2e GUERRE MONDIALE - FRONT DE L’EST

PRÉAMBULE

Murdered Russian boy Vitya Cherevichkin, 28 november 1941. Vitya is said to send doves with messages from occupied by Germans city (Rostov-on-Don) to Soviet troops. When Germans found it out, they beat boy to death.

Foreword

     The EASTERN FRONT was the scene of the largest military confrontation in history. Over the course of four years, more than 600 German divisions clashed against Red Army in a series of operations along a front that extended more than 1,000 miles. Some 27 million Soviet soldiers and civilians and more than 6 million German troops lost their lives along the Eastern Front during those years of brutality. The warfare there was total and ferocious, encompassing the largest armored clash in history (Battle of Kursk) and the most costly siege on a modern city (nearly 900 days in Leningrad), as well as scorched earth policies, utter devastation of thousands of villages, mass deportations, mass executions, and countless atrocities. To make things even more complex, early in the war, some groups such as the Ukrainian Nationalists under Stepan Bandera had even welcomed the Germans and fought with them against the Red Army. Later, as battles became desperate, Stalin issued Order No. 227 - "Not a Step Back!" - which forbid Soviet forces from retreating without direct orders. Commanders who sought to pull back faced tribunals, and foot soldiers faced "blocking detachments" of their own fellow soldiers, ready to gun down any who fled. The photos gathered here cover much of 1942-1943, from the siege of Leningrad to the decisive Soviet victories in Stalingrad and Kursk. The vast scale of the warfare is nearly unimaginable, and nearly impossible to capture in a handful of images, so take these as a mere glimpse of the horrors of the Eastern Front.

 


 

LA SECONDE GUERRE MONDIALE - LE FRONT DE L’EST

 

 Prologue

     On imagine trop souvent que le débarquement allié du 6 juin 1944 fut le tournant de la Seconde Guerre mondiale. Or le véritable revers dans cette guerre se déroula loin des plages de Normandie, dans une ville nommée Stalingrad. La place de l’URSS dans cette guerre fut trop souvent oubliée voire délibérément écartée. Pourtant, l’URSS joua un rôle crucial durant la Seconde Guerre mondiale, car c’est elle qui a gagné la guerre sur le front de l’Est, qui fut déterminant dans la chute du Troisième Reich. En effet le front de l’Est fut le plus grand et le plus sanglant théâtre d'opérations de la Seconde Guerre mondiale et probablement de toute l'histoire militaire, mais il est peu connu; c’est pourquoi nous avons décidé de rendre justice aux millions de soldats de toutes les républiques constituant l’URSS qui se sont battus et tués pour notre liberté en précédent cet ouvrage d’un résumé sur l’importance et les conséquences du front de l’Est.

  

     La Seconde Guerre mondiale constitue le conflit armé le plus vaste que l’humanité ait connu, mobilisant plus de 100 millions de combattants de 61 nations, déployant les hostilités sur quelque 22 millions de km², et tuant environ 62 millions de personnes, dont une majorité de civils. N’opposant pas seulement des nations, la Seconde Guerre mondiale fut aussi la plus grande guerre idéologique de l’Histoire, ce qui explique que les forces de collaboration en Europe et en Asie occupées aient pu être solidaires de pays envahisseurs ou ennemis. Guerre totale, elle gomma presque totalement la séparation entre espaces civil et militaire et vit, dans les deux camps, la mobilisation poussée non seulement des ressources matérielles – économiques, humaines, techniques et scientifiques – mais aussi morales et politiques, dans un engagement des sociétés tout entières.  

