LA FLAVESCENCE DORÉE DE LA VIGNE

Scaphoideus titanus adulte.

SYNTHÈSE

LA  FLAVESCENCE DORÉE DE LA VIGNE

 

RÉSUMÉ

 

     La «flavescence dorée» est une maladie de la vigne à l'origine de pertes de récolte importantes, aux conséquences souvent irrémédiables pour la pérennité du vignoble.

     Elle se caractérise par un jaunissement des feuilles et un dépérissement du raisin. Maladie en progression favorisée par le changement climatique, On la trouve dans la plupart des zones de production viticole du sud de l'Europe, (Portugal, Espagne, Italie, Suisse, Autriche, Hongrie…), où elle peut occasionner de fortes pertes de récolte et compromettre la pérennité des vignobles.

     Comme d’autres jaunisses végétales, la «flavescence dorée» est causée par des phytoplasmes, sortes de petites bactéries sans paroi de la classe des Mollicutes. Ce sont des parasites intracellulaires obligatoires se reproduisant dans le phloème des plantes et dans des insectes piqueurs-suceurs qui s’en nourrissent. Le principal vecteur des phytoplasmes de la «flavescence dorée» est la cicadelle Scaphoideus titanus,hémiptère originaire des USA. En prélevant du phloème contaminé et en allant se nourrir sur un autre pied, cet insecte propage la maladie de La «flavescence dorée» dans le vignoble, de manière analogue à la propagation de la malaria chez l’homme par les moustiques anophèles. La transmission à longue distance est par contre essentiellement due au transport par l’homme de matériel végétal contaminé pour la plantation.

     La «flavescence dorée» de la vigne a été déclarée organisme de quarantaine par l'Union Européenne en 1993. Des décrets ministériels rendent obligatoire en France la lutte contre la cicadelle vectrice dans les vignes mères de porte-greffes et de greffons sur tout le territoire français, ainsi que pour les vignes en production dans les zones viticoles contaminées. Aujourd’hui, plus de la moitié de la superficie du vignoble français est en zone de lutte obligatoire.

     La «flavescence dorée» de la vigne est incurable : elle n'est contenue que par l'arrachage des ceps contaminés, la prophylaxie de l’état sanitaire des plants de pépinière, et la lutte insecticide contre le vecteur. Ces traitements sont obligatoires, polluants, coûteux, et contrecarrent la démarche de réduction de pesticides de la filière viticole. Ces plans de lutte obligatoire posent en outre d’énormes problèmes aux viticulteurs engagés en Agriculture Biologique ou en processus de conversion vers celle-ci.

 


 

SUMMARY

 

     The «Golden flavescence» is a disease of the vine at the origin of important crop losses, to the often irreparable consequences for the long term sustainability of the vineyard.

     It is characterized by a yellowing of the leaves and a withering of the grapes. This Disease, which is IN progression in consequence of the climate change, is found in most of the areas of wine production in the South of Europe (Portugal, Spain, Italy, Switzerland, Austria, Hungary...), where it can cause heavy crop losses and compromise the survival of the vineyards.

     Like other vegetable jaunisses, The «Golden flavescence» is caused by phytoplasmas, kinds of small bacteria without wall, of the Mollicutes class. They are obligate intracellular parasites reproducing in the phloem of plants and piercing-sucking insects that feed on them. The main vector of The «Golden flavescence» phytoplasmas is the leafhopper Scaphoideus titanus, of the hemiptera order native of the USA. Taking contaminated phloem and going to feed on other foot, this insect is spreading The «Golden flavescence» disease in the vineyard, in a way analogous to the spread of malaria in humans by the anopheles mosquitoes. However, long distance transmission of the disease is essentially due to transport by humans of contaminated plant material for planting or grafting purposes.

     The «Golden flavescence» of the vine was declared quarantine pest by the European Union in 1993. Ministerial decrees make mandatory in France the fight against vector leafhopper (Scaphoideus titanus) in graft rootstock and grafts throughout the French territory, as well as for the vines in production in contaminated wine-growing areas. Today, more than half of the total French vineyard area is in zone of mandatory fight.  

     The «Golden flavescence» of the vine is incurable : it is contained by the grubbing-up of the contaminated vine, prophylaxis of the health status of nursery plants, and the insecticide fight against the vectorScaphoideus titanus,. These treatments are mandatory, polluting, expensive, and thwart the process of reduction of pesticides in the wine industry. These mandatory control plans also pose enormous problems to wine-growers incurred in organic farming or in the process of conversion to it.

