença réellement lorsque les unités de l'Armée rouge qui progressaient dans l'ouest de l'Ukraine, pénétrèrent sur le territoire contrôlé par la résistance. L'UPA s'efforça d'éviter les affrontements directs avec les unités régulières de l'armée soviétique. Elle concentra en revanche ses attaques contre les unités du NKVD (la police politique de l'Union soviétique) et contre le commandement de l'Armée rouge. Ainsi, en mars 1944, les insurgés de l'UPA embusquèrent et blessèrent mortellement le général Nikolaï Vatoutine,  commandant du front de Voronej (postérieurement Premier front ukrainien) dans la bataille de Koursk, et qui avait participé à la libération de Kiev en avril 1943. En novembre 1944, Khrouchtchev lança la première des nombreuses grandes attaques soviétiques contre l'UPA, dans l'Ukraine occidentale, avec la participation d'au moins vingt divisions de combat du NKVD, appuyées par l'artillerie et des unités blindées. Les régions contrôlées par l'UPA furent dépeuplées. On estime que de 182.543 à 500.000 Ukrainiens furent déportés au Goulag entre 1944 et 1952. Bien que les Soviétiques n'aient pas réussi à détruire l'UPA, celle-ci subit de lourdes pertes et fut réduite à un groupe de base de 5 à 10.000 combattants scindé en petites unités composées de 100 hommes (sotnias). A partir de 1946, les activités de l'UPA se déroulèrent désormais à proximité de la frontière soviéto-polonaise. En 1947, elle a tué le vice-ministre de la Défense polonais, le général Karol Świerczewski. Durant la dernière phase de sa lutte, en pleine guerre froide, l'UPA aurait reçu de l'aide du renseignement britannique et de la CIA.

[31] L'Organisation des nationalistes ukrainiens ou OUN (en ukrainien: Органiзацiя Украïнських Нацiоналiстiв, Orhanizatsiya Ukrayins'kykh Nationalistiv ou ОУН) est un parti politique ukrainien créé en 1929 à Vienne par Yevhen Konovalets. D'une certaine manière cette organisation succède à l'Organisation militaire ukrainienne (UVO) créée en 1920. L'UVO puis l'OUN estimaient que la succession continue de sabotages et d'actions terroristes à l'encontre des puissances étrangères contrôlant les terres ukrainiennes permettrait de maintenir les masses dans un état constant de ferveur révolutionnaire. Ces différents actes devaient mener à la renaissance d'un état ukrainien. L’OUN, dans sa doctrine, consacrait peu d'attention aux problèmes socio-économiques. Son hostilité au socialisme était sans équivoque. En outre, les nationalistes ne faisaient pas de différence entre les communistes et les partis socialistes modérés et démocratiques (présents en Galicie). Ils présentaient les socialistes ukrainiens comme des demi-communistes. Ils rejetaient également le libéralisme. Le mouvement ne se limitait pas aux affaires politiques, mais cherchait également à contrôler les milieux culturels, notamment la littérature qui pouvait agir comme un important moyen pour façonner la société. L'OUN cherchait à étendre son influence sur les institutions et les organisations ukrainiennes situées en dehors de l'URSS. En 1940, l'Organisation des nationalistes ukrainiens se scinde en deux, celle de Stepan Bandera (OUN-B ou OUN-R pour le mot révolution) et celle d'Andry Melnyk (OUN-M), plus modérée. En octobre 1942, la branche armée de l'OUN, l'UPA est créée (l'Armée insurrectionnelle ukrainienne d'Andry Melnyk est quant à elle créée au printemps 1943). Des deux, l'OUN-B et l'UPA de Stepan Bandera fut de loin la plus importante et finit par absorber la seconde en juillet-août 1943. L'OUN concevait l'avenir politique de l'Ukraine dans un système de parti unique. Il y aurait eu une seule organisation politique structurée de manière hiérarchique, laquelle aurait été gouvernée par un chef suprême, le vozhd, qui aurait été à la fois chef de file de l'organisation et chef de l'état. Il y aurait également eu un encadrement et un endoctrinement pour les jeunes cadres du parti.

