PARTIE I - LES ANNÉES DE LA GUERRE - 1917

 LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

"REPÈRES CHRONOLOGIQUES

DÉTAILLÉS"

DOC AA-20 FR-07-2015

PARTIE I : LES ANNÉES DE GUERRE

 

1917

1er janvier 1917 : L'Empire ottoman dénonce les traités de Paris et de Berlin (1856 et 1877, respectivement) et annonce vouloir retrouver le plein exercice de sa souveraineté.

1er janvier 1917 : les forces des empires centraux progressent sur le Front de l’Est au prix de durs combats dans les vallées de l'Oïtuz et de la haute Putna (frontière russo-roumaine).

3 janvier 1917 : le gouvernement français nomme un agent diplomatique (M. De Billy) auprès du gouvernement provisoire grec de Venizélos basé à Salonique. C'est le premier État à reconnaître officiellement ce gouvernement.

5 janvier 1917 : dans un message de nouvel an, l’empereur Guillaume II appelle les troupes allemandes au «combat sans merci» contre l'Entente.

7 – 8 janvier 1917 : Victoires allemandes en Roumanie. Le 7 janvier, les forces germano-bulgares s’emparent de Braila (Roumanie). Le 8 janvier, la bataille de Putna en Roumanie s'achève en faveur des troupes allemandes. Le front se stabilise en Moldavie méridionale, sur le cours de la Sereth. Les Empires centraux occupent désormais les trois-quarts de la Roumanie. Les ressources agricoles et pétrolières roumaines leur permettent d’atténuer les effets du blocus naval imposé par l’Entente depuis 1914.

8 janvier 1917 : sur le front de Riga, les Russes parviennent à contenir l'offensive allemande.

8 janvier 1917 : début de la première vague de grèves en France.

9 janvier 1917 : le navire britannique «Cornwallis», qui avait participé à la Bataille des Dardanelles (notamment lors de l’évacuation de Suvla en décembre 1915), est coulé en Méditerranée par le sous-marin allemand U-32.

9  janvier 1917 : victoire des Britanniques face aux Turcs à Magruntein (Palestine).

9 janvier 1917 : suite au rapport de l’amiral von Holtzendorff, sous l'insistance de von Hindenburg et contre l'avis de son gouvernement, l’empereur Guillaume II choisit de reprendre la guerre sous-marine à outrance à partir du 1er février. Cette décision n'est rendue publique que le 31 janvier 1917.

10 janvier 1917 : conférence interalliée à Rome. La Triple-Entente fait connaître ses buts de guerre : évacuation des territoires occupés, retour de l'Alsace-Lorraine à la France, réparation des dommages subis, émancipation des Tchèques, Slovaques, Roumains et Yougoslaves, affranchissement de toutes les nationalités sous domination turque[1]. Malheureusement, les Alliés trahiront eux-mêmes ce principe et toléreront les génocides perpétrés par les Turcs, durant et après la fin de la guerre (cf. infra).

13 janvier 1917 : les Britanniques procèdent à l'encerclement de Kut-el-Amara en Mésopotamie.

15 janvier 1917 : un navire anglais coule le sous-marin U-56 en Méditerranée.

16 janvier – 3 février 1917 : les Britanniques interceptent et déchiffrèrent un télégramme du ministre allemand des Affaires Étrangères, Arthur Zimmermann, donnant instruction à l'ambassadeur allemand aux États-Unis, Heinrich von Eckardt,  de prendre contact avec le gouvernement mexicain afin de proposer à ces derniers une alliance militaire[2]. Il faut attendre le 23 février avant que le «télégramme Zimmermann» soit transmis aux Américains par les Britanniques, après avoir réussi à s'en procurer un exemplaire via leur ambassade à Mexico, ce qui les protège d'une accusation d'espionnage des communications des États-Unis (cf. infra).

16 janvier 1917 : l'état-major allemand décide de reprendre la guerre sous-marine à outrance.

22 janvier 1917 : le président des États-Unis, Woodrow Wilson, plaide pour une «paix sans vainqueurs».

23 février 1917 : Bénito Mussolini est blessé sur le front du Carso. Hospitalisé, puis réformé, il retourne à ses anciennes occupations de directeur du quotidien Il «Popolo d'Italia».

25 janvier 1917 : la «Royal Navy» prend le port de Wejh sur la mer Rouge. Cela permet aux Hachémites de prendre le contrôle de près de 300 m de la côte de l'Arabie et au prince Fayçal d'y installer ses bases d'opération.

28 janvier 1917 : Paris crée le détachement français de Palestine-Syrie afin d'assurer une présence d'occupation française dans les territoires conquis sur l'Empire ottoman.

31 janvier – 2 février 1917 : Conférence interalliée à Pétrograd.

1er février 1917 : l’Allemagne proclame la guerre sous-marine totale contre tous les navires, même neutres, qui commerceraient avec les Alliés. Les Etats-Unis protestent vivement, rompent les relations diplomatiques et engagent plusieurs pays à faire de même.

1er février 1917 : arrivée de la 1ere division d'infanterie portugaise à Brest. Elle sera intégrée à la 1ere armée britannique dans le secteur d'Arras.

3 février 1917 : rupture des relations diplomatiques entre les États-Unis et l'Allemagne.

4 février 1917 : création d'un Conseil de Flandres, s'appuyant sur l'occupant allemand et ayant pour objectif la partition de la Belgique.

4 février 1917 : Brasse-camarade à la tête de l'Empire ottoman. Démission du grand vizir Said-Halim. Il laisse la place à un gouvernement Jeunes-Turcs formé autour de Talaat- Pacha (un des responsables  du génocide des Arméniens).

9 février 1917 : les Allemands commencent la mise en place du «plan Alberich». Préparé dans le plus grand secret par von Ludendorff, le «plan Alberich» est une manœuvre de repli tactique vers une position fortifiée nommée «Ligne Hindenburg». La manœuvre dure tout le mois de février, camouflée par des attaques allemandes à l'est de la Meuse et dans la Somme. Ce plan de repli comprend la destruction de toutes les infrastructures toujours présentes sur le terrain.

11 février 1917 : 3ème bataille de Kut-el-Amara. Les Britanniques repassent à l’attaque et prennent la ville 5 jours plus tard.

13 février 1917 : d'importantes grèves frappent les usines d'armement de Pétrograd. Le 18 février, le général Khabalov reçoit les pleins pouvoirs pour y rétablir l'ordre.

14 février 1917 : une attaque allemande pénètre d'un kilomètre les positions françaises autour de la butte du Mesnil en Champagne.

24 février 1917 : victoire alliée sur l’Ancre (Somme) : les Allemands battent en retraite devant les Britanniques.

25 février 1917 : le sous-marin allemand U-50 coule le "Laconia" (le plus rapide des paquebots anglais) à 11 kilomètres (six milles) à l'ouest du Fastnet (Irlande). Le correspondant du Chicago Tribune Floyd Gibbons, présent à bord du «Laconia» lors du torpillage, s'est rendu célèbre grâce à son reportage sur l'événement.

1er mars 1917 : le «télégramme Zimmerman» sur le projet d’alliance germano-mexicaine contre les USA (cf. supra) est rendu public. L'émotion est alors immense. Les Américains crurent d'abord à une supercherie destinée à les faire entrer en guerre du côté des Alliés. Cette opinion était entretenue par les diplomates allemands, mexicains et japonais, par les pacifistes américains, et par les groupes de pression pro-allemands, qui dénoncèrent tous une contrefaçon. Devant les doutes, le président Wilson demande qu’il soit soit examiné par un expert américain. Contre toute attente, Zimmermann confirma lui-même son authenticité les 3 et 29 mars 1917. Suite à cette débâcle diplomatique, il dut démissionner le 6 août 1917. Wilson demande au Congrès le 02.04.1917 de déclarer officiellement la guerre à l'Empire allemand. Après le torpillage du «Vigilentia», le 06.041917, le Congrès américain vote «la reconnaissance de l'état de guerre entre les États-Unis et l'Allemagne».

3 mars 1917 : mis au courant des difficultés de ravitaillement auxquelles fait face l'armée russe, les Allemands reprennent l'offensive en direction de l'Ukraine.

5 mars 1917 : revenu de sa mission en Russie, le général français De Castelnau fait état de ses doutes sur la capacité de la Russie à poursuivre efficacement la guerre.

8 - 17 mars 1917 : Première révolution russe. Le 8 mars, grève générale à Pétrograd qui paralyse les principales usines de guerre. Depuis le Grand Quartier Général russe, le tsar Nicolas II télégraphie ses ordres au commandant du district militaire de Pétrograd : «Je vous ordonne de mettre fin à tous ces désordres (…) dès demain». Toutefois, le régiment Volinski refuse majoritairement de tirer sur la foule. On relève quand même une quarantaine de morts parmi les manifestants et un officier fut tué par ses hommes. Les grévistes de Pétrograd sont 90.000 à manifester le 8 mars. Ils seront 200.000 le lendemain. Le  10 mars, plusieurs unités militaires de la capitale russe se joignent aux manifestants, d'autres promettent de ne pas tirer sur la foule. La forteresse Pierre-et-Paul et d'autres bâtiments publics sont pris d'assaut. Rodzianko, président de la Douma, télégraphie au tsar: «Les troupes de la capitale ne sont plus fiables… Si le mouvement atteint l'armée, ce sera la ruine de la Russie». Le 12 mars, bloqué par des grévistes, le train de Nicolas II ne peut se rendre à Tsarkoïe-Selo. Le même jour voit le début de l'élection de conseils de soldats dans les régiments russes. Une double autorité se met en place dans le pays: le comité provisoire de la Douma, formé de députés du centre et de la gauche modérée d'un côté, le soviet des députés ouvriers de Petrograd, de l’autre. Installé au palais de Tauride, le soviet est alors présidé par le menchevik géorgien Nicolas Tchkhéidzé, assisté par Kerenski, en tant que vice-président. Le 14 mars, un gouvernement provisoire succède au comité de la Douma, composé par des bourgeois et des nobles libéraux sous la présidence du prince Georgy Lvov. Il ne comprend qu'un seul socialiste Alexandre Kerenski, nommé ministre de la guerre. La France et le Royaume-Uni, alliés de la Russie, reconnaissent le gouvernement provisoire qui assure vouloir continuer la guerre aux côtés de l'Entente malgré les mutineries et désertions qui minent l'armée russe. À la surprise générale, l'État-major russe fait pression sur l'empereur pour que celui-ci abdique «afin de sauver l'indépendance du pays et assurer la sauvegarde de la dynastie». Le général Mikhaïl Alekseïev, soutenu par les commandants des cinq fronts, le convainc… Le 15 mars le tsar Nicolas II, en raison de l’état de santé de son fils Alexeï, abdique en faveur de son frère le grand-duc Michel. Le 16 mars celui-ci renonce au trône. Dans quelques jours, la dynastie des Romanov a cessé de régner. Le 19 mars, les Soviets demandent l'arrestation de Nicolas II et de sa famille et le 20 mars, le gouvernement provisoire russe donne suite à cette demande et décide leur arrestation. Le tsar et sa famille sont emprisonnés d'abord dans le palais «Alexandre» à Tsarskoïe Selo près de Saint-Pétersbourg, puis dans la maison du gouverneur à Tobolsk et finalement dans la villa Ipatiev, à Ekaterinbourg au-delà des Ourals. Les occidentaux ne feront rien pour les délivrer[3]. Nicolas II, son épouse, son fils, ses quatre filles, le médecin de la famille, son domestique personnel, la femme de chambre et le cuisinier seront finalement assassinés par les bolcheviks, sur les ordres de Lénine, dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918[4]. La démission du prince Lvov en juillet 1917, permet à Kerenski de diriger un cabinet de transition. À la fin du mois de juillet, avec l'accord du soviet, il forme un nouveau gouvernement à majorité socialiste. Il instaure une République russe le 14 septembre 1917 qui sera liquidée par Lénine trois mois  plus tard.