     L’agression de l’Allemagne nazie en Europe revêt un caractère différent à l’est et à l’ouest. Les pays de l’Est européens, au peuplement slave sont considérés par les nazis comme un «espace vital» («Lebensraum») revenant à la «Race des Seigneurs». Dans cet espace immense, il s’agit à la fois d’implanter des colons allemands, de germaniser de force les populations qui peuvent l'être, de déplacer, stériliser ou faire mourir des millions de «sous-hommes»: slaves soviétiques, polonais, tziganes, etc. en utilisant les survivants comme esclaves, allant jusqu'à la solution finale pour les juifs. Les ressources des pays conquis sont soumises au pillage systématique au service du IIIe Reich en guerre, puis elles sont systématiquement détruites lorsque la Wehrmacht commence à reculer devant l’avance de l’Armée rouge. La mise au travail des prisonniers de guerre et les déplacements en Allemagne de millions de travailleurs représentent une forme encore plus directe de l’exploitation des ressources. Par contre, l’Ouest n’est pas considéré comme un espace vital à vider pour que des Allemands puissent y prendre place et ses populations ne connaitront pas la terreur de l’occupation allemande des pays de l’Est.

     Le front de l’Est (en allemand: die Ostfront), ou la campagne orientale (en allemand: der Ostfeldzug) ou la campagne de Russie (en allemand: der Rußlandfeldzug) a constitué de loin le plus grand théâtre d'opérations de la Seconde Guerre mondiale, qui a opposé l'Allemagne nazie à l'Union soviétique du 22 juin 1941 au 9 mai 1945. Il est considéré comme le conflit le plus sanglant de l'Histoire – faisant plus de 30 millions de morts – et se déroulant sur les territoires plus vastes que tous les autres théâtres d'opérations réunis. Durant les quatre années que dura le conflit germano-soviétique il y eut, en permanence, une moyenne de 9 millions d'hommes simultanément impliqués dans les opérations de ce front. Il est le lieu de la guerre totale la plus extrême, nourrie par des objectifs idéologiques, politiques, économiques et militaires et d’un antagonisme farouche entre les belligérants [1]. 

     Le cours de la guerre sur le front de l'Est fut déterminé par les personnalités et les idéologies des commandants suprêmes - Adolf Hitler et Joseph Staline, respectivement - bien plus que sur tout autre front de la Seconde Guerre mondiale. Les nazis ont adopté une ligne de conduite qui se résume à la lutte du fascisme contre le communisme et le combat entre la race aryenne et les races slaves. Par contre, pour les soviétiques s’était la lutte pour le sauvetage de la «Mère patrie» (en russe: Родина-Мать, Rodina-Mat), par allusion à la «guerre patriotique» de 1812 contre Napoléon Ier [2]. La religion orthodoxe, autrefois persécutée, fut instrumentalisée pour souder la population autour du régime soviétique. Le conflit sur le front de l’Est est ainsi caractérisé par son extrême brutalité sans commune mesure avec le front de l'Ouest, par une lutte pour la survie de chaque nation se caractérisant par un mépris des ressources engagées, aussi bien en vies humaines qu'en matériel, et une absence de distinction entre cibles militaires et civiles. Il s’agit d'une guerre féroce, occasionnant d'énormes destructions et des déportations de masse, ce qui entraîne de gigantesques pertes militaires et civiles par suite de la guerre elle-même, de massacres, de famine, de maladies et de conditions météorologiques extrêmes. 

     Les belligérants sur le front de l’Est sont deux grandes puissances industrielles qui se trouvent engagées l'une contre l'autre dans une guerre d'usure, dans laquelle la production industrielle joue un rôle très important. En déclenchant l'opération Barbarossa, l’Allemagne nazie consacre l’essentiel de ses ressources en hommes et en matériels au front de l'Est. Engagée dans une guerre totale contre l'Union soviétique, l’industrie de guerre allemande «tourne» au maximum de ses capacités et ne cesse de se développer jusqu’au début de 1945. Le IIIe Reich consacre ainsi 35 % de son PNB en 1940, puis 65 % en 1944, à ses dépenses militaires. Non seulement l’Allemagne, première puissance industrielle du continent européen, affecte la totalité de ses ressources économiques à sa production de guerre, mais à cette fin elle exploite également systématiquement les ressources industrielles, économiques, démographiques (deux millions de prisonniers français travailleront en Allemagne) de l’Europe occupée.