[32] Ernst Röhm, né le 28 novembre 1887 à Munich et abattu le 2 juillet 1934 à la prison de Stadelheim, à Munich, était un officier, homme politique et chef de groupe paramilitaire allemand, fondateur des Sturmabteilung (SA) nazies. En 1932, les sections d'assaut comptent près de 400 000 hommes, dont les méthodes brutales et souvent incontrôlables, ont une influence négative sur les résultats électoraux. Mais Ernst Röhm souhaite pousser encore plus loin l'élan révolutionnaire en absorbant la Reichswehr, et fait des SA le bras armé de l'aile socialisante du NSDAP. Hermann Göring (président du Reichstag) et Heinrich Himmler (chef des SS) s’inquiètent des prétentions d'Ernst Röhm et finissent par convaincre Hitler que le chef de la SA complote afin de l’éliminer. Il est arrêté par Adolf Hitler en personne à la pension Hanselbauer à Bad Wiessee, dans la nuit du 29 au 30 juin 1934, («Nuit des Longs Couteaux»). Le 2 juillet 1934, à la demande d’Hitler, Theodor Eicke  (commandant du camp de concentration de Dachau), et Michel Lippert rendent visite à Röhm dans sa cellule. Ils lui remettent un pistolet chargé d'une seule balle et lui expliquent qu'il a dix minutes pour se suicider, pour éviter une exécution. Après le temps imparti, les tueurs reviennent dans la cellule de Röhm où ils le trouvent torse-nu dans un geste de bravade. Lippert l'assassine à bout portant. Officiellement, il fut exécuté pour homosexualité.

[33] Stepan Andriïovytch Bandera (en ukrainien: Степа́н Андрі́йович Банде́ра), né le 1er janvier 1909 dans la province de Kalouch dans l'Est de l'Empire Austro-Hongrois et mort le 15 octobre 1959 à Munich, était un homme politique, l'un des fondateurs de l'Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) et dirigeant de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN). Il est l'idéologue et le chef du mouvement nationaliste ukrainien. En 1931, il devint commandant de l'UVO. En 1934, Stepan Bandera est condamné à mort pour avoir mené avec onze autres collaborateurs l'attentat contre Bronisław Pieracki, le ministre de l'Intérieur polonais. Cette décision de justice est commuée en emprisonnement à vie. En septembre 1939, face à l’offensive de l’armée nazie, l’administration pénitentiaire polonaise évacue les lieux et les prisonniers, dont Bandera, sortent de prison. En lutte pour l'indépendance de l'Ukraine contre la Pologne et l'Union soviétique, il participe à la création en 1939 de deux bataillons ukrainiens au sein de la Wehrmacht: le bataillon Nachtigall qui avec le bataillon Roland formèrent la Légion ukrainienne. Lors de l’invasion nazie de l’Union soviétique, en 1941, les forces de Bandera se composaient d’au moins 7.000 combattants, organisés en «groupes mobiles» et travaillant en coordination avec les forces allemandes. Stepan Bandera, et son adjoint au sein de l'OUN-B Yaroslav Stetsko, furent les auteurs de la Déclaration de l'Indépendance de l'Ukraine, le 30 juin 1941 à Lviv (Lvov). Après avoir proclamé l’existence d’un Etat ukrainien indépendant sous sa direction en 1941, Bandera fut arrêté et envoyé à Berlin. Il resta toutefois en contact avec les nazis et ses «groupes mobiles» en Ukraine. Toutefois, même si Bandera dirigeait encore les opérations de l’OUN-B depuis Berlin, le programme de nettoyage ethnique était dirigé par Mykola Lebed, le chef du Sluzhba Bespeki, la police secrète de l’OUN-B. Après la guerre, il reste en RFA où il demeure à la direction de l'Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN(B). Il travailla pour les Britanniques à travers une société écran, Research Service on Eastern Europe, une agence qui recrutait en grande majorité des rebelles musulmans à l’intérieur de l’Union soviétique. La liaison fut arrangée par Gerhard von Mende, un ancien nazi de haut niveau qui dirigeait la Division caucasienne du ministère du Reich pour les Territoires orientaux occupés (Ostministerium). En mars 1956, Bandera se retrouva au service de l’équivalent allemand de la CIA, la BND, alors dirigée par le général Reinhardt Gehlen, le chef des services de renseignement militaire pour le front oriental pendant la Deuxième Guerre mondiale.Ici encore, von Mende fut l’un de ses parrains et protecteurs. Bandera fut assassiné par le KGB le 15 octobre 1959, à Munich. Figure controversée, certains le considérent comme un héros national, d'autres comme un collaborateur nazi. Il a été élevé à la dignité posthume de Héros d'Ukraine par un décret signé le 22 janvier 2010 par l’ancien président ukrainien Viktor Iouchtchenko, provoquant une vague de protestations dans la fédération de Russie et au sein de la population russophone d'Ukraine, ainsi que la désapprobation et des mises en garde d'associations d'anciens combattants en Europe. L'attribution de ce titre a été annulée et le décret déclaré invalide en 2011 par Viktor Ianoukovitch, sous le prétexte formel que Bandera n'était pas citoyen ukrainien et donc inéligible à cette dignité.