11 mars 1917 : les armées britanniques du général Maude s'emparent de Bagdad, malgré une forte résistance de l'armée ottomane.

11 mars 1917 : Bataille du lac Prespa en Macédoine grecque. Suite à un bombardement intense, la 76ème Division française de l’Armée d’Orient attaque les positions bulgares à Crvena Stena à l'ouest de Monastir, où elle s'est emparée de quelques retranchements fortifiés autour des villages de Dihovo, Tirnova (Tirnovo) et Snegovo. Mais la résistance des Bulgares s'est révélée plus vigoureuse que prévue et, avec un extrême mauvais temps, l'attaque a échoué.

13 mars 1917 : préparatifs à l'offensive Nivelle sur le Front de l’Ouest. Les troupes britanniques et françaises «testent» les défenses allemandes entre le sud d'Arras et le nord de Soissons. Elles constatent l'importance des installations défensives de la nouvelle Ligne Hindenburg.

14 mars 1917 : pris à partie à la Chambre des députés, le général Lyautey interrompt son intervention et démissionne de son poste de ministre de la guerre. Le 17 mars, Aristide Briand remet sa démission à la suite de celle du général Lyautey. Le 21 mars, Le  gouvernement Ribot, formé la veille, obtient la confiance à l'unanimité.

14 mars 1917 : le président Wilson ordonne l’armement des bateaux de commerce après le torpillage de l' «Algonquin», un navire marchand américain par un sous-marin allemand. 15 mars 1917 : les Britanniques franchissent le Tigre et arrivent à Bagdad. Ils soutiennent la révolte arabe contre l’Empire ottoman.

15 – 19 mars 1917 : repli des forces allemandes («opération Alberich») entre Arras et Soissons sur la «ligne Hindenburg».

15 mars 1917 : le Congrès américain autorise l’armement des navires de commerce.

18 mars 1917 : première parution du journal du parti bolchévique «la Pravda» (la Vérité). La rédaction du journal est assurée par Kamenev et Staline, tout juste libérés de leur exil sibérien.  Dans le courant du mois de mars, Lénine envoie à la Pravda, une série de textes - appelés par la suite les «lettres de loi» - dans lesquels il prône le renversement du Gouvernement provisoire.

19 mars 1917 : fin de l'«opération Alberich» pour les Allemands. L'armée allemande termine son installation sur la «Ligne Hindenburg» sans que les armées de l'Entente ne soient arrivées à exploiter ce repli.

21 mars1917 : des honneurs pour le SMS «Möwe». Le croiseur auxiliaire allemand SMS «Möwe» rentre au port de Kiel malgré la surveillance dont il faiait l'objet de la part de la «Royal Navy». En quatre mois, le SMS «Möwe» s'est saisi de 25 navires de l'Entente. Tout son équipage reçoit la croix de fer[5].

26 mars 1917 : 1ère Bataille de Gaza. Elle fait partie de la campagne du Sinaï et de la Palestine, durant la 1ère Guerre mondiale. Le général britannique Sir Archibald Murray commence à envahir cette province turque en tentant de percer la ligne Gaza-Beersheba avec 16.000 soldats. L'attaque dirigée par des unités sous les ordres du général Sir Charles Dobell est un échec en raison d'une mauvaise organisation des Britanniques, d'un manque de communication entre les unités d'infanterie et de cavalerie et de la résistance turque. Les Turcs, qui disposent du même nombre de soldats, perdent 2.500 hommes lors des combats, tandis que les pertes britanniques s'élèvent à près de 4.000 hommes. En dépit de cet échec Murray sera cependant autorisé à lancer une deuxième attaque contre les Turcs.

27 mars 1917 : les Bolcheviks s’activent. Lénine tente de trouver le moyen de rentrer le plus vite possible en Russie. Les Bolcheviks prennent contact, via l'intermédiaire de socialistes suisses, avec des agents allemands. Zinoviev représente Lénine durant les négociations avec ceux-ci. Lénine pose comme condition que le wagon du train qui transportera les révolutionnaires russes bénéficie d'un statut d'extraterritorialité, afin d'éviter toute accusation de coopération avec l'Allemagne. Le voyage en train passe ensuite à la postérité sous le nom du «wagon plombé» - il s'agissait en réalité d'un train ordinaire - et suscite par la suite une polémique, certains accusant Lénine d’avoir été acheté par le gouvernement allemand. En fait, Lénine et les Allemands ont consciemment tiré avantage les uns des autres, chacun profitant de cette alliance momentanée pour favoriser ses propres intérêts. L'Empire allemand voit surtout d'un très bon œil le retour en Russie d'agitateurs politiques, et compte sur Lénine pour déstabiliser la Russie. Lénine, quant à lui, use de tous les moyens disponibles pour atteindre ses objectifs révolutionnaires : la paix immédiate, le pouvoir aux soviets, les usines aux ouvriers et les terres aux paysans. Lénine quitte Zurich par train le 27 mars. Outre Lénine, le train transporte une trentaine de Bolcheviks, dont Grigori Zinoviev, Inessa Armand et Karl Radek. Lénine traverse l’Allemagne en direction la Russie et le 3 avril 1917, il arrive à la gare de Finlande de Pétrograd (Saint Pétersbourg), où il est accueilli par une foule de sympathisants. Il sera accusé par Kerenski d'être un traître et un agent allemand.

27 mars 1917 : adoption par la Chambre des députés français du principe de l'appel de la classe 1918.

27 mars 1917 : en Belgique occupée, les autorités allemandes préparent la séparation administrative entre Flandre et Wallonie.

Fin mars 1917 : T. E. Lawrence s’attaque au chemin de fer reliant Constantinople à Médine

1er avril 1917 : en Allemagne,  les rations de pain sont réduites à 170 gr par jour et celles de pommes de terre à 2,5 kg par semaine.

2 avril 1917 : dans un discours devant le Congrès américain réuni en session extraordinaire, le président Wilson dénonce les agressions et la «perfidie allemande». Dans la nuit, le Congrès vote l'état de guerre contre l'Allemagne par 272 voix contre 50.

3 avril 1917 : rencontre des deux empereurs sur fond de pourparlers de paix. Guillaume II et Charles 1er se rencontrent à Hombourg en Allemagne. Leurs discussions abordent les modalités de négociations de paix avec les puissances de l'Entente.

6 avril 1917 : les États-Unis déclarent la guerre à l'Allemagne. Sur une proposition du président Wilson, le Congrès américain vote l'entrée en guerre des Etats-Unis aux côtés de la France le 02.04.1917 et le Président Wilson signe la déclaration de guerre à l'Allemagne le 6 avril 1917. Les Américains renoncent ainsi à leur neutralité proclamée en 1914. Cependant les États-Unis entrent en guerre sans devenir membres de l'Entente. Ils n'en sont que les «associés», ce qui leur permet de ne pas être liés par les engagements pris auparavant par les belligérants. Le 15 juin 1917 les troupes américaines débarquent à Boulogne. Elles sont commandées par le général John Pershing[6]. Dans les faits, les troupes américaines ne seront engagées sur le Front de l’Ouest qu’au mois de novembre.

7 avril 1917 : dans le sillon des Etats-Unis, Cuba et  Panama déclarent la guerre à l'Allemagne.

9 avril 1917 : attaques de l'Entente à Arras et Vimy. Après deux semaines de bombardement intensif des lignes ennemies, trois armées britanniques s'en prennent aux positions allemandes dans le secteur d'Arras. Les deux premières lignes allemandes sont franchies et les Britanniques avancent de 5 à 7 kilomètres entre Souchez et Croisilles. À Vimy, 35.000 soldats canadiens sous le commandement du général Julian Byng partent à l’assaut de la crête de Vimy. Le lieu, fortifié par les Allemands, est entouré de tranchés, barbelés et nids de mitrailleuses. La majorité des objectifs est atteint dès le soir, mais les combats se prolongeront encore quelques jours. Les Allemands contre-attaqueront et fermeront la brèche, la Ligne Hindenburg ne sera  pas percée. Cette offensive alliée reçut le sobriquet de «Bloody April» de la part des pilotes britanniques qui y ont participé.

11 avril 1917 : le Brésil rompe ses relations avec l’Allemagne.

15 avril 1917 : la Bolivie rompe ses relations avec l’Allemagne.

15 avril 1917 : le cuirassé «Lorraine» appareille en direction des États-Unis avec à son bord le général Joffre et le président du Conseil Viviani. Leur voyage outre-Atlantique doit étudier les modalités de l'intervention américaine dans la guerre et aider le gouvernement américain dans son effort de mobilisation de l'opinion publique américaine. Joffre fut le premier étranger à prendre la parole devant le Sénat américain en tenue militaire.