     L’effort industriel soviétique n’est pas moins significatif. Le 3 septembre 1941, le pouvoir soviétique décrète la mobilisation de tous les hommes de plus de 18 ans.  Un décret de février 1942 instaure la mobilisation totale des femmes âgées de 15 à 45 ans, femmes dont la part dans la main-d’œuvre industrielle passa de 37 à 60 % entre 1941 et 1945. La journée de travail monte à 12 heures par jour, voire davantage. Les décès par épuisement au travail ne sont pas rares dans les usines. Entre juillet 1941 et janvier 1942, en Russie d’Europe, 17 millions de personnes participent dans des conditions exténuantes au démontage et au transfert de plus de 1.500 grandes entreprises industrielles dans l’Oural, la Volga, l’Asie centrale et la Sibérie, transfert nécessitant la construction en quelques mois de plus de 10.000 km de voies ferrées. Plus de 2.600 usines auront été évacuées et reconverties dans l’industrie de guerre. Leur remise en route, en plein hiver, n’exigera pas un effort moins gigantesque. Au terme d’opérations titanesques d’une grande complexité logistique, plus de 10 millions d’ouvriers prennent le chemin de l’Oural et, dès le début de 1942, après cet effort pharaonique dont il n’existe aucun équivalent dans l’histoire industrielle de l’Europe, la production de guerre soviétique est remontée à 50% de son niveau de 1940, malgré l’occupation par les Allemands du cœur industriel de l'Union soviétique, le bassin de Donbass. Dès la fin de 1942, l'URSS dépasse l’Allemagne dans sa production d’armements, et ce en dépit du fait que la Wehrmacht occupe plus de la moitié de la partie européenne du territoire soviétique. En 1944, la production soviétique de blindés et d’avions est alors le double et celle de canons usinés est trois fois supérieure de la production allemande.

     Les pertes civiles et militaires globales sur le front de l'Est sont estimées à plus de 30 millions de personnes, soit plus de la moitié des morts liés à la Seconde Guerre mondiale. Les pertes en vies humaines sont colossales pour les deux camps. Les historiens russes estiment les pertes soviétiques du conflit à 26,2 millions de tués (environ 16 % de la population de l’Union soviétique de 1940), dont 11 millions de militaires (6,8 millions de tués directs, 3,8 millions de prisonniers de guerre décédés dans les camps de concentration de la Wehrmacht et 400.000 tués au cours des opérations de luttes anti-partisanes par la Wehrmacht ou la Waffen SS [3]), et 15,6 millions de civils conséquence de la guerre d’anéantissement menée par l’Allemagne nazie en Union soviétique. À la fin du mois de mars 1945, la totalité des pertes de la Wehrmacht sur le front russe s’élèvent à 6,2 millions d’hommes (tués, blessés, disparus), soit près du double de ses effectifs initiaux au 22 juin 1941. Ce chiffre représente plus de 80 % des pertes subies par la Wehrmacht sur tous les fronts depuis le déclenchement de l’opération Barbarossa en juin 1941. En mai 1945, on dénombre plus de 3 millions de prisonniers allemands détenus en Union soviétique dont très peu reviendront à l’Allemagne. Plus de trois millions de civils allemands périront aussi durant le conflit notamment lors de l’évacuation de la Prusse orientale en 1944-1945. Les tués de l’Armée rouge constituent 53 % du total des pertes militaires connues en Europe, ceux de la Wehrmacht 31 %, ceux du Royaume-Uni 1,8 %, ceux de la France 1,4 % et ceux de l’armée nord-américaine 1,3 %. Les pertes militaires de l’URSS représentent 88 % du total des pertes alliées en Europe (Royaume-Uni 3 %, France 2,3 % et États-Unis 2,2 %). Enfin, le deuxième front de l’Ouest – réclamé à maintes fois par Staline pour atténuer la pression allemande sur le front de l’Est – front qui fut finalement ouvert le 6 juin 1944 avec le débarquement de Normandie en France, n’a eu militairement qu’environ 11 mois d’existence, contre 47 mois pour le front russe ouvert en juin 1941.