[34] La déroute militaire allemande sur le front de l'Est entraine un changement dans la politique allemande envers les pays occupés d'Europe orientale. Les Allemands libèrent certains dirigeants nationalistes ukrainiens comme Stepan Bandera et Andry Melnyk dans le but d'en faire des alliés de circonstance. S'en suit la fondation du Comité national ukrainien présidé par le général Pavlo Chandrouk. Outre des dirigeants nationalistes libérés, les fondateurs du Comité comportaient Andry Livytsky, l'hetman Skoropadsky et diverses organisations ukrainiennes. Au début, les autorités allemandes ne reconnaissaient pas ce Comité en tant que tel et voulaient qu'il soit subordonné au général Andreï Vlassov. Devant le refus des Ukrainiens d'obtempérer, ils finissent par le reconnaitre le 12 mars 1945. Les forces armées de ce Comité sont composés notamment d'effectifs de l'Armée de libération ukrainienne et de la Division SS Galicie. Le 25 avril 1945, la Division SS Galicie fit le serment d'allégeance au peuple ukrainien et devint la Première division de l'Armée nationale ukrainienne. La désintégration de l'Allemagne nazie mis fin aux activités du Comité.

[35] Les 29 et 30 septembre 1941, à Kiev, pas moins de 33.000 juifs de tous âges et des deux sexes sont tués au lieu-dit Babi Yar (le «ravin de la vieille femme» en russe). Le drame survient dix jours après l'entrée des troupes allemandes dans la capitale de l'Ukraine soviétique. La ville compte alors 900.000 habitants dont 120.000 juifs environ. Ces derniers ont été convoqués à Babi Yar le 28 septembre, veille de la fête juive du Yom Kippour, par les autorités allemandes et menacés d'exécution sur place en cas de désobéissance. Croyant à un départ vers un camp quelconque, les juifs sont immédiatement conduits par groupes de dix vers le bord du ravin, obligés de se dévêtir et massacrés à la mitrailleuse. Les rescapés du premier massacre et beaucoup d'autres Ukrainiens vont être tués à leur tour et jetés dans le ravin au cours des mois suivants, au rythme de deux jours de tuerie par semaine. Au total, c'est plus de 90.000 personnes qui périront ainsi à Babi Yar. Le site, aujourd'hui boisé, est devenu un lieu de mémoire et de recueillement.