16 avril – 4 mai 1917 : Seconde bataille de l'Aisne ou Bataille du «Chemin des Dames». Le «Chemin des Dames» est un plateau calcaire, orienté Est-Ouest, situé entre la vallée de l'Aisne, au sud, et la vallée de l'Ailette, au nord. Ce plateau est un bel observatoire, tant vers le nord et la plaine située à l'est entre Reims et Laon, que celle située au sud depuis Soissons. Les Allemands sont présents sur le plateau depuis septembre 1914. Ils ont eu le temps de transformer cet observatoire en forteresse en aménageant les carrières souterraines (Caverne du dragon), en creusant des souterrains permettant de relier l'arrière aux premières lignes, en édifiant et camouflant de nombreux nids de mitrailleuses. Depuis cette date, c'est un secteur relativement tranquille qui n'a pas fait l'objet, depuis la fin 1915, de grosses offensives. Les Allemands tiennent la ligne de crête et les Français sont établis sur les pentes. Pour prévenir une telle offensive, dont l'ampleur ne permet pas de garder le secret absolu, les Allemands se replient du 15 au 19 mars 1917 sur la ligne Hindenburg. Leur front est réduit de soixante-dix kilomètres, permettant d'économiser de nombreuses divisions. L'angle droit de la ligne de front est gommé : la ligne de défense s'étend désormais dans une direction nord-ouest/sud-est de Vimy à Reims en passant par le Chemin des Dames. Les Alliés mettent une semaine à se rendre compte de l'ampleur de ce retrait. est désormais caduc. Nivelle et ses généraux adaptent le plan initial de l'offensive à cette situation nouvelle et dissocient l'attaque anglaise sur Vimy de l'attaque française qui se centrera sur le Chemin des Dames. Les conditions météorologiques sont terribles quand commence l'offensive. En ce printemps 1917, il fait très froid et il neige même le 16 avril. Les Sénégalais, qui se sont entraînés sur la Côte d'Azur, ne sont pas préparés à de telles températures. Le 17 avril, la pluie tombe d'une manière quasiment continue et rend le terrain très boueux. Le mauvais temps gêne les préparations d'artillerie dont les objectifs visés ne seront pas toujours atteints. Les soldats qui s'élancent le 16 avril trouvent des positions allemandes très peu touchées par le bombardement. Ils sont pris en enfilade par des nids de mitrailleuses cachés et sont même parfois pris à revers par des soldats allemands qui sortent des souterrains comme à Hurtebise. La 10ème division d'infanterie coloniale qui s'élance sur Hurtebise est décimée: les pertes s'élèvent à 150 officiers et 5.000 soldats dont la moitié étaient des tirailleurs sénégalais. Les Français y engagent pour la première fois des chars d’assaut. Loin de se dérouler comme prévue, cette attaque rencontre aussi des difficultés dès la première journée, lorsque 80 des 128 chars d'assaut engagés dans le combat sont mis hors-jeu par les Allemands ou à cause des difficultés du terrain. En effet, ces chars sont lourds, lents (4 km/h) et restent souvent prisonniers d'un terrain marécageux. Ce sont donc des cibles faciles pour l’artillerie, d'autant plus que le réservoir d'essence placé sur le côté n'est pas protégé. En fin de journée, les gains de terrain sont minimes. Sur le plateau du Chemin des Dames les forces françaises ont été repoussées. Les pertes en revanche sont considérables : 134.000 hommes dont 30.000 tués pour la semaine du 16 au 25 avril. Bien que le général Nivelle ait promis que l'offensive durerait 24 heures - 48 heures maximum - elle se poursuit durant des semaines. L’offensive se soldera finalement par un échec meurtrier causant la perte de 187.000 Français et de 167.000 Allemands. Elle voit surtout se développer les premières mutineries importantes parmi les Français, dont les Allemands profitent pour lancer une contre-offensive durant la 2ème quinzaine de juin 1917. Cette bataille est vécue comme un échec pour l'armée française. Alors que cette bataille devait être une victoire décisive, elle se solde par de lourdes pertes pour des gains insuffisants. Plus grave encore, son arrêt permet aux Allemands de rétablir leur situation très ébranlée. Ils vont désormais pouvoir se retourner vers l'est, asséner des coups décisifs aux Russes qui se retireront alors de la guerre, puis ramener toutes leurs armées en France pour une offensive majeure en mars 1918. On peut dire que l'échec ou l'abandon de l'offensive Nivelle a entraîné le prolongement de la guerre d'une année, et favorisé la révolution bolchevique. Une commission d'enquête est instituée et dirigée par le général de division Henri Joseph Brugère. Le 15 mai 1917, Nivelle est remplacé par Pétain et plus tard muté à Alger (cf. infra). Brugère ajoute au rapport que «Pour la préparation comme pour l'exécution de cette offensive, le général Nivelle n'a pas été à la hauteur de la tâche écrasante qu'il avait assumée».

17 - 19 avril 1917 : 2ème Bataille de Gaza. Le général britannique Sir Archibald Murray tente une nouvelle fois d'envahir la province turque et de percer les positions ennemies qui courent de Gaza à Beersheba. Appuyées par l'aviation et la marine, les troupes britanniques attaquent à Gaza en utilisant les chars d'assaut et les gaz de combat. Comme dans la première bataille de Gaza en mars, les soldats du général sir Charles Dobell dirigent l'assaut principal. L'attaque frontale de Dobell contre les forces turques, bien protégées par des tranchées, se solde par de lourdes pertes et aucun terrain ne sera conquis. Les pertes britanniques s'élèvent à un total de 6.500 hommes, soit trois fois plus que celles des Turcs.

17 avril 1917 : entrée en action des blindés français, les chars d’assaut Schneider CA1 et Saint-Chamond sur le front entre Berry-au-Bac et le nord de Reims.

17 avril 1917 : premier refus collectif d'obéissance dans l'armée française.

19 avril 1917 : À Saint-Jean-de-Maurienne, Ribot, Lloyd George et Sonnino se concertent autour des propositions de paix officieuses de l'Autriche-Hongrie. Sonnino y déclare exiger le respect des cessions territoriales promises dans l'accord de Londres de 1915 et en présente de nouvelles concernant l'Asie mineure.

20 avril 1917 : accord secret interallié de Saint-Jean de Maurienne concernant le futur partage de l’Empire ottoman, conclu sous réserve du consentement du gouvernement russe. Le gouvernement italien donne son assentiment aux articles 1 et 2 de l’accord franco-britannique de 1916. De leur côté, les gouvernements français et britannique reconnurent «les droits de l’Italie en ce qui concerne les conditions d’administration et d’intérêt» dans une zone verte et une zone C englobant les régions de Smyrne et d’Adalia (Antalya).

20 avril 1917 : Bataille des monts de Champagne, ou «Festival de la grenade» pour l'armée française, qui s'empare du village d'Auberive après quatre jours de combats. 50.000 grenades sont utilisées pendant cette bataille !

21 avril 1917 : Bataille navale dans la Manche. La marine allemande attaque les ports de Douvres et de Calais. La riposte de l'Entente coule deux destroyers allemands.

22 avril 1917 : Mission britannique aux États-Unis. En parallèle de la visite de Joffre et Viviani aux États-Unis, Londres envoie Lord Balfour prendre contact avec les autorités américaines.

23 avril 1917 : les Britanniques prennent Samara à 100 kilomètres au nord de Bagdad.

28 avril 1917 : le Congrès américain adopte l'«Army Bill», prévoyant un appel à des volontaires. Le Congrès adopte aussi le principe du service militaire obligatoire au cas où le volontariat ne donne pas les résultats escomptés. Ce fut le cas.

29 avril 1917 : Pétain est nommé chef d’état-major au Ministère de la Guerre.

30 avril 1917 : Mémoire du général Bourgeois du Service géographique de l'armée française qui suggère de repousser les frontières de la Belgique et de la France sur la rive gauche du Rhin afin de bénéficier d'une sécurité accrue après la guerre.

30 avril 1917 : Bilan de la guerre sous-marine à outrance. En trois mois, les sous-marins allemands ont coulé au-dessus de 800 navires. Un navire de commerce sur quatre n'arrive pas à son port.

3 mai 1917 : les Britanniques réussissent à entamer la «Ligne Hindenburg» dans le secteur de Quéant et prennent Fresnoy.

3 mai 1917 : chute du gouvernement du comte Tisza en Hongrie.

4 mai 1917 : premières mutineries dans deux régiments français près de Laffaux[7].

5 mai 1917 : combat aérien entre les as Albert Ball du Royaume-Uni et l'Allemand Manfred von Richtofen (le «Baron Rouge»). Les deux combattants s'abattent mutuellement, mais seul Ball y laissera sa vie. Jusqu'alors, Albert Ball avait connu 44 combats victorieux, n'étant devancé à ce chapitre que par von Richtofen.

5 mai 1917 : un  Zeppelin allemand bombarde Salonique. Il est touché par les canons du HMS «Agamemnon», ancré dans la rade de Salonique. Il est alors contraint de se poser dans le delta du Vardar, avant d'être finalement détruit par son équipage.

5 mai 1917 : Claude Debussy donne la 1ère audition avec Poulet de la "Sonate pour violon et piano", salle Gaveau à Paris, au bénéfice du "Foyer du soldat aveugle".

5 mai 1917 : dernière relance de l'offensive Nivelle. Le général Nivelle relance son offensive avec les Vème, VIème et Xème armées, qui remportent un succès local dans le secteur de La Malmaison. Les combats, très meurtriers, se poursuivent jusqu'au 7 mai.

6 mai 1917 : contre-attaque allemande en Champagne, sur l'Aisne et en Artois.

9 mai 1917 : Fin de l'offensive Nivelle, qui se termine sans résultats significatifs pour l'Entente. On estime les pertes de l'offensive Nivelle à 200.000 hommes pour la seule armée française et à 350.000 pour l'Entente.

10 mai 1917 : un premier groupe de navires commerciaux organisé en convoi protégé quitte Gibraltar en direction de l'Angleterre afin de tester cette stratégie de lutte anti-sous-marine.

10 mai 1917 : nomination du général américain John Pershing (chef de la ratée «expédition punitive américaine» contre Pancho Villa en 1916-17) à titre de commandant du corps expéditionnaire américain en Europe.

11 mai 1917 : une vague de grèves commence dans les industries d'armement françaises et durent jusqu'en juin.

12 mai - 8 juin 1917 : Douzième Bataille de l’Isonzo. Les Français demandent à Cadorna de lancer une offensive générale dans le secteur de l'Isonzo afin de coordonner leur offensive sur l’Aisne, commencée en avril 1917. Comme convenu, Luigi Cadorna lance la dixième bataille de l’Isonzo le 10 mai 1917, dont l'objectif reste de briser le front austro-hongrois pour accéder à Trieste. Après 2 jours de bombardements sur le front de Tolmino jusqu'à la mer Adriatique, les Italiens lancent une attaque près de Gorizia; le front austro-hongrois est rompu dans la périphérie sud de la ville. Cette fois l’attaque a 2 objectifs. Le premier objectif est de parvenir à effectuer une percée sur la ville de Trieste en traversant le plateau Carsique au sud-est de Gorizia sur un front de 40 kilomètres. Le second objectif, est la conquête du Mont Saint-Gabriel, donnant l’accès à la Vallée de Vipava ouvrant ainsi une seconde voie pour conquérir Trieste. Fin mai l'armée italienne avait atteint la ville côtière de Duino et ne se trouvait qu’à une quinzaine de kilomètres de Trieste. Les Italiens réussissent à capturer, temporairement, Jamiano et plusieurs positions du Haut plateau Karsique près de Monfalcone, mais ils échouent, en voulant prendre le mont Ermada. Les Italiens établissent une tête de pont au nord de Gorizia, entre le Monte Santo et Zagora. Des combats ont également lieu dans le nord des Alpes juliennes, contre les positions fortifiées austro-hongroises du col de Vršič (col de Moistrocca). Le 3 juin, les Austro-Hongrois lancent une contre-offensive et récupèrent presque tout le terrain perdu. Le 8 juin Cardona décide d’arrêter l’offensive. Le nombre de victimes est très important. Les Italiens perdent 157.000 hommes, contre 75.000 pour les austro-hongrois.

13 mai 1917 : capture d’un sous-marin allemand à Newport News (Virginie).

14 mai 1917 : négociations franco-américaines à Washington. La mission française Viviani-Joffre et le secrétaire à la guerre américain Baker s'entendent sur la mise en œuvre de l'aide américaine à l'Entente. Leur accord prévoit l'arrivée en France de 20.000 soldats américains pour juin 1917.

15 mai 1917 : le gouvernement français relève le général Nivelle de son commandement après l'échec de l'offensive du «Chemin des Dames». Pétain le remplace à la tête des armées du nord et du nord-est. Le général Foch est nommé chef d'état-major général au ministère de la guerre. La disgrâce de Nivelle se poursuit avec sa nomination à titre de commandant des troupes françaises d'Afrique du Nord, loin du front, en décembre 1917.

16 mai 1917 : Lloyd George dépose un projet de loi sur le «Home Rule» irlandais à la Chambre des communes.