     Trente-quatre millions de Soviétiques ont été mobilisés dans les rangs de l'Armée rouge de 1941 à 1945, dont environ 8 millions appartiennent à des ethnies ou des minorités non-slaves. L’ampleur de l’engagement allemand a aussi été gigantesque: quelque 20 millions d’Allemands ont été mobilisés sur le front russe, de sorte que c’est toute la société allemande qui fut impliquée dans l’expérience de la guerre sur le front de l'Est. Celle-ci a été voulue, dès sa phase de préparation, comme une lutte à mort, exigeant un engagement sans limite et une obéissance absolue, visant la destruction totale de l’ennemi. À ce titre, la guerre totale déclenchée contre l'URSS constitue non seulement le sommet du régime nazi, mais aussi l’élément essentiel de son image dans la mémoire collective des Allemands après la guerre. Il n’est donc pas étonnant que pour l’écrasante majorité des soldats allemands, l’expérience de la guerre est celle du front russe.

     Le front de l’Est  fut le théâtre de gigantesques batailles, telle que la bataille de Koursk (du 5 juillet au 23 août 1943), qui fut un tournant du second conflit mondial dans la mesure où  la Wehrmacht perd définitivement l’initiative sur le théâtre d’opération russe et passe sur la défensive. Trois armées allemandes regroupant 900.000 hommes, soit 50 divisions (avec notamment la Panzergrenadier-Division «Grossdeutschland», les divisions SS «Leibstandarte Adolf Hitler», «Das Reich» et «Totenkopf»), dont 19 blindées et motorisées, plus 20 divisions de réserve, 10.000 canons et mortiers, plus de 2.000 avions et 2.700 chars (parmi lesquels 200 exemplaires du nouveau char Panther, 94 chars Tiger 1 et 90 chasseurs de chars Ferdinand) se lancent à l’assaut de trois fronts soviétiques, comprenant les 6e et 7e armées d’élite de la Garde qui avaient combattu si vaillamment à Stalingrad, regroupant 1.900.000 hommes, 3.300 chars, 19.300 canons et mortiers et 2.700 avions. Le IIIe Reich y engage les ¾ de ses blindés, l’URSS la moitié des siens. Le 12 juillet 1943 les divisions blindées allemandes et soviétiques se sont affrontées sur un territoire de vingt kilomètres carrés près du nœud ferroviaire de Prokhorovka. Plus de 1.500 chars dont une centaine de chars Pzkpfw VI Tiger (char de 56 t doté d'un redoutable canon de 88 mm et d'un blindage frontal de 10 cm) ont pris part à cette bataille qui est considérée comme la plus grande bataille de chars dans l’histoire militaire. Le choc est titanesque. Afin d’éliminer l’avantage des canons allemands à longue portée, le général Rotmistrov fonce avec ses 500 blindés de la 5e armée de chars de la Garde contre le IIe SS Panzerkorps. Il s’en suit une furieuse mêlée où, au milieu de noirs nuages de poussière et de fumée, les canonniers des T-34 soviétiques tiraient à bout portant sur les «Tigres» allemands. Une série d'attaques et contre-attaques rapides et puissantes ont donné un aspect confus à la bataille, les lignes de chars s'entrechoquaient et disloquaient les rangs. Les tirs s'effectuaient à courte distance avec une forte létalité. Du champ de bataille s'élevait un fracas assourdissant de moteurs qui rugissaient, de métal qui s'entrechoquait et de canons qui crachaient, tandis que cette scène dantesque se trouvait éclairée par les flammes qui dévoraient les chars. L'affrontement se poursuivit, impitoyable, tard dans la soirée, mais les Russes ont fait preuve d'un courage extraordinaire et l'ennemi n'a pas pu s'ouvrir la route de Koursk. Selon les sources soviétiques, dans la bataille de Koursk la Wehrmacht a perdu 30 divisions, dont 7 blindées, plus de 500.000 soldats et officiers, 1.500 chars et armes d'assaut, plus de 3.700 avions et 3.000 canons. Envenimée par la défaite, la propagande nazie proclamera que le front de l'Est est la défense par l'Allemagne de la civilisation occidentale contre les hordes bolchéviques qui se déversent sur l'Europe.