 


 

RESUMEN

 

     La «Flavescencia dorada» es una enfermedad de la vid en el origen de importantes pérdidas de cosechas. Las consecuencias a menudo son irreparables para la sostenibilidad de los viñedos.

     Se caracteriza por un amarillamiento de las hojas y un marchitamiento de las uvas. La enfermedad está en Progresión favorecida por el cambio climático, encontrada en la mayoría de las zonas de producción de vino en el sur de Europa (Portugal, España, Italia, Suiza, Austria, Hungría...), donde puede causar fuertes pérdidas en las cosechas y comprometer la sostenibilidad de los viñedos.

     Como otros amarillamiento vegetales, la «flavescencia dorada» de la vid es causada por fitoplasmas, es decir pequeñas bacterias sin pared de la clase DE Mollicutes. Son parásitos intracelulares obligados que se reproducen en el floema de las plantas y en el interior de los insectos chupa-perforantes que se alimentan de él. El principal vector de los fitoplasmas de la "flavescencia dorada" es el saltahojas Scaphoideus titanus, hemíptero nativo de los Estados Unidos. Toma contaminado floema y a continuación va a alimentarse de otro pie, de esta manera este insecto propaga la enfermedad de la «flavescencia dorada» en el viñedo, de manera análoga a la propagación de la malaria por los mosquitos anofeles en los seres humanos. Sin embargo, la transmisión de la enfermedad a larga distancia es esencialmente debida al transporte por los viticultores de material vegetal contaminado para siembra o injerto.

     La «Flavescencia dorada» ha sido declarada  Organismo en cuarentena por la Unión Europea en 1993. Decretos ministeriales hacen obligatoria en Francia la lucha contra el vector saltahojas en viñas madres de porta-injertos e injertos en todo el territorio francés, así como para las vides en producción en zonas contaminadas. Hoy, más de la mitad de la superficie del viñedo francés está en zona de lucha obligatoria.

     La «Flavescencia dorada» de la vid es incurable : está contenida por el arranque de la vid contaminada, profilaxis del estado sanitario de las plantas de vivero y la lucha por insecticidas contra el vector. Estos tratamientos son obligatorios, contaminantes, caros y frustran el proceso de reducción de pesticidas en la industria viti-vinícola. Los mismos planes de control obligatorio también plantean enormes problemas a los viticultores incurridos en la agricultura biológica o en proceso de convertirse a ella.  

 


 

ANALYSE

Symptômes de la flavescence dorée : Grappes séchées.

LA  FLAVESCENCE DORÉE DE LA VIGNE

 

Nom de la maladie : La «flavescence dorée» (FD) de la vigne.

 

- Agentpathogène : phytoplasme[1].

Il s'agit d'une petite bactérie dépourvue de paroi cellulaire et localisée dans le liber de la plante. C’est un parasite strict, qui a besoin pour vivre d’utiliser l’activité métabolique des cellules qu’il infecte. Il circule dans la souche et s'y conserve à vie. Il se multiplie dans la vigne et dans la cicadelle (Scaphoideus titanus) qui le transporte.

Cet insecte acquiert les phytoplasmes de la «flavescence dorée» lors de la prise alimentaire sur une vigne infectée. Puis les phytoplasmes colonisent le corps de l’insecte et s’y multiplient. La croissance se fait dans les glandes salivaires, le tractus intestinal, l'hémolymphe, intra-cellulairement. Une période de latence d’un mois est nécessaire pour que la cicadelle devienne infectieuse et transmette les phytoplasmes à une nouvelle plante, à chaque fois qu’elle se nourrit et ce jusqu’à sa mort. Il n'y a pas de transmission des phytoplasmes à la descendance.

Le cycle des phytoplasmes dans le vecteur comprend le passage de plusieurs barrières tissulaires qui nécessite des interactions entre les protéines du phytoplasme et de l’insecte. Le temps de latence avant la transmission varie de 10 à 45 jours suivant la température. L'acquisition des phytoplasmes est rendue plus efficace par les larves du vecteur. Le phytoplasme peut également être transmis par le matériel végétal infesté.

 

- Origine

La maladie à phytoplasme serait originaire d’Europe puisque les dernières recherches génomiques montrent que des phytoplasmes analogues ont toujours été présents au départ sur des plantes sauvages, telles que l’aulne et la clématite. Il y a plusieurs hypothèses pour expliquer le passage du phytoplasme des plantes sauvages vers la vigne.