16 mai 1917 : création du Bataillon féminin de la mort par la russe Maria Bochkareva. Composé exclusivement de femmes, ce bataillon ne participe aux combats que les 8 et 9 juillet 1917 dans la région de Minsk, subissant de lourdes pertes. Sa fondatrice, surnommée Yashka, est arrêtée lors de la Révolution d'octobre, mais s'enfuit aux États-Unis où elle est reçue à la Maison blanche. Aussi surnommée la «Jeanne d'Arc russe», elle rentre en Russie et forme une unité d'infirmières qui accompagne les troupes du général blanc Koltchak. Elle sera capturée par la Tchéka en 1920 et exécutée d'une balle dans la nuque.

17 mai 1917 : arrêté, puis expulsé de France en septembre 1916, arrêté par la police espagnole et embarqué de force avec sa famille pour les États-Unis où il s’installe à New York à partir de janvier 1917, Léon Trotski[8] rentre en Russie après un court séjour dans une prison canadienne de Nouvelle-Écosse.

18 mai 1917 : le Congrès américain vote le «Selective Service Act», qui forçait tous les Américains de 21 à 30 ans à s'enregistrer en vue de leur service militaire. 10 millions d'hommes furent enregistrés en 1917, chiffre qui atteindra 25 millions à la fin de 1918.

20 mai 1917 : mutineries dans l'armée française : 68 des 112 divisions sont touchées ; 629 soldats sont jugés et condamnés et 50 d’entre eux sont exécutés entre avril et juin.

21 mai 1917 : rationnement en France. Interdiction de la vente de viande les lundis et mardis. Cette interdiction s'applique à la vente au public et à sa consommation dans les restaurants.

25 mai 1917 : l'as de l'aviation français Georges Guynemer abat quatre adversaires pendant la même sortie, ce qui porte alors son total à 42 avions ennemis abattus. Guynemer abattit sept avions allemands au total en mai 1917 et sera lui-même tué en mission le 11 septembre 1917.

28 mai – 3 juin 1917 : poursuite des mutineries et des mouvements de contestation. Pour pallier à l'ampleur du phénomène, les autorités militaires françaises dissocient et transfèrent les régiments et bataillons sur différents secteurs du front.

4 juin 1917 : les forces italiennes du général Luigi Cadorna battent en retraite sur le front du Carso.

4 juin 1917 : un premier convoi de navires commerciaux protégés quitte la côte Est des États-Unis pour le Royaume-Uni.

7 – 14 juin 1917 : Seconde bataille de Messines. C’est une offensive de la IIème Armée britannique du général Plumer près de la ville de Messines en Flandre occidentale belge contre la IVème Armée allemande dirigée par le général von Armin. Plus de 8 km de tunnels avaient été creusés depuis janvier par les Britanniques sous les lignes allemandes. Le 7 juin 1917, neuf divisions de l'armée britannique et de l'ANZAC (Australian and New Zealand Army Corps) montent avec succès à l'assaut de la crête de Messines, situé près d'Ypres, entre les vallées de la Lys et de l'Yser. Les troupes britanniques arrivent à dégager la ville d'Ypres de la présence allemande au bout d'une semaine de durs combats. Cette bataille est le prélude d'une opération plus ambitieuse, menée par l'armée britannique au cours de l'été et de l'automne 1917 visant la capture de la crête de Passchendaele, puis la percée du front jusqu'à la frontière hollandaise afin de reprendre la côte belge.

11 juin 1917 : envoi d'un ultimatum de l'Entente au gouvernement  royaliste grec exigeant l'abdication de Constantin 1er dans les 24 heures.

12 juin 1917 : accentuant leur pression sur le gouvernement royaliste d’Athènes, les Alliés débarquent des troupes au Pirée et dans l’isthme de Corinthe. Au même moment, les troupes de l'Entente pénètrent en Thessalie avec mission de «prendre le contrôle» des récoltes.

12 juin 1917 : sous la pression alliée, Constantin 1er quitte Athènes, sans abdiquer formellement, laissant l'exercice du pouvoir à son fils Alexandre.

12 juin 1917 : les troupes belges d'Afrique, appuyées par un embryon d'aviation et dotées de navires, attaquent Kigoma sur la rive est du lac Tanganyika, en chassent les Allemands et pénètrent en Afrique orientale allemande dans le but de faire leur jonction avec les Britanniques.

13 juin 1917 : premier raid aérien des nouveaux bombardiers allemands «Gotha» sur Londres. On compte 104 morts et 439 blessés.

13 juin 1917 : le général Pershing arrive à Paris pour mettre sur pied l'organisation de l'arrivée de l'Armée américaine. Il est accompagné par le jeune capitaine George Patton (qui avait aussi participé en tant qu’adjudant de Pershing à l’«expédition punitive américaine» contre Pancho Villa).

18 juin - 1er juillet 1917 : offensive russe contre l’Autriche-Hongrie («offensive Kerenski»). L'armée impériale russe décomposée suite à l’abdication du tsar Nicolas II, échoue dans la poursuite de la guerre. L'armée russe se désintègre et les forces des Empires centraux réoccupent la Galicie et la Bucovine.

25 juin 1917 : le roi Alexandre de Grèce nomme Venizélos premier-ministre.

26 juin 1917 : la 1ère division de l'armée américaine débarque à St-Nazaire.

28 juin 1917 : malgré l'avis défavorable de la «Royal Navy», Lloyd George impose le principe des convois protégés et réquisitionne la marine marchande britannique.

29 juin 1917 : le gouvernement provisoire du premier-ministre Venizélos déclare la guerre aux Empires centraux. Le 2 juillet, Venizélos assume le pouvoir à Athènes et la Grèce déclare la guerre à l’Allemagne, l’Autriche, la Bulgarie et la Turquie.

29 juin 1917 : l'armée grecque est placée directement sous les ordres du général Sarrail, commandant en chef des armées alliées sur le Front d'Orient.

2 juillet 1917 : Sommet militaire à Vienne entre les empereurs et chefs d'état-major allemands et austro-hongrois.

2 juillet 1917 : Lawrence d'Arabie et ses Bédouins sortent du désert et écrasent un bataillon ottoman à Foweilla.

4 juillet 1917 : Décision de l'Amirauté britannique visant l'extension des zones navales minées aux eaux territoriales danoises et hollandaises, pourtant pays neutres.

5 juillet 1917 : l'armée italienne crée une première unité d'élite de troupes d'assaut, les «Arditi». Cinq autres compagnies suivront.

5 juillet 1917 : sur un champ d'aviation, le général Franchet d'Esperey décore Guynemer, "as" de l'aviation française, commandant l'escadrille des Cigognes.

6  juillet 1917 : une centaine d'avions français bombardent Trier (Trèves), Ludwigshafen et les usines Krupp de la Ruhr pendant la nuit.

6  juillet 1917 : victoire des Arabes à Aqaba. Menés par Thomas Edward Lawrence, les Arabes s’emparent d’Aqaba, ville portuaire stratégique de la mer Rouge. L’officier britannique, connu désormais sous le nom de Lawrence d’Arabie, organise la révolte arabe contre l’empire Ottoman depuis le début de la guerre. Cette victoire s’inscrit dans une lutte efficace des Arabes qui aboutira en décembre 1917 à la prise de Jérusalem et en octobre 1918 à la prise de Damas.

12 – 13 juillet 1917 : 1ère utilisation de l’ypérite (gaz moutarde) par les Allemands dans le secteur d'Ypres. L'ypérite est un gaz vésicant, c'est-à-dire qu'il provoque l'apparition de vésicules sur la peau. Il sera plus tard baptisé ypérite, du nom de la ville d'Ypres.

14 juillet 1917 : le 14 juillet est déclaré "Journée des drapeaux" : prise d'armes et revue ont lieu sur le cours de Vincennes.

15 juillet 1917 : l’empereur Guillaume II nomme Georg Michaelis à titre de ministre allemand des Affaires Étrangères pour remplacer Bethmann-Hollweg. Michaelis se met le Reichstag à dos dès son arrivée en fonction et démissionnera le 31 octobre 1917.

16 juillet 1917 : Brasse camarade à Pétrograd. Des militaires déserteurs manifestent violemment dans les rues de Pétrograd réclamant la démission du gouvernement provisoire et la remise du pouvoir aux soviets. C'est le recours aux Cosaques qui sauvera le gouvernement provisoire. Lénine se réfugie en Finlande le lendemain, 17 juillet 1917.

17 juillet 1917 : à Paris, début de la commission d'enquête devant cerner les causes et responsabilités de l'échec de l'offensive d'avril (offensive Nivelle).

17 juillet 1917 : changement de nom pour la famille royale britannique. Devant le développement d'un sentiment anti-allemand de plus en plus virulent au Royaume-Uni, le roi Georges V décide d'abandonner le nom de famille d'origine allemande de la famille royale, Saxe-Cobourg-Gotha, pour porter dorénavant celui de Windsor. Il en sera de même pour les cousins de la famille royale, les Battenberg, dont le nom d'origine allemande sera remplacé par Mountbatten.

18 juillet 1917 : Alexandre Kerenski devient président du Conseil, en Russie.

19 juillet 1917 : en Russie, alors que les mutineries se multiplient dans les unités du front et même de l'arrière-front, Kerenski est victime d'une tentative d'assassinat. Le lendemain, Kerenski dissout le comité central de la flotte de la Baltique et ordonne l'arrestation de Lénine.

19 juillet 1917 : l’armée allemande oblige les Russes à évacuer la Galicie.

20 juillet 1917 : Déclaration commune du  royaume des Slaves du Sud (Yougoslavie) sous la direction de la dynastie royale serbe.

22 juillet 1917 : entrée en guerre du Siam, qui déclare simultanément la guerre à l'Allemagne et à l'Autriche-Hongrie.

31 juillet - 6 novembre 1917 : 3ème Bataille d'Ypres. Pour l'armée française, cette bataille est dénommée «2ème Bataille des Flandres». Uneoffensive franco-britannique, dirigée par le général Britannique Douglas Haig, est lancée dans les Flandres, sur un front de 25 km en direction de Passchendaele.Les quelques gains de terrain initiaux sont neutralisés par de fortes pluies les jours suivants. Une nouvelle offensive a lieu le 10, puis le 16 août. Les forces britanniques s'engagent dès le 20 septembre dans une bataille d'usure. Le 6 novembre, les Canadiens s'emparent des ruines de Passchendaele. Au cours des combats, les Britanniques perdent 310.000 hommes et les Allemands 260.000 (cf. infra).

août – octobre 1917 : la grippe espagnole, après une première vague au printemps, frappe les civils et les militaires. La pandémie est l'une des plus meurtrières de l'histoire.

Août 1917 : l’officier, aventurier, espion, théoricien de l'insurrection et écrivain britannique Thomas Edward Lawrence, dit Lawrence d’Arabie, publie "Les 27 articles" dans le "Bulletin arabe", organe de liaison de l'armée britannique au Proche-Orient. Il s'agit de conseils aux soldats en contact avec les populations arabes.

1er août 1917 : le Pape Benoît XV qualifie  la guerre d’un «inutile massacre», et lance un nouvel appel à la paix (15.08.1917). Toutefois, ses efforts diplomatiques se heurtent au refus de tous les belligérants.

2 août 1917 : mutinerie sur le navire de guerre allemand «Prinzregent Luitpold». Cinq marins seront condamnés à mort (25.08.1917).