     En conclusion, le théâtre d'opérations de l’Est constitue le plus déterminant dans la chute du Troisième Reich et le sort de la guerre s’y est joué. Non seulement la Wehrmacht y a engagé l’essentiel de son effort de guerre, mais elle y a subi approximativement 85% de ses pertes, faisant ainsi de la Russie «le tombeau de l’armée allemande» [4]. Il a comme conséquences la destruction de l'Allemagne comme puissance militaire, l'accession de l'Union soviétique au rang de la seconde puissance militaire au monde, la constitution du bloc soviétique en Europe de l’Est (derrière le «rideau de fer») et la division de l'Allemagne.

     Cependant, l’URSS sort considérablement appauvrie de la guerre, qui lui a coûté plus de 26 millions de morts civils et militaires (16 % de sa population), ainsi que les pires destructions jamais subies par un belligérant dans l’histoire humaine. La situation des États-Unis est différente: le territoire américain n'a pas subi de dommages (à part ceux de l'attaque japonaise de Pearl Harbour aux îles Hawaï). L'agriculture, les réserves d'or et les infrastructures industrielles de ce pays ne sont pas affectées et sa situation économique est bonne grâce aux ventes du matériel militaire notamment à la France au début du conflit, dans le cadre du programme «cash and carry». Les destructions subies font que, technologiquement, l’Union soviétique accuse un retard sur l’Amérique, dont elle ne brise le monopole nucléaire qu’en 1949.

     La fin du conflit à l'Est bouleverse les frontières de l'Europe de l'Est: absorption des Pays baltes dans l'URSS, déplacement de la Pologne d'environ 200 km vers l’ouest, disparition de la Prusse-Orientale, création d'une enclave russe autour de la ville de Königsberg - renommée Kaliningrad -, création de la république soviétique de Moldavie.

     Malgré l'intensité, l'étendue et les répercussions du conflit sur le front de l'Est, son histoire reste encore largement méconnue en Europe occidentale. La «guerre froide» a sans doute joué un rôle important dans cet «oubli». La diabolisation de l'URSS durant cette période a en effet occulté son rôle décisif dans la destruction du Troisième Reich. La fermeture des archives a également joué un grand rôle. Jusqu'en 1991, les documents soviétiques sur cette période étaient en grande partie inaccessibles pour éviter de dévoiler des documents pouvant discréditer le régime. Cela fait que le travail des historiens reposait presque exclusivement sur les documents allemands avec tous les problèmes provoqués par une lecture à sens unique de la guerre [5]. L'ouverture des archives au moment de la chute du bloc de l'Est permit de comprendre le redressement spectaculaire de l'URSS et de l'Armée rouge en 1942, ainsi que de montrer le courage et les capacités du soldat soviétique.

     La Conférence de Potsdam (du 17 juillet au 2 août 1945) consacre le triomphe de l’URSS. Elle détruit la grande Allemagne hitlérienne. Elle reconstitue une Autriche indépendante et neutre et reconnaît à la Pologne le droit d'administrer les provinces allemandes situées à l'est de la ligne Oder-Neisse, en attendant un plébiscite et un traité de paix. L'Allemagne perd la Prusse-Orientale au profit de la Pologne et de la Russie qui occupe Königsberg (renommée Kaliningrad). La ville libre de Dantzig (Gdansk) est placée sous administration polonaise. Ceci représente une perte d'environ 25 % de son territoire dont la Haute-Silésie, deuxième centre industriel du pays.