Quoiqu'il en soit, la faible diversité génétique, la rapidité de propagation de la  maladie au vignoble, ainsi que l’absence de différences de virulence entre souches suggèrent que les souches prédominantes aujourd’hui en Europe ont été propagées par le transport de plants de vignes contaminés, relayé ensuite par la transmission de la «flavescence dorée» de vigne en vigne par l’insecte vecteur.

 L’insecte vecteur de la maladie, la cicadelle (Scaphoideus titanus), est originaire d’Amérique du Nord (Grands Lacs des Etats-Unis). D’après les données historiques, la cicadelle a été accidentellement introduite d'Amérique du Nord en Europe au début du siècle dernier. La région viticole de la côte Est des États-Unis est l’origine la plus probable des populations européennes. En Europe, il a été observé pour la première fois en 1958 dans un vignoble du sud-ouest de la France et s'est répandue rapidement dans une grande partie du vignoble français, puis a colonisé l’Italie, la Suisse, le Sud et une grande partie du Centre de l'Europe.

L’introduction de la cicadelle pourrait être liée aux importations massives de bois de vigne depuis les États-Unis destinées à lutter contre la crise du mildiou et la crise phylloxérique en Europe, et qui, dans leur grande majorité ont été effectuées avant 1930. Pendant cette période, un grand nombre d’œufs de Scaphoideus titanus ont probablement été introduits à plusieurs occasions et en provenance de la même région du Nord des États-Unis.

La maladie à phytoplasme a été caractérisée pour la première fois en 1949 sur la vigne en Armagnac. Cette année-là, la flavescence dorée ne concernait que très peu de ceps regroupés dans une zone géographique restreinte. La nature de la maladie n'a pas été immédiatement élucidée. Une des premières hypothèses émises était que la flavescence dorée résultait d'une asphyxie des racines. Caudwell propose alors l'hypothèse d'une jaunisse à virus. Cette catégorie de maladie étant transmise par un vecteur animal, on a recherché ce vecteur et trouvé la cicadelle (Scaphoideus titanus) en 1958 dans un vignoble bordelais. Ce n’est que quelques années plus tard que l'agent pathogène a été mis en évidence lorsque les techniques de microscopie ont permis d’observer ces organismes de très petite taille, et grâce à la mise au point d’un système expérimental constitué d’une autre cicadelle et de la fève pour plante hôte.

 

- Plante-hôte  

La Vigne.

 

- Vecteur : Scaphoideus titanus Ball (Insecta, Homoptera, Cicadellidae).

La cicadelle Scaphoideus titanus (anciennement Scaphoideus littoralis) est un insecte hémiptère piqueur suceur de la famille des Cicadellidae, sous-famille des Deltocephalinae. Il est principalement présent en Europe sur la seule espèce de vigne cultivée (Vitis vinifera). C'est un insecte piqueur-suceur, qui n'occasionne pas de dégâts directs à la Vigne, mais qui propage la maladie en prélevant du phloème contaminé sur un pied et en allant se nourrir sur un autre pied, où il procède à des injections de salive avant de prélever de la nourriture.

 

Noms communs : Cicadelle de la vigne (FR); Vine leafhopper (GB);  Amerikanische Rebzikade (DE) ; Cicadula de la vid (ES) ; Cigarrinha da vinha (PT); Cicadella della flavescenza dorata (IT).

 

Description - Biologie :

Adulte : 5-7 mm de long, corps de forme allongée, de couleur ocre, tacheté de marbrures brunes sombres ; il apparaît fin juillet-début août et disparaît en septembre, après l'accouplement et la ponte.

Larve : de couleur blanc hyalin, aux 2 premiers stades, passe progressivement au jaune avec une pigmentation brune sur l’abdomen puis le thorax, 2 points noirs à l’extrémité de l’abdomen ; elle passe par 5 stades d'une semaine chacun.

Œufs : L’œuf, bistre clair, mesure 1 mm, est allongé et aplati. Les œufs sont déposés à la fin de l'été dans les anfractuosités de l'écorce par groupes de 10 à 12. Les 1ères éclosions débutent à la mi-mai et se poursuivent jusqu'en juillet.