3 août 1917 : succès des Allemands sur le Front de l’Est. Les armées des puissances centrales avancent sur le front russe en se saisissant de Czernowitz et forcent les Roumains à évacuer Kimpolung au sud du même front.

4 août 1917 : le Libéria déclare la guerre à l’Allemagne[9].

5 août 1917 : suggestion de l'industriel français André Citroën publiée par le quotidien français «Le Petit Journal». Après la guerre, Citroën propose la création d'une banque internationale des nations qui émettrait une monnaie internationale, le Simplex. Celle-ci devait faciliter le règlement de la question des dettes de guerre et de la reconstruction.

5 août 1917 : le gouvernement provisoire russe procède à l'arrestation de Léon Trotski.

6 - 20 août 1917 : une puissante contre-offensive des puissances centrales répond à la tentative lancée par l’armée roumaine reconstituée en Moldavie. Les forces allemandes et austro-hongroises sont temporairement contenues au cours de la bataille de Marasesti, le «Verdun roumain». Une mission militaire française commandée par le général Berthelot assiste l’armée roumaine, mais le gouvernement roumain, réfugié à Jassy, ne contrôle plus qu’une petite partie du territoire national et sa capacité à poursuivre la lutte dépend entièrement de l’évolution de la situation en Russie, entrée en révolution depuis le mois de février précédent.

9 août 1917 : la Chambre des communes canadienne adopte le principe du service militaire obligatoire. Cependant, Il faut attendre janvier 1918 avant que le gouvernement du Canada ne force l'appel sous les drapeaux de ses citoyens.

13 août 1917 : De nouvelles attaques allemandes sont lancées dans la région de Verdun et dans l'Aisne.

14  août 1917 : la Chine déclare la guerre à l’Allemagne et à l’Autriche-Hongrie.

16 août 1917 : succès de l’offensive franco-britannique dans les Flandres au nord d’Ypres. Les troupes françaises franchissent le Steenbeck et conquièrent la tête de pont de Drie-Gratchen. Les Anglais s'emparent de Langemark.

16 août 1917 : les troupes britanniques et canadiennes attaquent les Allemands à Lens. Les Canadiens montent à l'assaut de la ville pendant 4 jours, mais ne peuvent prendre la ville.

17 août 1917 : l'état-major britannique des forces navales en Méditerranée (amiral Calthorpe) s'installe à Malte.

18 août - 15 septembre 1917 : Onzième bataille de l’Isonzo. Le général Luigi Cadorna, commandant en chef de l’armée italienne, tente de percer pour la onzième fois, le front austro-hongrois afin de prendre Trieste. Deux armées italiennes sont engagées dans l'offensive. La IIème armée du général Luigi Capello attaque au nord de la ville de Gorizia, tandis que la IIe armée du duc d'Aoste attaque au sud, entre Gorizia et Trieste. Les forces italiennes rassemblent 52 divisions, équipées de 5.000 pièces d'artillerie. Les Austro-Hongrois font face avec 250 bataillons et 2.200 pièces d’artillerie. L'attaque est lancée sur un front qui s'étend de Tolmin jusqu'à la mer Adriatique. La Vème armée austro-hongroise du général Svetovan Borojevic von Bojna bloque rapidement l'avancée du duc d'Aoste dans le sud, mais les Italiens progressent dans le nord. À cet endroit, la IIème armée italienne s'empare du plateau de Bainsizza, mais elle n'arrive pas à percer le front austro-hongrois. Encore une fois, les pertes italiennes sont très lourdes : environ 160.000 hommes tués, blessés ou faits prisonniers, contre 85.000 pour les Austro-Hongrois. Les commandants austro-hongrois pensent que leurs troupes sont sur le point de s'effondrer. Dès lors, ils font appel au haut commandement allemand pour stabiliser le front.

19 août 1917 : succès de l’offensive italienne des troupes du général Capello et du duc d’Aoste contre les Austro-hongrois sur le plateau de Bainsizza. Les combats font 200.000 morts en deux mois durant l’été. Les mutineries et les désertions se multiplient, tandis que l’arrière-pays se révolte.

20 août 1917 : offensive française sur Verdun (Seconde Bataille de Verdun). L'armée de Verdun, sous les ordres du général Adolphe Guillaumat, attaque à gauche et à droite de la Meuse, sur un front de 18 kilomètres. le Régiment de marche de la Légion étrangère sous les ordres du lieutenant-colonel Rollet, enlève le village de Cumières et son bois, avec une telle fougue, qu'il dépasse l'objectif final qui lui était assigné. Le 8 septembre, après l'occupation du bois des Caurières, l'armée française est revenue à ses anciennes lignes de 1916. Guillaumat voudrait poursuivre l’offensive. Mais Pétain, commandant en chef, et Fayolle, responsable du groupe d'armées, ne veulent pas d'une nouvelle bataille d'usure et le 18 septembre les opérations offensives sont suspendues. Les tentatives allemandes du début d'octobre pour reprendre ces positions resteront infructueuses. L’opération du 20 août 1917 à Verdun demeure, avec l’attaque de la Malmaison entreprise deux mois plus tard (cf. infra), un des symboles les plus achevés des attaques locales à objectifs limités. Cependant des critiques se sont soulevées contre cette stratégie de Pétain, notamment sur son rapport coût-efficacité, puisque cette seule attaque absorba en 7 jours 120.000 tonnes de projectiles correspondant au tir de 4 millions d’obus couvrant de 6 tonnes d’acier chaque mètre du front, pour un prix de 700 millions de francs de l’époque !  

21 août 1917 : jonction des armées française d'Orient et italienne combattant sur le front d’Orient à l'est de l'Albanie.

22 – 25 août 1917 : combats dans le secteur d’Ypres. Les troupes britanniques s'emparent du bois d'Inverness le 22 août. Le 25 août, une contre-attaque allemande repousse les troupes britanniques sur leurs positions de départ.

22 août 1917 : Les élections devant former une assemblée constituante pour la Russie sont reportées au 12 novembre.

23 août 1917 : on compte 12 morts et 25 blessés suite à un raid aérien allemand sur Douvres et plusieurs communes du Kent.

23 août 1917 : l’armée bulgare poursuit son avancée et atteint le Lac de Veghoritis (Ostrovo) au nord-ouest de Salonique.

23 août 1917 : raid aérien allemand sur Douvres et plusieurs communes du Kent faisant 12 morts et 25 blessés.

24 août 1917 : le Congrès américain adopte le «Power Bill» qui soumet 13 millions d'hommes au service militaire.

29 août 1917 : von Hindenburg est nommé à la tête du haut commandement militaire allemand.

1er septembre 1917 : l’Allemagne fournit 7 divisions pour appuyer l’Autriche.

3 septembre 1917 : suite à une manœuvre audacieuse du général von Hutier, de Riga est prise par les armées allemandes. La tactique de von Hutier consistait en une attaque éclair utilisant les gaz puis un écran de fumée couvrant les mouvements des troupes d'assaut. L'armée russe y abandonne 150 canons.

3 septembre 1917 : le premier-ministre Kerenski devient généralissime des armées en Russie. N’ayant aucune expérience militaire, cette initiative aggravera davantage la situation déjà difficile des forces russes face aux Allemands.

7 septembre 1917 : en France, démission du gouvernement Ribot. Le 12 septembre, Paul Painlevé forme un gouvernement et il obtient la confiance le 17 septembre 1917.

8 septembre 1917 : tentative de coup d'État en Russie. Le général Kornilov exige que Kerenski lui remette les pleins pouvoirs sur la Russie. Le gouvernement Kerenski déclare le général Kornilov «traître à la patrie». Il provoque une crise gouvernementale qui se termine avec le retrait des ministres du Parti constitutionnel-démocrate du cabinet et son remplacement à la tête de l'armée russe par le général Alexeiev. L'échec de Kornilov va néanmoins diviser la hiérarchie militaire russe. Ce faisant, il affaiblit la seule force qui aurait été capable de s'opposer aux Bolcheviks quand viendra la «Révolution d’octobre».

9 septembre 1917 : le gouvernement américain rend public un télégramme de l'ambassadeur allemand en Argentine à son gouvernement où l'ambassadeur demande de faire en sorte qu'il n'y ait pas de survivants si des navires de commerce argentins sont coulés par des sous-marins allemands.

10 septembre 1917 : prise de Salò (Lombardie) par les armées italiennes.

11 septembre 1917 : dernière sortie de l'as de l'aviation français Georges Guynemer dont on ne retrouvera pas le corps. L'avion de Guynemer sera exposé aux Invalides le 19 octobre 1917 à la demande de l'Assemblée nationale française. Il y restera jusqu'en 1969.

14 septembre 1917 : en Russie, Kerenski proclame la République de Russie et forme un exécutif ne comprenant que cinq membres.

17 septembre 1917 : le Zeppelin R effectue sa 1ère mission militaire sur Londres.

17 septembre 1917 : mutinerie des soldats russes à La Courtine.

17 septembre 1917 : proclamation de la République de Transcaucasie au sud de la Russie.

20 septembre 1917 : 2ème Bataille des Flandres. Les troupes du général  Haig s’emparent du bois d’Inverness et lancent une offensive entre Ypres et Menin. La progression des Britanniques se fait mètre par mètre pendant qu’ils subissent les constantes contre-attaques des troupes allemandes, qui utilisent du gaz moutarde.

21 septembre 1917 : le Costa Rica rompe ses relations avec l’Allemagne.

24 septembre 1917 : Aristide Briand sous surveillance. Demande de Ribot, ministre des Affaires étrangères au président du Conseil français Painlevé pour qu'il «fasse surveiller» Aristide Briand. Les contacts officieux de Briand avec le baron von Lancken inquiètent certains membres du gouvernent français.

27 septembre 1917 : décès de Louise de Bettignies. L'espionne française, Louise de Bettignies, dont la condamnation à mort en mars 1916 est commuée en travaux forcés à perpétuité, meurt à Cologne des suites d'un abcès pleural mal soigné. Résidente de Lille, Louise de Bettignies s'engage dans la résistance et l'espionnage après l'invasion de sa ville par l'armée allemande. Parlant quatre langues, dont l'allemand, son action aurait valu la vie sauve à un millier de soldats britanniques.

Octobre 1917 : Venizélos entame une tournée en Occident. Il rencontre Lloyd George puis Clemenceau qui vient d'accéder au pouvoir. Il se rend aussi sur le front, près de Coucy, puis en Belgique. Il obtient ce qu'il est venu chercher. L'Entente lui accorde un prêt de 750 millions de Francs-or, en échange de 300.000 soldats mis à la disposition du général Guillaumat, qui a remplacé Sarrail à Thessalonique.

3 octobre 1917 : retour de Lénine à Pétrograd. Lénine rentre en secret à Pétrograd malgré le mandat d'arrêt lancé contre lui par le gouvernement Kerenski.

6 octobre 1917 : l'Équateur et le Pérou rompent leurs relations avec l'Allemagne.

7 octobre 1917 : l'Uruguay rompt ses relations avec l'Allemagne.

7 octobre 1917 : Trotski est élu président du soviet de Pétrograd et de son comité militaire.

8 octobre 1917 : mutineries chez les marins allemands. L'amiral von Capelle est forcé de s'expliquer devant le Reichstag au sujet des mutineries ayant eu cours dans certains bâtiments de la flotte de haute mer allemande.