[36] Cf. : LA 2ème GUERRE MONDIALE - La bataille du Dniepr (24.08 - 23.12.1943).

[37] Après la dislocation de l’URSS fin 1991, l'OUN reprend son activité en Ukraine, où elle se réorganise sous le nom de Congrès des nationalistes ukrainiens.


 

Ukrainians greeting arriving Germans in Western Ukraine in the summer of 1941.
"Hitler, the Liberator", Nazi propaganda poster written in Ukrainian.
Les Ukrainiens du bataillon Nachtingal défilent ä Kharkov devant les autorités allemandes en 1941.
Nazi Orpo troops with local Ukrainian collaborationist "Schutzmannschaft".
Himler inspects SS-led Ukrainian legion Michael Karkok.
Nazi Ukrainian personnel, 1943.
Mitglieder der 14. Waffen-SS-Division "Galizien" beim Fahneneid. Membres de la 14e Division de Waffen-SS « Galicia » dans le serment d'allégeance. La 14. Waffen-Grenadier-Division der SS Galizien, abrégé en français par «Division SS Galicie» (en ukrainien : 14-А Гренадерська Дивiзiя СС "Галичина"), fut une unité ukrainienne de la Waffen-SS. Elle fut composée de volontaires Ukrainiens provenant de toutes les régions d’Ukraine (Galicie, Ruthénie, Volhynie, Transcarpatie, région de Kiev), mais la majorité des volontaires provenant des régions d’Ukraine de l’ouest. La division a détruit plusieurs villages polonais dans l’ouest de l’Ukraine pendant l’hiver et le printemps de 1944 notamment avec le massacre des 1.000 habitants du village polonais de Huta Pieniacka (Ukraine), le 28 février 1944. Le 11 mars 1944, les SS ukrainiens commettent un nouveau massacre à Pidkamin, 2.000 personnes, dont la majorité étaient des femmes et des enfants, ont été massacrés par la division SS et l’armée nationaliste ukrainienne (UNA dirigée par Bandera). Un autre massacre contre des civils polonais a eu lieu à Palikrowy, entre le 12 et 16 mars, 365 polonais ont été tués.
14. Waffen-SS-Division "Galizien". „Nur wenige SS-Einheiten hatten so viele Massemörder unter ihren Offizieren wie die Division Galizien. Der fanatische Nationalismus der Ukrainer wurde von den Nazis für ihre Zwecke ausgenutzt, sie führten „Operationen“ aus, die die deutschen Offiziere nicht selbst erledigen wollten ..“ (BBC voice-over). (Bild: polnische Opfer der UPA/OUN-B). Source: http://medienschafe.wordpress.com/2014/03/21/ukraine-3-nachtigall-und-reichsadler/
Memorial to SS-Galizien division in Chervone, Lviv Oblast, western Ukraine.
Hommage à la Division SS «Galicie».
Réhabilitation du nazisme en Ukraine.
Le député Oleh Tyahnybok, leader du partie de l'extrême droite "Svoboda".
Catherine Ashton with (from left to the right): Oleh Tyahnybok, Vitali Klitschko (Klitsch) and Arseniy Yatsenyuk (Yats), antonyms employed by US secretary of state Victoria Nuland.
US secretary of state Victoria Nuland with (from left to the right): Oleh Tyahnybok, Vitali Klitschko (Klitsch) and Arseniy Yatsenyuk (Yats), antonyms employed by her.
"Manifestants" de Svoboda.
Violences des "manifestants" de l'extrême droite à Kiev.
Violences des "manifestants" de l'extrême droite à Kiev.

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Commentaires

02.02 | 10:40

Texte très bien pensé et structuré. Félicitations.

...
11.08 | 18:22
01.06 | 18:03
BATAILLE DU DNIEPR a reçu 1
07.02 | 23:01
ALBUM PHOTOS a reçu 1
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