Cycle de vie : 1 génération annuelle. Les études récentes menées à Bordeaux ont montré que les températures hivernales froides ne sont pas indispensables à la levée de diapause et qu’elles affectent la proportion de mâles et femelles au cours du temps, ce qui impacte la propagation de la maladie car les mâles ont une meilleure capacité de vection que les femelles.

 

- Les symptômes

La «flavescence dorée» est identifiable par observation simultanée de plusieurs symptômes sur un même rameau.

1. Sur feuilles

Au printemps : retard au débourrement.

Pendant l’été : rougissement pour les cépages rouges et jaunissement pour les cépages blancs. Ces décolorations sont plus ou moins bien délimitées par les nervures. Ces dernières prennent une teinte jaune crème, les entre-nœuds se raccourcissent, la vigne prend un port pleureur. Les feuilles deviennent épaisses, rigides, cassantes et s'enroulent "en tuile" de façon plus ou moins importante selon les cépages. L’intensité de ces symptômes peut varier d’un cépage à un autre.

Remarque : Comme un grand nombre d'insectes piqueurs-suceurs, Scaphoideous titanus montre une forte attraction pour le jaune. Il semblerait que cette attraction soit associée aux jeunes feuilles en développement, plus riches en azote et donc potentiellement de meilleure qualité nutritionnelle pour l’insecte. La couleur verte exerce une attraction sur Scaphoideous titanus plus faible, mais quand même relativement importante. L’attractivité de ces couleurs sur l'insecte se révèle cruciale dans la propagation de la flavescence dorée. Ainsi, les insectes sont plus attirés par les feuilles jaunies des cépages blancs atteints de flavescence dorée, instaurant une sorte de cercle vicieux de contagion. Cette attractivité des plantes infectées pourrait en partie expliquer la propagation rapide de la maladie.

2. Sur rameaux

Les sarments n'aoûtent pas ou de façon partielle, ils restent verts et caoutchouteux ce qui donne un port retombant à la souche.

3. Sur inflorescences ou grappes

L'inflorescence se dessèche, la rafle et les baies flétrissent. Il suffit qu’un seul rameau présente ces symptômes pour que la souche puisse être considérée comme contaminée. En effet, le phytoplasme n’est pas réparti de manière homogène dans le cep. A plus ou moins long terme, la souche infestée meurt.

Ces symptômes sont localisés sur une partie de la souche ou concernent la totalité du cep. Il existe aussi des variabilités selon :

- l'importance de la maladie ;

- la vigueur du pied (état de stress hydrique ou de carence,...) ;

- le cépage (cabernet sauvignon et sauvignon, par exemple, sont très expressifs alors que merlot et sémillon sont peu expressifs).

La flavescence dorée est une maladie difficile à détecter car les trois symptômes caractéristiques apparaissent majoritairement en milieu de saison, pas forcément tous les ans, ni sur tous les rameaux.  Surtout, ils sont identiques aux symptômes d'autres jaunisses à phytoplasmes de la vigne telles que le bois noir.

L'observation simultanée de ces symptômes fait présumer de la présence de la «flavescence dorée». Malgré tout, ce diagnostic visuel doit être confirmé par un test de laboratoire. En effet, comme d'autres maladies à jaunisses peuvent se manifester par des symptômes similaires à ceux de la «flavescence dorée», il faut réaliser des tests de détection pour déclarer une zone contaminée. Il existe actuellement deux méthodes officielles (PCR nichée et PCR en temps réel), qui permettent de détecter et distinguer les phytoplasmes du «bois noir» et ceux de la «flavescence dorée».

Les symptômes ne sont pas visibles l'année de l'infection (N), ils le seront au plus tôt l'année suivante (N+1) et parfois beaucoup plus tard (N+5). En conséquence, des pieds apparemment sains peuvent héberger le phytoplasme et extérioriser des symptômes plus tard. De plus les vignes mères porte-greffe n'expriment pas de symptômes, les contrôles par sondage sont donc susceptibles de laisser échapper dans la nature des plants infectés.

 

- Les impacts

Ils sont entièrement dus à l’agent responsable : le phytoplasme. Les dégâts directs par piqûre des larves et adultes du vecteur sont négligeables.

La «flavescence dorée» a une incidence économique importante sur le vignoble : elle occasionne des pertes de récolte et compromet sa pérennité, car à plus ou moins long terme, les souches infestées meurent.

 

- Propagation

La maladie se développe par foyers et peut se propager rapidement. Les causes d'introduction du phytoplasme dans une parcelle sont :

  • La plantation de plants contaminés.