11 octobre 1917 : des troupes allemandes débarquent sur l'île de Saaremaa (Estonie).

12 octobre 1917 : «opération Albion». Forte attaque navale et terrestre de l'armée allemande contre les troupes russes dans la région du golfe de Riga en mer Baltique.

15 octobre 1917 : la néerlandaise Mata Hari (de son vrai nom Margaretha Geertruida «Grietje» Zelle) est fusillée pour espionnage au profit de l'Empire allemand dans les fossés de la forteresse de Vincennes, en refusant le bandeau qu'on lui propose et en lançant un dernier baiser aux soldats du peloton.

17 octobre 1917 : préparation de la bataille de La Malmaison. L'armée française procède à une préparation d'artillerie en vue d'une attaque sur La Malmaison. L'armée française y place un canon à tous les 14 mètres et dispose de 120.000 obus.

19 octobre 1917 : le gouvernement russe dissout la Douma et le Conseil d'État.

20 octobre 1917 : le lieutenant Hermann Göring de l'aviation allemande est décoré de la Croix de chevalier de la maison de Hohenzollern pour ses 15 victoires en combat aérien.

21 octobre 1917 : premier engagement de troupes américaines dans le conflit. Les premiers éléments de la 1ère Division d'infanterie des États-Unis entre en ligne sur le front de Lorraine. Ils sont placés sur un front relativement calme, celui de Lunéville, pour terminer leur instruction.

22 octobre 1917 : confiscation des biens allemands aux États-Unis.

23 - 25 octobre 1917 : victoire française à Malmaison dans l’Aisne. La bataille de La Malmaison remplit presque tous ses objectifs et s'arrête le 25 octobre après que les troupes françaises aient atteint le canal de l'Oise. Cette bataille fut conçue sous le modèle des offensives à objectif limité voulues par le général Pétain pour ragaillardir le moral de ses troupes.

23 octobre 1917 : élections au bureau politique du parti bolchévique pour Lénine, Kamenev, Trotski, Staline et Sokolnikov.

24 octobre - 10 novembre 1917 : Douzième bataille de l’Isonzo, connue également comme la bataille de Caporetto (aujourd’hui Kobarid en Slovénie). L’armée impériale autrichienne forte de treize divisions, sept allemandes, six austro-hongroises, placés sous le commandement du général Otto von Below, lance une offensive surprise en Italie. Elle franchit le Tagliamento, bat les italiens à Caporetto dans la vallée de l’Isonzo et atteint la rivière Piave. Les Allemands appliquent les tactiques perfectionnées sur le front de l'Ouest, utilisant un barrage d'artillerie, des gaz toxiques puis l'infiltration avec des grenades et des lance-flammes. Le front est enfoncé sur cinquante kilomètres. Cependant, le général, Luigi Cadorna commandant en chef des forces italiennes, ignore l'étendue de la percée et la puissance des forces ennemies qu'il affronte, principalement en raison des mauvaises communications avec les unités situées à l'avant. Il tente de reconstituer un front, mais ne peut que colmater des brèches de manière inefficace, avant de décider une retraite de grande ampleur, dans un premier temps sur le Tagliamento, puis sur le Piave. Cette victoire permet aux forces des Empires centraux de s'emparer d'une partie du territoire de la Vénétie, progressant de 100 kilomètres en direction de Venise. Les pertes italiennes sont considérables : 300.000 prisonniers, 100.000 déserteurs, 3.000 canons, 300.000 fusils, 73.000 animaux de bât, 2.500 automobiles et d'importants stocks de vivres[10]. Luigi Cadorna est remplacé au haut commandement par le général Diaz. Cependant l’armée italienne tient le Piave, aidée par des renforts franco-britanniques.

24 octobre 1917 : prise de Frioul (Italie) par les Autrichiens.

26 octobre 1917 : le Brésil déclare la guerre à l'Allemagne [11].

26 octobre 1917 : création d'un Comité révolutionnaire provisoire par le soviet de Pétrograd. Le 3 novembre 1917, celui-ci déclare que les troupes de la capitale sont placées sous sa seule autorité.

27 octobre 1917 : campagne de l’Afrique de l’Est. Des détachements allemands s'emparent de plusieurs postes frontières portugais et du fort de Ngomano au nord du Mozambique.

31 octobre 1917 : nouveau gouvernement à Rome. Orlando est nommé Président du conseil italien suite aux déboires de l'armée italienne à Caporetto.

31 octobre 1917 : offensive britannique contre les Turcs à Beersheba (Palestine).

2 novembre 1917 : «Déclaration Balfour» sur la création d’un foyer juif en Palestine. Le ministre britannique des Affaires étrangères, Arthur James Balfour, publie une lettre adressée au baron Rothschild selon laquelle «le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif»[12].

5 novembre 1917 : Kerenski fait renforcer la garde des bâtiments officiels du gouvernement russe, dont le Palais d'Hiver, siège de son gouvernement. Il affirme dans un discours fleuve que Lénine est «un criminel d'État», alors que les Bolcheviks organisent leur «Garde ouvrière».

6 – 7 novembre 1917 : la Conférence de Rapallo décide d'apporter des renforts à l'Italie.

6 – 7 novembre 1917 : Révolution d’octobre (24 octobre selon le calendrier julien) en Russie. Fin octobre, alors que les Bolcheviks s'organisent pour la prise du pouvoir, la rupture entre le soviet, dominé par ces derniers, avec le gouvernement et la Douma est consommée. Lénine est déterminé à renverser le gouvernement de Kerenski par les armes avant qu'il ne puisse être légitimé par les élections prévues de l'Assemblée constituante pour le 24.11.1917. Le coup d'État du 7 novembre (25 octobre) 1917 réussit sans grande difficulté. À Pétrograd, les Bolcheviks prennent le contrôle de différents points stratégiques de la ville et coupent le téléphone. Suit l'arrestation des membres du gouvernement qui s'étaient réfugiés au Palais d'Hiver. Pétrograd est aux mains des soviets noyautés par les Bolcheviks. La «Grande Révolution socialiste d'Octobre» liquide ainsi le pouvoir bourgeois en quelques heures. Kerenski parvient à quitter la capitale à bord d'une voiture de l'ambassade américaine, alors que les Bolcheviks proclament que «le gouvernement provisoire a été déposé». Kerenski se réfugie à Pskov, d'où il tente de rassembler des troupes loyales pour essayer de reconquérir la capitale. Son armée prend Tsarskoïe Selo, mais elle est battue le lendemain à Poulkovo. Après la défaite de son armée et la reddition des Cosaques du général Krasnov à Gatchina, Kerenski s'enfuit, déguisé en matelot. Il vit les semaines suivantes dans la clandestinité avant de pouvoir quitter le pays pour la France au printemps 1918, en passant par Mourmansk, avec l'aide des Britanniques. Les Bolcheviks s’emparent du pouvoir et entament aussitôt des négociations de paix avec les Allemands. Ils négocient un armistice avec les Empires centraux le 3 décembre 1917. La France perd son allié oriental et l’Allemagne peut désormais concentrer ses forces sur le Front de l’Ouest.

7 novembre 1917 : début de la troisième bataille de Gaza. Menacés d'être débordés par les Britanniques, les troupes germano-ottomanes se replient sur Jérusalem.

8 novembre 1917 : le soviet de Pétrograd remet le pouvoir au Conseil des commissaires du peuple dirigé par Lénine. Trotski devient ministre de l'Intérieur et Staline est responsable des Nationalités.

10 novembre 1917 : Lénine s'adresse à l'armée russe. Sa proclamation à l'endroit des soldats russes mobilisés veut «que les régiments qui se trouvent sur le front élisent immédiatement des délégués pour entrer en pourparlers avec l'ennemi au sujet de la paix».

10 novembre  1917 : victoire des Canadiens à la bataille de Passchendaele, connue aussi sous le nom de troisième bataille d'Ypres, sous le commandement d'Arthur Currie avec l'aide de la IIème Armée britannique. La bataille de Passchendaele a permis de soulager la pression sur l’armée française et le saillant d'Ypres a été enfoncé de huit kilomètres. Mais les pertes (morts, blessés et disparus) sont énormes pour les deux camps.

11 novembre 1917 : début de la Guerre civile en Russie. Alors que les cadets de l'école militaire de Pétrograd se soulèvent contre les Bolcheviks, des combats opposant Blancs et Rouges se déroulent à Moscou.

12 novembre 1917 : alors que des unités blanches quittent le front pour Pétrograd, les Bolcheviks prennent Tsarskoïe-Salo.

12 novembre 1917 : l'amiral allemand Alfred von Tirpitz, partisan de  la guerre sous-marine à outrance reconnaît son échec.

13 novembre 1917 : mis en minorité à la Chambre, le Gouvernement Paul Painlevé démissionne. Georges Clemenceau, partisan de la «guerre jusqu’à la victoire finale», forme un Gouvernement le 17 novembre, cumulant la présidence du Conseil et le ministère de la guerre. Il obtient la confiance le 20 novembre 1917.

17 novembre – 9 décembre 1917 : offensive britannique en Palestine (général Allenby). La ville de Jaffa est prise le 17.11.1917, suivie de Jérusalem le 09.12.1917.

18 novembre 1917 : les Bolcheviks gagnent du terrain. Le contrôle de Pétrograd leur est acquis en cours de journée. Le lendemain, c'est au tour de Minsk. Mais, ces succès des Bolcheviks ne mettent pas fin à la menace blanche, car 20.000 cosaques commandés par Kalédine marchent sur Moscou.