     La Conférence de Potsdam entérine le partage du reste de l’Allemagne  entre les trois armées soviétique, américaine et anglaise. Londres et Washington s'entendent pour concéder une zone d'occupation à la France libre du général de Gaulle en prélevant celle-ci sur leur propre zone. Enclavé dans la zone d'occupation soviétique, le Grand-Berlin (2,8 millions d'habitants sur 883 km2) est  lui-même partagé entre les quatre vainqueurs tout en conservant une administration municipale unique. Les accords de Potsdam entérinent aussi les gigantesques transferts de populations (Allemands et Polonais chassés de l'est, Allemands chassés de Silésie, les Sudètes et les hongrois chassés de Tchécoslovaquie,  etc.). Au total sont déplacés onze millions d'Allemands entre 1945 et 1947. L'Italie perd ses colonies africaines: l'Érythrée (administrée par les Britanniques puis cédée à l'Éthiopie), la Somalie italienne (administrée par les Britanniques, puis de nouveau administrée par l'Italie sur mandat des Nations Unies de 1950 à 1960), la Libye italienne (occupée par le Royaume-Uni et la France, puis indépendante en 1951) et l'Éthiopie (qui retrouve son indépendance). L'Albanie, occupée peu avant la guerre retrouve son indépendance [6]. Les cantons français annexés durant la guerre sont rétrocédés à la France. Le document final de la conférence prévoit le désarmement et la dénazification de l'Allemagne dans le droit fil de la Conférence de Yalta (04-11.021945). C'est ainsi que s'ouvrira à Nuremberg le procès des responsables nazis, le 14.06.1945.



[1] Dans ce conflit, l'Allemagne bénéficie de l'aide de la Roumanie, de l'Italie, de la Hongrie, de la République slovaque et de la Finlande. L’Allemagne nazie est également assistée par des forces d'appoints: partisans anticommunistes dans les territoires occupés (OUN ukrainienne, Armée Vlassov), division espagnole (División Azul), unités de volontaires SS venant de différents pays conquis (France: Légion des volontaires français, dont les troupes rejoignirent ensuite la division SS Charlemagne; Belgique: division SS Wallonie, Norvège: division SS Viking, etc.). En outre, dès 1941, des volontaires plus ou moins forcés des territoires soviétiques occupés se joignent aux troupes allemandes formant des unités de qualité variable, les «Hiwis» (abréviation du mot allemand Hilfswillige, en français: auxiliaire volontaire), d'abord employés pour l'intendance et les services, puis intégrés dans le cadre d'unités anti-partisans à partir de 1942. Outre ces personnels, la Wehrmacht compte un certain nombre d'unités combattantes recrutées sur les territoires occupés d'URSS: Baltes, Caréliens, Ukrainiens, Cosaques, Tatares, Géorgiens…, versés à partir de 1943 dans les unités cantonnées en France ou dans les Balkans. Du côté des Alliés, l'Union soviétique est soutenue par des unités polonaises (les armées polonaises de l'Est), puis par des unités roumaines, bulgares et yougoslaves, lorsque ces pays changent de camp au fil de la conquête de l'Europe de l'Est par l'Armée Rouge. Bien qu'ils ne se soient jamais directement engagés dans des actions militaires sur le Front de l'Est, le Royaume-Uni et les États-Unis fournissent à l'Union soviétique un soutien économique au titre de la loi de prêts-bails, qui commence à parvenir à l'Armée rouge dès 1941, et dont l'impact commence à être sensible à partir de 1943 (soutien en rations de combat, don de camions et de blindés permettant de motoriser l'armée, etc. expédiés par les convois de l'Arctique entre août 1941 et mai 1945). L’URSSS bénéficie aussi du soutien non négligeable des partisans d'Europe de l'Est, notamment de Yougoslavie, Slovaquie, Pologne et des territoires soviétiques occupés par l'Allemagne. Quelques unités occidentales, de taille symbolique, participent également à la lutte sur le front de l’Est, comme le groupe de chasse français Normandie-Niemen ou quelques escadrons de chasse britanniques.

[2] Initialement prévue pour mars 1941, mais retardée à cause de l’«opération Marita»  ou «Bataille de Grèce» (06.04.1941-01.06.1941), l’«opération Barbarossa» fut lancée par Adolf Hitler le 22 juin 1941, le même jour que Napoléon envahissait la Russie en 1812.