    Cependant, la «flavescence dorée» n'est pas généralisée à tous les sarments portés par le pied mère de porte-greffe. Toutes les boutures ne seront donc pas forcément porteuses de phytoplasmes, ce qui rend ce mode de transmission d’autant plus insidieux.

  • La dissémination par le vecteur, la cicadelle de la vigne (Scaphoideus titanus).

La maladie est conditionnée dans son extension géographique par les exigences de la cicadelle qui a besoin à la fois d'un été assez long pour laisser apparaître les adultes et d'un hiver assez froid pour permettre la levée de la diapause. D'autre part, les insectes sont attirés par la couleur jaune des feuilles contaminées par la «flavescence dorée», ce qui favorise la propagation de la maladie.

 

- Localisation

La maladie se concentre à la moitié sud de la France (Languedoc-Roussillon, Midi-Pyrénées, Aquitaine). En Languedoc-Roussillon, la maladie est apparue en 1982, tout d’abord dans l’Aude, puis dans les Pyrénées-Orientales. Depuis lors, la «flavescence dorée»  prend de plus en plus d’ampleur dans les vignobles français. Si au début des années 1990 son développement semblait s'être ralenti, l'apparition de nouveaux foyers en 1997, 1998 et 1999, notamment en Gironde, fait craindre une nouvelle recrudescence. La flavescence dorée a désormais atteint la Saône-et-Loire (où de nombreuses parcelles ont dû être arrachées), la Bourgogne et les Bouches-du-Rhône. Sans prophylaxie adaptée, 80% du vignoble français serait touché en 2030.

La «flavescence dorée» est aussi présente dans les vignobles de tout le sud de l’Europe, du Portugal aux Balkans.

La maladie de la «flavescence dorée» de la vigne est de caractère épidémique avec une progression très rapide du nombre de ceps malades. Cette caractéristique rend la lutte indispensable et obligatoire. Elle doit être collective pour être efficace.

 

- Lutte

Il n’existe aucun moyen de lutte contre l'agent responsable de la maladie de la «flavescence dorée», à savoir le phytoplasme. Seule la protection préventive pour limiter l'extension de la maladie et la lutte essentiellement chimique (préparations à base de roténone et du pyrèthre) contre son vecteur, à savoir la cicadelle (Scaphoideous titanus), est efficace.

La «flavescence dorée» a été déclarée maladie de quarantaine par l'Union Européenne en 1993. Des décrets ministériels rendent obligatoire en France – et ce, depuis 1987 - la lutte contre la cicadelle vectrice dans les vignes mères de porte-greffes et de greffons sur tout le territoire français, ainsi que pour les vignes en production dans les zones viticoles contaminées par la flavescence dorée. En 2013, 9 régions viticoles étaient concernées avec un périmètre de lutte obligatoire de 440.000 hectares, soit 58 % du vignoble français.

En zone de lutte obligatoire, la lutte contre l’insecte vecteur est obligatoire. Cette lutte systématique repose sur :

• La lutte insecticide contre le vecteur, 3 traitements insecticides en période de végétation à des dates définies par le SRPV ou le SRAL. Ces trois traitements obligatoires posent des problèmes en Agriculture Biologique.

• La déclaration de tout cas de «flavescence dorée» et la destruction des plantes contaminées.

L’assainissement repose sur le repérage et l’arrachage les souches contaminées. La réglementation impose même l’arrachage complet et la destruction par le feu des parcelles dont la proportion de ceps atteints dépasse un certain seuil (20 % en Languedoc-Roussillon).

Pour limiter les risques de dissémination, une surveillance annuelle des vignes mères de greffons est obligatoire, et toute souche malade doit être signalée auprès des services de contrôle avant arrachage de la souche. Une destruction des lots de plants issus de cette parcelle par greffage l'année précédente pourra être ordonnée, avec comme alternative dans certains cas, leur traitement à l'eau chaude (50°C pendant 45 minutes) avant livraison aux viticulteurs. La vigne mère incriminée est alors placée en quarantaine et une nouvelle exploitation des bois ne sera possible qu'après 2 années d'absence totale de symptômes.

 

Réglementation

Le phytoplasme de la «flavescence dorée» figure à l’annexe II, A, II de la Directive 2000/29/CE du Conseil du 8 mai 2000, qui stipule que :

"son introduction et sa dissémination sont interdites sur le territoire de l’Union européenne, ce qui justifie l’adoption de mesures réglementaires destinées à mettre en circulation des plants présentant toutes les garanties phytosanitaires".