20 novembre – 7 décembre 1917 : Bataille de Cambrai. En juin 1917, le colonel John Fuller, chef d'état-major du corps de chars de l'armée britannique, a proposé une attaque blindée, sans préparation d'artillerie préalable (pour ménager l'effet de surprise), destinée à «détruire… démoraliser et désorganiser… et non à conquérir du terrain», prévue sur huit à douze heures et concernant six bataillons de chars et au plus deux divisions d'infanterie ou de cavalerie. Julian Byng, commandant de la IIIème Armée britannique, soumit l'idée à Douglas Haig, commandant en chef du Corps expéditionnaire britannique en France, mais elle fut mise de côté, l'objectif principal étant alors Ypres. A la suite d'un nouvel échec à Ypres (bataille de Passchendaele), Douglas Haig approuva le plan sous le nom d'«opération GY» en septembre 1917 et le raid est devenu une offensive à part entière. La région de Cambrai fut choisie notamment pour son terrain crayeux, plus plat, moins creusé par les bombardements et plus ferme, qui serait mieux adapté aux tanks que la boue argileuse du front des Flandres. C'est la première bataille au cours de laquelle l'emploi des chars - 476  chars Mark IV - fut aussi important. Certains de ces chars étaient équipés de grosses fascines de bois pour faciliter la traversée des tranchées (les chars travaillant par groupe de trois, le premier jetterait une fascine dans la tranchée pour permettre le passage des deux autres et ainsi de suite) ou de «grapnels» (grappins) spéciaux pour sectionner les barbelés. Les premiers assauts consistaient en une combinaison d'infanterie et de chars en formation de combat, avec un rang de chars pour ouvrir la marche suivi, 50 mètres en arrière, de sections d'infanterie en deux files, à raison de huit sections par char pour nettoyer les tranchées. Quatorze escadrilles du «Royal Flying Corps» participaient à la bataille, pour mitrailler les tranchées et couvrir le bruit de l'avancée des chars. La IIIème Armée britannique ouvre la bataille de Cambrai le 20.11.1917. La principale attaque conduite par des chars Mark IV, suivis par 6 divisions d'infanterie britanniques, qui bénéficient du renfort de 3 régiments américains[13], tombe sur une section de la «ligne Hindenburg» défendue par la deuxième armée allemande du général Georg von der Marwitz. Les premières attaques sont particulièrement fructueuses: la «ligne Hindenburg» est percée par endroits de 9 à 12 km, mais les Britanniques rencontrent beaucoup de difficultés à progresser à ce rythme. De nombreux chars d'assauts connaissent des défaillances mécaniques, s'embourbent dans les fondrières ou sont détruits par des tirs d'artillerie allemande à courte portée. Le 30 novembre, les troupes allemandes commencent à lancer des contre-attaques très efficaces. Les Britanniques, trop déployés et manquant de réserves immédiates, sont contraints d'abandonner une grande partie du territoire durement gagné. Un des épisodes est «Bourlon Wood», bataille pour la prise du village de Bourlon et de son bois. Les pertes humaines s'élèvent à 45.000 hommes de chaque côté. 11.000 Allemands et 9.000 Britanniques furent faits prisonniers. En termes de gains territoriaux les Allemands récupérèrent un peu plus que ce qu'ils avaient initialement perdu. Malgré ce piètre résultat, la bataille apporta la preuve que les tranchées les mieux défendues ne pouvaient résister à une attaque massive de chars d'assaut. Les Britanniques virent le parti qui pouvait être tiré des blindés, tandis que le commandement allemand constatait de son côté le potentiel des nouvelles tactiques appliquée aux combats d'infanterie, telles que les «Sturmtruppen».

20 novembre 1917 : création par Lénine de la Tchéka, police politique chargée de combattre les «contre-révolutionnaires».

20 novembre 1917 : T. E. Lawrence fait un repérage des lieux à Deraa. Mais il se fait capturer et il est amené au commandant turc de la ville. Pris pour un déserteur, il est torturé et subit des sévices sexuels. Il réussit à s’échapper pour se diriger à Aqaba.

21 novembre 1917 : un Zeppelin quitte l'Allemagne chargé de munitions et de matériel sanitaire afin de ravitailler les troupes en poste en Afrique orientale allemande.

22 novembre 1917 : les ambassadeurs de l'Entente en Russie sont avisés par Trotski que le décret bolchevique sur la paix constitue une offre formelle de paix. Il donne aussi l'ordre de publier les traités secrets signés par la Russie tsariste.

23 novembre 1917 : Lawrence d'Arabie est décoré de la croix de guerre avec palmes par l'armée française pour sa prise d'Aqaba.

23 novembre 1917 : un décret du gouvernement bolchévique supprime les titres de noblesse et interdit les classes sociales.

26 novembre 1917 :à la suite de la révolution bolchévique, le Conseil des commissaires du peuple dirigé par Lénine décide d'engager des pourparlers de paix avec les Empires centraux. Le 26 novembre les autorités bolchéviques transmettent aux autorités allemandes une demande officielle de cessez-le-feu. Allemands et Austro-Hongrois acceptent le principe de discussions de paix avec le gouvernement bolchévique. Les Bolcheviks cessent les opérations militaires dès le 27 novembre 1917.

28 novembre 1917 : lourde défaite des Portugais au Mozambique. Les troupes allemandes de von Lettow-Vorbeck s'emparent du fort de Négomano au Mozambique. Ce succès leur permet de se ravitailler aux dépens des Portugais. Von Lettow-Vorbeck s'emparera de 3 autres forts portugais au cours du mois de décembre qui suit.

29 novembre 1917 : ouverture à Paris de la conférence des Alliés.

30 novembre 1917 : la 42ème "Rainbow Division" des États-Unis arrive en France, composée de troupes de chaque État de l'Union.

30 novembre 1917 : offensive allemande à Courtrai (Flandres).

30 novembre 1917 : en France, entrée en vigueur du décret rationnant le pain.

Décembre 1917 : l'adoption d'un système de convois protégé réduit les pertes navales des Alliés causées par les sous-marins allemands.

1er décembre 1917 : des troupes fidèles au nouveau gouvernement bolchevique quittent Pétrograd en direction du sud de la Russie.

2 – 5 décembre 1917 : 1ère rencontre germano-bolchevique à Dvinsk le 2 décembre, suivi le lendemain de l’arrivée des émissaires soviétiques au quartier général allemand à Brest-Litovsk. Suspension des combats entre la Russie et l’Allemagne le 5 décembre 1917.

3 décembre 1917 : en Russie, le général Doukhonine, dernier commandant en chef de l'armée impériale russe, est assassiné, alors que le général Kornilov, qui commandera les troupes blanches s'opposant aux Bolcheviks, parvient à s'échapper. Les Bolcheviks émettent des mandats d'arrêt contre les généraux Kornilov et Kalédine.

4 décembre 1917 :la Russie bolchévique ayant signé avec les puissances centrales un cessez-le-feu, la Roumanie se voit obligée d’ouvrir à son tour des pourparlers pour mettre fin aux hostilités. Le général roumain Tcherbatchev adresse une demande d'armistice aux Allemands. Les négociations ont lieu à Focsani et l’armistice est signé le 9 décembre 1917 ; il entre en vigueur à 23h30.

6 décembre 1917 : la Finlande se déclare indépendante de la Russie.

7 décembre 1917 : l'armée britannique entre dans la ville de Hébron en Palestine.

7 décembre 1917 : Trêve de 10 jours entre la Russie communiste et l’Autriche.

7 – 16 décembre 1917 : les Etats-Unis déclarent la guerre à l’Autriche-Hongrie le 7 décembre. Dans le sillage des Etats-Unis, le Panama déclare la guerre à l’Autriche-Hongrie le 10 décembre, et Cuba le 16 décembre.

9 décembre 1917 : le navire autrichien «Wien»est torpillé dans le port de Trieste par 2 vedettes italiennes.

11 décembre 1917 : la Force expéditionnaire britannique sous le commandement du général Allenby parvient à capturer Jérusalem. C’est une victoire comprenant une forte portée symbolique pour l'Entente, voulue par Lloyd George. T. E. Lawrence, en uniforme de major de l’armée britannique, défile derrière Allenby.

13 décembre 1917 : les armées blanches prennent le contrôle de Rostov dans le sud de la Russie et s'y installent le lendemain.

14 décembre 1917 : les Bolcheviks décident l'abolition des grades militaires et décorations.

15 – 22 décembre 1917 : les Bolcheviks signent un armistice avec les Allemands et les Autrichiens à Brest-Litovsk (Biélorussie). L’entrée en vigueur est fixée au 17 décembre pour toutes les forces terrestres, navales et aériennes des trois pays concernés. Ouverture des négociations de paix germano-russes le 22 décembre. Kamenev dirige la délégation russe. Le traité de paix sera signé après des longues tractations le 3 mars 1918.

18 décembre 1917 : Armistice russo-turc conclu le 18 décembre à Erzinghian.  Retraite du front du Caucase des troupes impériales russes, désorganisées par la propagande communiste. La Turquie aura désormais les mains libres pour s’attaquer aux Arméniens, aux Syriaques et aux Grecs Pontiques.

17 décembre 1917 : au Canada, le premier ministre Robert Laird Borden conserve sa majorité parlementaire à l'issue d'une l'élection fédérale, dont le principal thème fut l'application de la loi sur la conscription des hommes pour le service outre-mer adoptée par son gouvernement en juillet 1917. La conscription des hommes pour le service outre-mer entrera en vigueur le 1er janvier 1918. 125.000 Canadiens seront enrôlés sous l'égide de cette loi, dont 25.000 seront envoyés en Europe avant la fin des combats.

18 décembre 1917 : raid aérien allemand sur Londres qui cause 10 morts et 15 blessés.

22 décembre 1917 : proclamation d'indépendance de la Flandre.

22 décembre 1917 : Clemenceau rappelle le général Sarrail en France. Il est succédé par le général Adolphe Guillaumat (1863-1940), qui révise radicalement la stratégie de son prédécesseur. Méthodique et méticuleux, il entreprend la réorganisation du corps expéditionnaire, des services de santé et du ravitaillement, matant les mutineries, luttant contre l’anti-propagande qui mine le moral des soldats… Il obtient du matériel neuf en grande quantité. Il retisse des liens forts entre les Alliés prônant des actions coordonnées. Il parcourt le territoire grec pour soutenir les combattants. Il rétablit des bonnes relations avec le roi Alexandre Ier de Grèce, ainsi qu’avec des civils et militaires grecs. Il œuvre pour préparer la riposte alliée à l’offensive germano-bulgare que matérialisera son successeur, le général Franchet d’Espèrey (cf. Année 1918).

27 décembre 1917 : annonce de la nationalisation des banques en Russie bolchévique. La France rappelle alors ne pas reconnaître le nouveau régime, tandis que les  États-Unis proposent au gouvernement japonais une intervention militaire en Extrême-Orient russe.  

28 décembre 1917 : en France, discussion à la Chambre des députés du projet de loi relatif à l'appel de la classe 1919. Elle sera incorporée un an plus tôt que prévu (printemps 1918).

31 décembre 1917 : en Vénétie, une contre-attaque italienne force les Austro-Hongrois à évacuer la tête de pont qu'ils avaient établie sur la rive occidentale de la Piave.

31 décembre 1917 : le nombre de soldats américains en Europe atteint 350.000. Ils seront environ 200.000 à débarquer sur le vieux continent à chaque mois pour l'année 1918.

 

 

Dr. Angel ANGELIDIS

Ex-Conseiller au Parlement Européen

Bruxelles, juillet 2015



[1] Malheureusement, l’Entente ne tiendra pas cette promesse et assistera passivement à l’élimination des arméniens, grecs pontiques et d’Ionie, Assyriens, Araméens et autres minorités de l’Anatolie par les Turcs (cf. ANNEXE I).

[2] Les Allemands tentent de tirer profit  de la situation politique confuse dans laquelle le Mexique est plongé suite au renversement du dictateur Huerta et des sentiments anti-américains provoqués par la mêlée des USA dans les affaires internes du pays, notamment l’occupation du port de Vera Cruz par des troupes américaines (21 avril – 23 novembre 1914) et les affrontements entre troupes mexicaines et américaines lors de l’invasion du nord du Mexique («expédition punitive» contre Pancho Villa, sous le commandement du général Pershing, du 14.03.1916 au 17.02.1917). L’Allemagne offrait aux Mexicains des fournitures d'armes allemandes pour récupérer les territoires perdus par le Mexique lors de la guerre américano-mexicaine de 1846-1848, soit le Texas, le Nouveau-Mexique et l'Arizona. Notons aussi que le télégramme proposait aux Mexicains une négociation avec le Japon pour inclure ce pays dans cette alliance anti-américaine. Plus tard, un général, nommé par le président du Mexique Venustiano Carranza, évalua la possibilité d'une récupération de ses anciens territoires. Selon ses conclusions, reprendre les trois États aurait provoqué à coup sûr de nombreux problèmes dans le futur y compris une guerre avec les États-Unis, que le Mexique n’était pas sûr de pouvoir la gagner. En outre, le Mexique n'aurait pas pu s'accommoder d'une grande population anglo-saxonne qui avait déjà colonisé ces territoires à l'intérieur de ses propres frontières. Enfin, l'Allemagne n'aurait pas été en mesure de fournir au Mexique les armes nécessaires aux hostilités à venir. Finalement, Carranza déclina les propositions de Zimmermann le 14 avril 1917, après que les États-Unis eurent déclaré la guerre à l'Allemagne.