[3] La Waffen-SS (littéralement «armée de l'escadron de protection») fut la branche militaire de la Schutzstaffel (SS), dont elle constitua l'une des composantes les plus importantes avec l'Allgemeine SS, le Sicherheitsdienst (SD) et les SS-Totenkopfverbände. Elle fut conçue à l'origine par Heinrich Himmler comme une armée politique, uniquement constituée de nationaux-socialistes convaincus, soumis à de sévères critères de sélection notamment basés sur les théories raciales nazies. Au fil du temps, elle intégra des troupes de toutes origines, des Volksdeutsche (personnes d'origine germanique, mais hors du Reich) et des malgré-nous Alsaciens et Mosellans dans une première phase, puis des personnes essentiellement issues des pays occupés (Belgique, Danemark, URSS-Ukraine, etc.), sans se soucier de leur éventuelle origine germanique. Ces unités non allemandes furent largement majoritaires à partir de 1944, avec près de 700.000 hommes sur un total de près d'un million de membres de la Waffen-SS pendant toute la durée du conflit. Avec des motivations diverses, allant de l'engagement nazi ou des convictions anticommunistes jusqu'aux conflits ethniques locaux (Ukraine), les unités étrangères de la Waffen-SS furent un appoint important aux opérations militaires allemandes. Présentes sur tous les fronts de 1939 à 1945, à l'exception de l'Afrique du Nord, les unités de la Waffen-SS se révélèrent de qualité variable. Nombre d'entre elles firent preuve d'une grande combativité, essentiellement sur le front de l'Est. Elles se singularisèrent par le nombre de leurs exactions et de leurs crimes de guerre.

[4] Cf. Philippe Masson, «Histoire de l’armée allemande 1939-1945», Paris, Perrin, 1994, p. 474; (cf. aussi «Le Feld-maréchal Erich von Manstein ou le virtuose de la stratégie au service du diable. Un allié ou une victime de l’entreprise hitlérienne d’agression et de destruction en Europe?», Benoît Lemay, Étudiant post-doctoral en histoire, Paris IV-Sorbonne, article publié par l’Association québécoise d'histoire politique,  Bulletin d’histoire politique, volume 16, numéro 1).

[5] De même, les mémoires de généraux allemands, en particulier de celles d'Erich von Manstein et de Heinz Guderian, avancèrent que les génocides et crimes de guerre avaient été commis par la SS et que la Wehrmacht avait mené une guerre honorable. Cette idée d'une Wehrmacht «propre» se répandit largement au début de la guerre froide où il était plus facile de considérer qu'Hitler était seul responsable des atrocités de la guerre et de la défaite allemande agissant contrairement aux avis de ses officiers expérimentés, alors que l’Allemagne de l’ouest fut autorisée recréer des unités militaires. Le rôle de la Wehrmacht dans les crimes de guerre ne fut pas sérieusement réexaminé avant les années 1980 et, en 2000 un comité d'historiens déclara que la Wehrmacht ne «s'était pas seulement empêtrée dans le génocide des juifs et dans les autres crimes de guerre mais qu’elle y avait participé, en jouant tantôt un rôle de premier plan, tantôt d’homme de main». (Source: Wikipedia).

[6] La guerre civile en Grèce (1945-1949) empêchera ce pays de récupérer après la fin de la Seconde Guerre mondiale l’Epire du nord, région habitée traditionnellement et majoritairement par des grecs mais rétrocédée à l’Albanie en 1913; cependant cette région fut libérée lors de la contre-offensive victorieuse de l’armée grecque durant l’hiver 1940 contre les forces d’invasion italiennes (28.10.1940). En fait, les rebelles communistes qui combattaient les forces du gouvernement Royal trouvaient refuge et se ravitaillaient dans l’Albanie communiste voisine. Ils furent finalement écrasés lors des batailles de Grammos-Vitsi (août 1949).

 


 

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Défilé du 24 juin 1945 sur la Place Rouge à Moscou. Les soldats soviétiques exhibent les étendards des 607 divisions nazies vaincues !

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Commentaires

02.02 | 10:40

Texte très bien pensé et structuré. Félicitations.

...
11.08 | 18:22
01.06 | 18:03
BATAILLE DU DNIEPR a reçu 1
07.02 | 23:01
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