Il figure par ailleurs à l’annexe A de l’arrêté du 31 juillet 2000 établissant la liste des organismes nuisibles aux végétaux, produits végétaux et autres objets soumis à des mesures de lutte obligatoire, et est donc de lutte obligatoire en France de façon permanente et sur tout le territoire. L’arrêté du 9 juillet 2003 relatif à la lutte contre la flavescence dorée et son agent vecteur précise les modalités de cette lutte sur tout le territoire national. Enfin, chaque année un arrêté préfectoral organise la lutte obligatoire contre la ou les jaunisses de la vigne dans les départements concernés.

La lutte contre l'agent vecteur de la «flavescence dorée», Scaphoideus titanus, doit être réalisée au moyen d'un insecticide homologué ; les dates d'applications sont précisées par le SRAL (Service Régional de l’Alimentation). Les propriétaires ou exploitants sont tenus de déclarer la présence de flavescence dorée ou de bois noir au Service Régional de la Protection des Végétaux ou au Service Régional de l’Alimentation ou au maire de la commune.

Pour faire face au fléau que représente la «flavescence dorée», de nouvelles règles encore plus strictes sont imposées aux producteurs depuis le 1er janvier 2014 : prospection et surveillance dans les vignobles, lutte contre le vecteur, traitement à l’eau chaude des plants en fonction du risque (cf. arrêté du 19 décembre 2013, dans sa version consolidée au 01.01.2014).

Les recherches actuelles ont pour objectif de mettre en place des stratégies de lutte de type "push-pull" contre l'insecte vecteur et permettant une diminution des intrants chimiques. La culture est rendue répulsive par utilisation par exemple du kaolin, tandis que des produits attractifs (par exemple des extraits végétaux de différentes espèces américaines de Vitis) permettent d'attirer les ravageurs dans une zone pour les détruire de façon ciblée. Une autre technique de lutte possible contre la cicadelle consiste à émettre des vibrations créées artificiellement afin de perturber la communication entre les deux sexes, le but étant que le mâle ne puisse plus localiser de femelles et qu'il n'y ait donc plus d'accouplements. On vise aussi sur l’utilisation d’ennemis naturels de la cicadelle, prédateurs ou parasitoïdes. Les travaux de recherche portent également sur la recherche d’assemblages porte-greffe/greffon résistantes à la «flavescence dorée».

 

Dr. Angel ANGELIDIS

ex-Conseiller au Parlement Européen

chargé de l’agriculture, des forêts

et du développement rural

Bruxelles, avril 2015



[1] Les phytoplasmes sont des bactéries sans paroi et dépourvues de forme spécifique aussi appelés procaryotes (pléïomorphes) qui se se reproduisent dans le phloème des plantes et des insectes piqueurs-suceurs de phloème. Ils appartiennent à la classe des Mollicutes. Les phytoplasmes sont des parasites intracellulaires obligatoires qui, comme la plupart des Mollicutes, présentent un petit génome inférieur à 1 Mpb. À leur découverte, ils ont été nommés MLO (sigle de «Mycoplasma Like Organism») en raison de leur ressemblance (en microscopie électronique) avec les mycoplasmes.

 


 

Copyright: Dr. Angel ANGELIDIS, Bruxelles, 2015

 


  

Œufs, larves et adultes de l'insecte vecteur Scaphoideus titanus.
Scaphoideus titanus mating.
Symptômes de la flavescence dorée : Rougissement des feuilles de cépages rouges dues à la flavescence dorée.
Vignoble de cépages rouges infecté par la flavescence dorée, Aquitaine, France.
Symptômes de la flavescence dorée : Jaunissement des feuilles de cépages blancss dues à la flavescence dorée.
Vignoble de cépages blancs infecté par la flavescence dorée, Bouches du Rhône, France.
Symptômes de la flavescence dorée : Grappes séchées.
Pays du sud et du centre d'Europe atteints par la flavescence dorée de la vigne.
Progression de la maladie de la flavescence dorée de la vigne en France.

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Commentaires

02.02 | 10:40

Texte très bien pensé et structuré. Félicitations.

...
01.06 | 18:03
BATAILLE DU DNIEPR a reçu 1
07.02 | 23:01
ALBUM PHOTOS a reçu 1
01.02 | 17:53
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