[3] Nicolas II et le roi d'Angleterre George V, qui étaient cousins germains par leurs mères, se ressemblaient au point qu'ils étaient souvent confondus l'un avec l'autre !

[4] La peur que des membres de la famille Romanov s'évadent ou soient exfiltrés par les Anglais (Nicolas II étant le cousin du roi du Royaume-Uni George V) a poussé les autorités communistes à changer le régime imposé au tsar d'une résidence surveillée à Tsarskoïe Selo près de Saint-Pétersbourg à une détention brutale dans la villa réquisitionnée Ipatiev aux Ourals sous le contrôle de la Tchéka (la police politique créée le 7/20 décembre 1917 pour combattre les ennemis du nouveau régime bolchevik ; renommée «Guépéou» en février 1922). La pression des Armées blanches sur les faubourgs d’Ekaterinbourg accélère les événements. L'ordre d'exécution signé par Lénine et contresigné par le chef du gouvernement soviétique, Yakov Solomon dit Sverdlov, fut remis par le garde du corps de Lénine, Alexei Akimov, au geôlier des Romanov Iakov Mikhaïlovitch Iourovsky, chef du peloton d’exécution composé d’une douzaine d’hommes. L’exécution a lieu dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918 dans l'une des pièces du sous-sol de la maison Ipatiev. Les tirs ont eu lieu à bout portant. Les bourreaux tirent jusqu’à ce que toutes les victimes tombent. Le tsar meurt sur le coup. Le tsarévitch rampe vers la porte, le commissaire bolchevik Peter Ermakov lui défonce le crâne à coups de baïonnette. Les dernières survivantes (Anastasia, Tatiana, Olga, et Maria dont les diamants cousus dans leurs vêtements leur ont servi un temps de gilet pare-balle) sont exécutées tout aussi sauvagement car leurs cris pourraient être entendus à l’extérieur. Les corps sont placés dans des draps, conduits en camion dans une fondrière à quelques kilomètres de là, brûlés à la chaux vive et au vitriol, après avoir été dépouillés de leurs vêtements et de leurs bijoux. Les corps n’étant pas complètement dissous à l’aube, les bourreaux reviennent la nuit suivante. Après avoir fait brûler deux corps, les hommes de Iourovski préparent une fosse commune pour les autres. Ils y installent les corps, les aspergent d’acide sulfurique pour empêcher leur identification s’ils étaient retrouvés, puis remplissent la fosse en plaçant des traverses de chemin de fer par-dessus. Deux jours plus tard, Iourovski part pour Moscou, emmenant avec lui les biens des Romanov. Iourovski passe les deux années de la guerre civile à Moscou. Il travaille un temps au Kremlin, où il fait l'inventaire des affaires personnelles et des bijoux de la famille impériale. En 1920, il retourne à Ekaterinbourg. La même année, à la demande du soviet de Moscou, il écrit un compte-rendu détaillé des circonstances entourant la mort des Romanov. Il y décrit également de façon minutieuse le site où il a enterré les corps et le moyen de les retrouver. C'est grâce à ce document que Serge Abramov et Alexandre Avdonine pourront découvrir la tombe des Romanov en mai 1979. A la chute de l'URSS, Boris Eltsine a constitué une commission d’enquête pour faire toute la vérité sur ce crime. Parmi les faits relevés par les enquêteurs figure une citation modifiée d’Heinrich Heine (écrivain contesté d’origine juive, de conviction franc-maçonnique et d’inspiration marxiste) écrite en allemand sur les murs de la villa Ipatiev qui dit «Belsatzar ward in selbiger Nacht von seinen Knechten umgebracht» ce qui signifie «Dans la même nuit Balthatsar fut assassiné par ses serviteurs». Ce fait, associé à l’origine juive des  principaux commanditaires (Sverdlov et Iourovski), ainsi qu’à la présence d'un volume des «Protocoles des Sages de Sion» dans la chambre de l'impératrice Alexandra dans la villa Ipatiev a alimenté la légende d'un "complot juif" contre la Sainte Russie incarnée par la famille impériale. De nos jours, il ne reste plus rien de la villa Ipatiev : elle a été détruite en juillet 1977, sur l'ordre de Michel Souslov, membre du Politburo. Boris Eltsine, futur président de la Fédération de Russie, alors premier secrétaire du parti communiste de Sverdlovsk (nom d'Ekaterinbourg de 1924 à 1991), fut chargé de sa démolition. Le terrain fut remis en 1990 à l'Église orthodoxe, qui lança en 2000 les travaux de construction de l’église de Tous-les-Saints. Celle-ci fut consacrée en 2003, 85 ans après la mort du tsar. Nicolas II et sa famille sont canonisés par l'Église orthodoxe de Russie, et inscrits dans le martyrologe de l'Église orthodoxe russe.  En octobre 2008, le Présidium de la Cour suprême russe a reconnu les actes de répression contre le tsar Nicolas II et sa famille comme injustifiées et a décidé de les réhabiliter.

[5] Devenu outil de propagande pour l'État allemand, le SMS «Möwe» est désarmé et transformé en mouilleur de mines. Après la guerre, il sera envoyé en Grande-Bretagne à titre de dommage de guerre et sera transformé en cargo. Il est retourné aux Allemands en 1933, reprit du service pendant la Seconde Guerre mondiale, et fut finalement coulé par les Alliés le 7 avril 1945.

[6] John Joseph Pershing est un général des armées des États-Unis, né le 13 septembre 1860 dans le Missouri et mort le 15 juillet 1948 à Washington, D.C. Il est le seul général, avec George Washington (à titre posthume en 1976), à avoir obtenu le grade de «General of the Armies». La famille Pershing était d'origine alsacienne, en effet, le premier Pershing venu s'installer en Amérique était Frederick Pfoerschin, émigré d'Alsace en 1724. Le nom de famille s'est alors modifié en Pershin, puis est devenu Pershing. Peu avant de venir en Europe, Pershing avait préparé et commandé, sur ordre du président Wilson, la dite «expédition punitive», une vaste opération militaire destinée à rechercher en territoire mexicain et capturer ou tuer le célèbre Chef Révolutionnaire Francisco (Pancho) Villa, qui à la tête d’un détachement de sa cavalerie avait envahi et incendié  la ville de Columbus au Nouveau-Mexique, le 9 mars 1916.  Le gouvernement mexicain de Venustiano Carranza toléra l’expédition punitive (en contrepartie de l’appui qu’il avait reçu des américains pour battre Villa à Celaya (6-15 avril 1915) et à Agua Prieta (1er novembre 1915), mais refusa aux troupes américaines l'autorisation d'utiliser les voies de chemin de fer. Pershing mena 10.000 hommes (parmi lesquels le futur général Patton) en territoire mexicain. Malgré les grands moyens mobilisés (camions, blindés, avions…) et tous les efforts déployés  pendant onze mois consécutifs, Villa ne fut pas trouvé. Au début de 1917, l'expédition fut arrêtée et la force expéditionnaire fut rentrée humiliée aux États-Unis. (Cf. l’ouvrage «Au croisement de chemins de quatre généraux : Villa, Pershing, Patton, Eisenhower», Doc PE 442.239 B-7 FR-11-2011 Extrait, Dr. Angel ANGELIDIS, PE, Bruxelles, novembre 2011, www.angelidis.eu).

[7] Ces refus d'obéissance dureront jusqu'en juillet, affectant 90 divisions et environ 90 000 soldats. Les autorités militaires prononceront jusqu'à 550 condamnations à mort. 49 soldats seront effectivement fusillés.

[8] Trotski est considéré être le deuxième leader de la Révolution bolchevique d'octobre 1917. Président du soviet de Pétrograd à partir de septembre 1917, il est le stratège de la prise de pouvoir des bolchéviques en octobre (novembre) 1917 et fondateur de l'Armée rouge. Durant la guerre civile russe qui s'ensuit, il est parmi les dirigeants bolchéviques les plus prompts à utiliser la violence politique et la terreur, comme à les justifier au nom de la lutte pour la victoire de la révolution: son action contribue à la victoire des bolcheviks et à la survie du régime soviétique. Il est dès lors, et durant plusieurs années, l'un des plus importants dirigeants de l'Internationale communiste et de l'URSS naissante. Trotski est à l'origine d'un appareil de répression inédit en Russie tsariste, le camp de concentration Il fait ainsi partie des dirigeants communistes qui ont engendré ce qui allait devenir le Goulag. Il s'oppose à la bureaucratisation du régime et à Staline en prenant la tête de l'opposition de gauche. Il entre en conflit avec la troïka Zinoviev-Kamenev-Staline, puis il se rapproche tactiquement de Zinoviev et de Kamenev dans l'opposition unifiée et dirige avec eux un courant qui s'oppose à Staline. Staline le fait finalement chasser du gouvernement (1924) et du Parti communiste (1927), puis l'exile en Asie centrale avant de le bannir d'URSS (1929). Trotski entreprend alors d'organiser ses partisans, qui se réunissent en 1938 au sein de la Quatrième Internationale. En 1940, installé au Mexique, il est assassiné sur ordre de Staline par un agent du NKVD. À la fois orateur, théoricien, historien, mémorialiste et homme d'action, Trotski demeure l'inspirateur commun dont se réclament toujours les divers groupes trotskistes à travers le monde.

[9] Le gouvernement du Libéria n'a alors aucune intention de mener une guerre contre l'Allemagne. Ce geste lui

permet de justifier la saisie des biens des ressortissants allemands qui étaient sur le territoire libérien.

[10] Personnage qui sera bien connu plus tard dans le siècle, le lieutenant Erwin Rommel participe à la bataille de

Caporetto à la tête du bataillon de montagne du Wurtemberg. Il y enfonce le front italien et progresse de 20 kilomètres en deux jours, faisant 9.000 prisonniers.

[11] Rompant avec sa position de neutralité initiale, le Brésil déclare la guerre à la Triplice le 26.10.1917 suite à des attaques menées par des sous-marins allemands contre ses bateaux de commerce. C'est le seul pays d'Amérique du Sud à avoir réellement participé au conflit. Toutefois, sa contribution fut relativement modeste. Il participa à la bataille de l'Atlantique et envoya une unité combattre sur le front occidental.

[12] Il convient de signaler quela Déclaration Balfour précisait aussi que «rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays».

[13] Le jour du lancement de la contre-attaque allemande à Cambrai (30.11.1917) arrive en France la 42ème division américaine «Rainbow» (arc-en-ciel), ainsi surnommée car elle rassemble des soldats originaires de tous les États américains. Le chef d'état-major de la division est le général Douglas MacArthur.

 


 

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Commentaires

02.02 | 10:40

Texte très bien pensé et structuré. Félicitations.

...
11.08 | 18:22
01.06 | 18:03
BATAILLE DU DNIEPR a reçu 1
07.02 | 23:01
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